
Informatique, cybersécurité, #OSINT, #factchecking Fact-checker, Rédacteur & CM @WeGeekOfficiel
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đ Marre d'Utiq, le "cookie tĂ©lĂ©com" imposĂ© par les opĂ©rateurs (Orange, Free, SFR, Bouygues...) ?
Bloquez ce pistage rĂ©seau Ă la racine avec des filtres optimisĂ©s pour uBlock Origin, AdGuard & ABP ! đĄïž
đ github.com/Polyum/anti-utiq-âŠ
Polyum đŽââ ïž retweeted
đš Sortie de la v1.6 d'anti-utiq-filters !
Cette mise à jour neutralise les passerelles FAI (mno.link), élargit l'interception des API/iframes d'Utiq (/op/idconnect/), masque l'iframe Prebid et documente le stockage local.
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đ Marre d'Utiq, le "cookie tĂ©lĂ©com" imposĂ© par les opĂ©rateurs (Orange, Free, SFR, Bouygues...) ?
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đ github.com/Polyum/anti-utiq-âŠ
Oh, un petit bot du Kremlin sorti tout droit de ses usines Ă trolls au Cameroun.
Profitons-en pour faire de la pédagogie :
Pour ceux qui se demandent comment on les repÚre, c'est simple : mon post parle de la Russie et de l'Ukraine, ses algorithmes se réveillent et il pop direct dans mes réponses.
Ajoutez à ça un profil fantÎme (nom "None", pseudo jetable @\Nonebvjc avec caractÚres aléatoires, pas de photo, créé en août 2026) configuré au Cameroun : c'est la méthode classique de sous-traitance du Kremlin. Ils font passer leurs robots pour des smartphones locaux en Afrique pour éviter que les systÚmes de sécurité de X ne les détectent et les bloquent instantanément comme faux comptes russes.
L'ingérence et les relais locaux sont documentés depuis des années jusqu'à aujourd'hui :
theguardian.com/technology/2âŠ
reuters.com/business/media-tâŠ
connectionivoirienne.net/202âŠ
theintercept.com/2023/08/03/âŠ
Polyum đŽââ ïž retweeted
đš INTOX | Non, Emmanuel Macron ne peut pas « annuler » la prĂ©sidentielle de 2027 pour rester Ă l'ĂlysĂ©e.
Entre fantasmes sur l'article 16 et théories de complot, on a vérifié texte constitutionnel en main : c'est juridiquement impossible.
debunkcafe.fr/intox-macron-aâŠ
Emmanuel Macron pourrait-il annuler la prĂ©sidentielle de 2027 pour rester au pouvoir ? La rumeur circule sur X, entre scĂ©narios dâĂ©meutes, Ă©tat dâurgence et entrĂ©e en guerre.
Mais que disent réellement les textes ?
On a dĂ©cortiquĂ© cette intox. đ§”đ
C'est faux. â
L'Ătat avait dĂ©jĂ communiquĂ© publiquement via le @CERT_FR avant mĂȘme la publication de ce tweet. Les autres institutions gouvernementales ont ensuite pris le relais pour dĂ©tailler le dispositif technique et accompagner le dĂ©ploiement des correctifs :
- L'alerte initiale du @CERT_FR (antérieure à ce tweet) :
xitter.cf/CERT_FR/status/2112861âŠ
- Le suivi et les consignes de l'@ANSSI_FR :
xitter.cf/ANSSI_FR/status/211290âŠ
- Les explications de la @prefpolice sur la maintenance :
xitter.cf/prefpolice/status/2112âŠ
L'Ătat a appliquĂ© les protocoles de sĂ©curitĂ© standards en mettant ses sites en maintenance prĂ©ventive pour les protĂ©ger en attendant les patchs officiels de 16h.
Plus de détails ici :
bfmtv.com/tech/cybersecuriteâŠ
Dans deux heures, des millions de sites pourront ĂȘtre piratĂ©s. Le service de cybersĂ©curitĂ© pour les institutions de l'đȘđș appelle Ă en mettre des milliers en quarantaine.
CĂŽtĂ© gouvernementđ«đ· @ALehenanff ? Aucune annonce, ni communication. Comme partout, ils sont en dessous de tout
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Le gouvernement a publié plusieurs bulletins d'alerte via le CERT-FR suite à l'annonce de la découverte de la faille PHP
cert.cyber.gouv.fr/alerte/CERTFR-âŠ
Le sites institutionnels ont été mis en maintenance dÚs le correctif déployé afin d'effectuer la mise à jour
franceinfo.fr/internet/securâŠ
Il y a tellement de choses à dire qui prouvent le contraire, que ça m'aurait prit toute l'année. Alors voici une liste non exhaustive par Gemini (cc @AmourskyCyrille) :
1. Violations territoriales et annexions illégales
- Invasion initiale (2014) : Annexion illégale de la péninsule de Crimée et orchestration d'un soulÚvement armé dans le Donbass.
- Invasion à grande échelle (2022) : Lancement d'une offensive militaire majeure sur de multiples fronts en février 2022 dans le but de s'emparer du pays et de renverser le gouvernement de Kiev.
- Annexions forcées (2022) : Revendication illégale de l'annexion de quatre régions ukrainiennes supplémentaires (Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson) à la suite de référendums factices tenus sous occupation militaire.
2. Crimes de guerre et atrocités contre les civils
- Massacres et tortures : Découverte de centaines de civils exécutés sommairement (souvent avec les mains liées dans le dos) et de preuves de tortures et de viols systématiques aprÚs le retrait des troupes russes de villes comme Boutcha et Irpin au printemps 2022.
- Frappes dĂ©libĂ©rĂ©es sur des abris : Bombardement ciblĂ© du théùtre de Marioupol (mars 2022) oĂč s'abritaient des centaines de civils, et ce malgrĂ© le mot « ENFANTS » (ĐĐĐąĐ) peint en lettres gĂ©antes sur le sol, bien visible du ciel.
- DĂ©portations d'enfants : Transfert forcĂ© de milliers d'enfants ukrainiens vers la Russie en vue de leur assimilation. Cette politique a entraĂźnĂ© l'Ă©mission d'un mandat d'arrĂȘt international par la Cour PĂ©nale Internationale (CPI) contre Vladimir Poutine en 2023.
3. Destruction systématique des infrastructures vitales
- Ciblage du réseau énergétique : Campagnes massives de tirs de missiles et de drones durant les hivers successifs, visant spécifiquement les centrales électriques et thermiques pour priver la population de chauffage, d'eau et de lumiÚre.
- Destruction d'hÎpitaux et d'écoles : Frappes documentées sur de multiples infrastructures civiles et médicales, allant de la maternité de Marioupol en 2022 jusqu'à l'hÎpital pour enfants Okhmatdyt de Kiev, frappé en plein jour par un missile de croisiÚre russe en juillet 2024.
- Villes rasĂ©es : Villes entiĂšres â telles que Marioupol, Bakhmout, Volnovakha, et AvdiĂŻvka â totalement effacĂ©es de la carte par des mois de pilonnage d'artillerie et de bombes planantes avant leur capture.
4. Ăcocide et menaces environnementales
- Barrage de Kakhovka (Juin 2023) : La destruction du barrage hydroélectrique a provoqué des inondations catastrophiques dans la région de Kherson, noyant des dizaines de localités, détruisant l'agriculture locale et provoquant un désastre écologique majeur.
- Chantage nucléaire : Occupation et militarisation de la centrale nucléaire de Zaporijjia (la plus grande d'Europe), utilisée comme base de tir et exposant le continent à un risque permanent d'accident radioactif.
- Pollution par les mines : L'Ukraine est devenue l'un des pays les plus minés au monde. PrÚs d'un tiers de son territoire est contaminé par des explosifs et des mines, rendant de vastes étendues de terres agricoles mortelles pour les décennies à venir.
5. Crise humanitaire et bilan humain abyssal
- Des millions de réfugiés : La guerre a déclenché la plus grande crise de réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, forçant plus de 6 millions de personnes à fuir à l'étranger et causant le déplacement de millions d'autres à l'intérieur du pays.
- Pertes civiles massives : Des dizaines de milliers de morts civiles ont Ă©tĂ© recensĂ©es par les Nations Unies. Les chiffres rĂ©els sont estimĂ©s ĂȘtre beaucoup plus Ă©levĂ©s ; Ă Marioupol seule, les estimations indĂ©pendantes font Ă©tat de plus de 25 000 morts civils restĂ©s sous les dĂ©combres ou enterrĂ©s dans des fosses communes.
Là encore, image générée par IA. Cette fois-ci, c'est Gemini qui reconnait son watermark "SynthID".
Contrairement à OpenAI qui propose une page dédiée à la détection, avec Gemini, c'est intégré. Il suffit d'envoyer l'image et de demander si c'est généré par lui. Simple, efficace.
Plus d'infos : support.google.com/gemini/anâŠ
đŽL'Ambassade de la CĂŽte d'Ivoiređšđź en Franceđ«đ· Ă Ă©tĂ© in*cen*dier par les manifestants. Si tu ne crois pas va Ă l'info et reviens confirmer ou infirmer.
@MONOOPINION , @Abidjanpost225 , @Ivoirowsky , @lsiafrica , @NCI_Television , un Ă©tudiant dĂźt que la Franceđ«đ· finance
1/2
42 dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont rĂ©cemment refusĂ© de dĂ©clarer la Douma russe illĂ©gitime. Pourquoi ? @InsiderEng vient de sortir une trĂšs grosse enquĂȘte sur les Ă©lus de l'UE qui continuent de frĂ©quenter Moscou comme si de rien n'Ă©tait. C'est assez dingue.
Les chiffres parlent d'eux-mĂȘmes. Depuis l'annexion de la CrimĂ©e en 2014, un eurodĂ©putĂ© sur dix a fait le voyage en Russie. Parmi le Parlement actuel, au moins une vingtaine affichent ouvertement leur soutien au Kremlin.
CĂŽtĂ© français, on retrouve Ă©videmment Thierry Mariani. DĂ©jĂ ciblĂ© par des enquĂȘtes pour corruption liĂ©es au Dialogue Franco-Russe, de nouvelles fuites montrent que son voyage pour le Mondial 2018 a Ă©tĂ© gĂ©rĂ© par l'Ă©quipe de Konstantin Malofeev, un oligarque qui gĂšre des rĂ©seaux d'influence Ă©trangĂšre pour Moscou.
On y croise aussi une autre Française, Virginie Joron. Elle s'est carrĂ©ment rendue en CrimĂ©e annexĂ©e pour lĂ©gitimer le vote constitutionnel de 2020 permettant Ă Poutine de se maintenir au pouvoir. Elle a mĂȘme trouvĂ© le moyen de justifier publiquement l'arrestation d'Alexei Navalny.
Mais il y a plus grave que le simple lobbying. Le Slovaque ÄœuboĆĄ Blaha, par exemple, a rencontrĂ© SergueĂŻ Narychkine en 2025 Ă Moscou. Pour rappel, Narychkine est tout simplement le patron des services de renseignement extĂ©rieurs russes (SVR).
Le rĂ©seau tape un peu partout. On y retrouve l'extrĂȘme droite allemande de l'AfD avec des Ă©lus comme Bystron, Buchheit ou Froelich.
Ăa touche mĂȘme les nouveaux profils atypiques, comme le fameux TikTokeur chypriote fraĂźchement Ă©lu, Fidias, qui s'est rendu au dĂ©filĂ© militaire du 9 mai 2025 Ă Moscou oĂč il a rencontrĂ© le prĂ©sident de la Douma.
Bref, les rĂ©seaux de Poutine au Parlement europĂ©en se portent trĂšs bien. Pour lire toute l'enquĂȘte (en anglais), voir les mĂ©thodes utilisĂ©es et vĂ©rifier qui sont les autres Ă©lus impliquĂ©s, c'est par ici :
theins.press/en/inv/298273
Image générée avec OpenAI, qui détecte son watermark.
openai.com/fr-FR/research/veâŠ
Quelle surprise ! Les propagandistes du Kremlin voient rouge dĂšs quâon expose l'origine de leurs chĂšques. đ
Financée par le Kremlin, la plateforme « International Reporters » sert d'outil de propagande à la Russie. Elle réunit des voix internationales chargées de relayer les récits de Moscou pour légitimer l'invasion de l'Ukraine et promouvoir sa politique étrangÚre.
rsf.org/fr/russie-internatioâŠ
Financée par le Kremlin, la plateforme « International Reporters » sert d'outil de propagande à la Russie. Elle réunit des voix internationales chargées de relayer les récits de Moscou pour légitimer l'invasion de l'Ukraine et promouvoir sa politique étrangÚre.
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Polyum đŽââ ïž retweeted
Coup dur pour les parents qui espĂ©raient que le Conseil constitutionnel confisque lâiPhone quâils ont payĂ© Ă leur gosse de 11 ans.
Va falloir tester une méthode radicale : dire « non » et couper le Wi-Fi. Courage dans cette terrible épreuve d'autorité parentale.
REPORTAGE. "C'est bien dommage, c'est un fléau pour les enfants" : des parents déçus aprÚs la censure de l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans l.franceinfo.fr/f5w
Coup dur pour les parents qui espĂ©raient que le Conseil constitutionnel confisque lâiPhone quâils ont payĂ© Ă leur gosse de 11 ans.
Va falloir tester une méthode radicale : dire « non » et couper le Wi-Fi. Courage dans cette terrible épreuve d'autorité parentale.
REPORTAGE. "C'est bien dommage, c'est un fléau pour les enfants" : des parents déçus aprÚs la censure de l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans l.franceinfo.fr/f5w
Traiter les libertĂ©s publiques de « prĂ©tendues » et vouloir contourner les contre-pouvoirs au nom de lâurgence : c'est le brĂ©viaire classique des rĂ©gimes illibĂ©raux.
Quand la droite républicaine commence à parler comme Viktor Orbån, le problÚme dépasse largement les écrans. 1/2
« De quel droit ? »
De la Constitution, Mme Pécresse. Littéralement.
Lâarticle 61 prĂ©voit que les lois peuvent ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©es au Conseil constitutionnel avant leur promulgation pour quâil contrĂŽle leur conformitĂ© Ă la Constitution. Et lâarticle 62 prĂ©cise quâune disposition dĂ©clarĂ©e inconstitutionnelle sur ce fondement « ne peut ĂȘtre promulguĂ©e ni mise en application » et que les dĂ©cisions du Conseil sâimposent aux pouvoirs publics.
Donc non, le Conseil constitutionnel ne « sâĂ©rige » pas en contre-lĂ©gislateur. Il fait son boulot. Celui que la Constitution lui donne.
Demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle la constitutionnalitĂ© dâune loi, câest quand mĂȘme assez lunaire.
Mais le passage le plus inquiĂ©tant est peut-ĂȘtre celui-ci :
« au nom de la prétendue protection de leur "liberté" »
La liberté entre guillemets. Et sa protection qualifiée de « prétendue ».
La libertĂ© dâexpression et de communication nâest pourtant pas une lubie de juristes qui empĂȘcherait les responsables politiques de faire ce quâils veulent. Câest une libertĂ© constitutionnellement protĂ©gĂ©e. Et oui, Ă©videmment, une libertĂ© peut ĂȘtre limitĂ©e. Mais encore faut-il que la restriction soit nĂ©cessaire, adaptĂ©e et proportionnĂ©e.
Câest justement à ça que sert le contrĂŽle de constitutionnalitĂ©.
Une libertĂ© fondamentale nâexiste pas uniquement les jours oĂč elle ne gĂȘne pas le pouvoir politique. Quand une responsable politique commence Ă mettre "libertĂ©" entre guillemets et Ă demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, ce nâest peut-ĂȘtre pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
Ensuite arrivent les fameux « spĂ©cialistes de lâenfance » qui considĂ©reraient cette interdiction comme « indispensable ».
Lesquels ?
Parce que « les spĂ©cialistes disent que » nâest pas une dĂ©monstration scientifique quâune mesure politique prĂ©cise est efficace, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e.
Les problĂšmes que vous citez peuvent parfaitement ĂȘtre rĂ©els. Les effets de certains usages des rĂ©seaux sociaux sur la concentration, la santĂ© mentale, lâautonomie de pensĂ©e, les relations sociales ou lâexposition Ă des contenus violents et inappropriĂ©s ne disparaissent pas parce quâon critique votre loi.
Ce nâest simplement pas la question.
Constater lâexistence dâun problĂšme ne dĂ©montre pas que lâinterdiction gĂ©nĂ©rale que vous dĂ©fendez est la bonne rĂ©ponse.
Et qualifier quelque chose dâ« urgence de santĂ© publique » ne dispense ni de dĂ©montrer que la mesure choisie fonctionne, ni de respecter la Constitution.
Lâurgence nâabolit pas lâĂtat de droit. Heureusement.
LâAnses a justement menĂ© une expertise fondĂ©e sur lâanalyse de plus dâun millier dâĂ©tudes scientifiques. Elle confirme des risques rĂ©els liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux, notamment pour la santĂ© mentale des adolescents. Mais sa rĂ©ponse nâest pas simplement « interdisez tout ». Elle recommande dâagir Ă la source, notamment sur la conception des plateformes et les mĂ©canismes pensĂ©s pour capter et retenir lâattention des jeunes.
Et ce nâest pas une interprĂ©tation sortie de nulle part.
Le 21 juillet, au SĂ©nat, Catherine Morin-Desailly parlait elle-mĂȘme de « deux contributions convergentes ». Le Conseil dâĂtat prĂ©conisait un systĂšme graduĂ©, avec une interdiction ciblĂ©e sur les rĂ©seaux jugĂ©s dangereux et une autorisation parentale pour les autres. Elle ajoutait ensuite que lâAnses Ă©tait « allĂ©e dans le mĂȘme sens », en recommandant que les rĂ©seaux conçus de maniĂšre protectrice restent accessibles aux mineurs.
Donc le grand consensus des « spécialistes » selon lequel cette interdiction générale serait une évidence scientifique est déjà beaucoup moins évident.
Mais jâimagine que les spĂ©cialistes sont surtout pratiques quand ils disent ce quâon voulait entendre.
Le Conseil constitutionnel, lui, nâa Ă©videmment pas dĂ©clarĂ© : « Tant pis pour la santĂ© mentale des enfants, vive la libertĂ© ».
Il reconnaĂźt lâobjectif de protection des mineurs. Il juge simplement quâon ne peut pas leur interdire de façon gĂ©nĂ©rale lâaccĂšs Ă une multitude de services sans tenir compte de leur situation ni des risques propres Ă chacun de ces services, y compris lorsque ces risques ne sont pas Ă©tablis.
Et il y avait un autre petit problĂšme.
Pour que la mesure fonctionne, toute personne, mĂȘme majeure, aurait dĂ» faire la preuve de son Ăąge pour accĂ©der aux services concernĂ©s.
Tout le monde.
Or la loi nâencadrait pas suffisamment les conditions et les limites de cette preuve dâĂąge pour garantir le respect de la vie privĂ©e.
Donc, en français courant : on voulait imposer une preuve dâĂąge Ă tous les utilisateurs concernĂ©s, adultes compris, sans avoir correctement fixĂ© dans la loi les garanties entourant le systĂšme.
Formidable idée.
PrĂ©cision importante quand mĂȘme : le texte ne disait pas que chaque Français devrait obligatoirement envoyer sa carte dâidentitĂ©. Il ne disait pas non plus que la vĂ©rification reposerait forcĂ©ment sur lâadresse IP. Câest justement lâune des faiblesses du texte : les modalitĂ©s Ă©taient insuffisamment encadrĂ©es. Et quand on impose un contrĂŽle gĂ©nĂ©ralisĂ© sans verrouiller prĂ©cisĂ©ment ses limites, câest lĂ que commencent les dĂ©rives.
Et puisquâon nous prĂ©sente cette interdiction comme une Ă©vidence, regardons le pays qui lâexpĂ©rimente dĂ©jĂ Ă grande Ă©chelle : lâAustralie.
LĂ encore, Ă©vitons la caricature. LâAustralie ne se contente pas juridiquement dâun bouton « jâai 16 ans ». Les plateformes doivent prendre des mesures raisonnables pour empĂȘcher les moins de 16 ans de crĂ©er ou de conserver un compte, et eSafety prĂ©cise que lâĂąge simplement dĂ©clarĂ© par lâutilisateur ne suffit pas Ă lui seul.
La mesure a eu un effet rĂ©el : les plateformes avaient restreint ou supprimĂ© lâaccĂšs Ă environ 4,7 millions de comptes attribuĂ©s Ă des moins de 16 ans au dĂ©but de son application.
Ce sont bien des comptes, pas 4,7 millions dâenfants.
TrĂšs bien.
Sauf que trois mois plus tard, lâĂ©valuation officielle dâeSafety montre que la proportion des 10-15 ans interrogĂ©s possĂ©dant encore au moins un compte sur une plateforme concernĂ©e nâĂ©tait passĂ©e que de 52,4 % Ă 42,1 %.
Et 81,5 % déclaraient encore avoir utilisé au moins une plateforme soumise à la restriction au cours des quatre semaines précédentes, contre 85,9 % avant son entrée en vigueur.
Ăa ne veut pas dire que 81,5 % avaient leur propre compte. Certaines plateformes restent accessibles sans connexion et un jeune peut aussi utiliser le compte de quelquâun dâautre. eSafety le prĂ©cise lui-mĂȘme.
Mais pour une mesure censĂ©e Ă©loigner les moins de 16 ans des rĂ©seaux sociaux, ça calme quand mĂȘme un peu le triomphalisme.
Et lĂ , on arrive aux contournements.
Parmi les jeunes qui avaient encore au moins un compte, 50,2 % disaient que la plateforme ne leur avait mĂȘme pas demandĂ© de confirmer leur Ăąge. 37,1 % avaient simplement indiquĂ© 16 ans ou plus sur leur compte. 18,2 % disaient que le systĂšme sâĂ©tait trompĂ© sur leur Ăąge.
Pour le reste, on trouve du grand banditisme numĂ©rique : maquillage pour tromper lâestimation, piĂšce dâidentitĂ© de quelquâun dâautre, aide des parents, nouveau compte aprĂšs dĂ©sactivation et, oui, VPN.
7,4 % dĂ©claraient avoir utilisĂ© un VPN. Câest le chiffre du tableau 4 du rapport eSafety, sur les 357 jeunes de 10 Ă 15 ans qui dĂ©tenaient encore au moins un compte lors du suivi Ă trois mois.
VoilĂ donc la terrible cyberarmĂ©e adolescente contre laquelle il faut sauver la RĂ©publique : des gamins qui mentent sur leur date de naissance, recrĂ©ent un compte, empruntent une piĂšce dâidentitĂ© ou installent un VPN.
Qui aurait pu prévoir ?
Le rapport explique dâailleurs que les contournements plus Ă©laborĂ©s, comme le VPN, Ă©taient moins frĂ©quents et avance une raison assez simple : les barriĂšres Ă©taient encore tellement faibles que beaucoup de jeunes nâavaient pas besoin dâaller jusque-lĂ . La principale cause du maintien des comptes Ă©tait justement la mauvaise mise en Ćuvre du contrĂŽle dâĂąge par les plateformes.
Vous parliez de « déconnexion du réel ».
Le réel, justement, ce sont aussi ces chiffres australiens.
Des comptes supprimés, oui. Mais encore 42,1 % des 10-15 ans interrogés avec au moins un compte trois mois plus tard, 81,5 % utilisant toujours au moins une plateforme concernée, et des contournements allant de la fausse date de naissance au VPN.
Le réel est parfois assez désagréable quand il refuse de se conformer au slogan politique.
Et quand on renforce les barriĂšres, on fait quoi face aux contournements ?
Le guide australien donne dĂ©jĂ un aperçu : adresse IP, informations liĂ©es Ă lâappareil, dĂ©tection des VPN, cohĂ©rence de la gĂ©olocalisation, changements suspects dâadresse IP et autres signaux techniques peuvent entrer dans lâarsenal utilisĂ© pour dĂ©terminer si un utilisateur est concernĂ© et repĂ©rer les contournements.
VoilĂ le problĂšme du technoflicage : quand un contrĂŽle est contournĂ©, la tentation est dâajouter une nouvelle couche de contrĂŽle pour empĂȘcher le contournement du contrĂŽle prĂ©cĂ©dent.
Je ne vais pas inventer un projet français dâinterdiction des VPN. Il nây en a pas dans ce texte.
Mais croire quâon peut gĂ©nĂ©raliser la vĂ©rification dâĂąge sur Internet sans que se posent ensuite les questions des VPN, des adresses IP, de la localisation, des appareils et des techniques permettant de contourner le systĂšme, câest ĂȘtre sacrĂ©ment naĂŻf.
LâAustralie est dĂ©jĂ confrontĂ©e Ă ces questions.
Et puisquâon aime tant « les spĂ©cialistes », parlons aussi de la CNIL.
Elle a Ă©tudiĂ© les principales mĂ©thodes de vĂ©rification dâĂąge en ligne. Sa conclusion Ă©tait assez frappante : aucune des solutions quâelle avait analysĂ©es ne remplissait de maniĂšre satisfaisante les trois exigences de fiabilitĂ©, de couverture de la population et de respect de la vie privĂ©e et de la sĂ©curitĂ©.
Les systĂšmes reposant sur un document dâidentitĂ© ? Ils peuvent ĂȘtre contournĂ©s en utilisant la piĂšce de quelquâun dâautre, tout en nĂ©cessitant le traitement dâun justificatif officiel.
Lâanalyse faciale ? Elle est intrusive, comporte une marge dâerreur et ouvre un autre joli dossier : la webcam.
La CNIL va jusquâĂ mettre en garde contre le risque de captation vidĂ©o et de « chantage Ă la webcam » lorsquâun systĂšme dâestimation de lâĂąge demande lâaccĂšs Ă la camĂ©ra. Elle estime que ces solutions doivent ĂȘtre certifiĂ©es, passer par un tiers de confiance et, autant que possible, effectuer lâestimation directement sur lâappareil afin de limiter les fuites de donnĂ©es.
Donc, pour protĂ©ger les internautes dâun risque en ligne, on banalise potentiellement un nouveau rĂ©flexe : « Un site veut vĂ©rifier votre Ăąge ? Activez votre webcam et montrez votre visage. »
Niveau sensibilisation à la cybersécurité, on a connu des messages légÚrement différents.
Et le VPN ?
La CNIL explique elle-mĂȘme quâun simple VPN permettant de se localiser dans un autre pays peut contourner certains dispositifs de vĂ©rification dâĂąge. Et elle rappelle dans le mĂȘme temps que les VPN sont aussi des outils essentiels Ă la sĂ©curitĂ© des Ă©changes et Ă la protection contre le traçage.
Mais surtout, elle met noir sur blanc en garde contre lâĂ©volution vers un « monde numĂ©rique fermĂ© », oĂč les internautes seraient poussĂ©s vers des espaces authentifiĂ©s afin dâĂ©viter la multiplication des contrĂŽles dâidentitĂ© ou dâattributs dâidentitĂ©.
Une évolution qui, selon elle, présente des risques importants pour les droits et libertés.
Tiens donc.
Et ce nâest pas une vieille inquiĂ©tude oubliĂ©e dans un rapport de 2022.
En juin 2026, les autoritĂ©s de protection des donnĂ©es du G7 ont rappelĂ© quâune utilisation indiffĂ©renciĂ©e des technologies de vĂ©rification de lâĂąge pouvait prĂ©senter des risques importants pour les droits et libertĂ©s individuels. Elles demandent aussi que ces systĂšmes ne permettent pas dâidentifier, suivre, profiler ou surveiller les personnes au-delĂ de ce qui est nĂ©cessaire Ă la vĂ©rification de lâĂąge.
Mais jâimagine que ces spĂ©cialistes-lĂ sont moins pratiques Ă citer.
ProtĂ©ger les mineurs est un objectif lĂ©gitime. Les risques liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux sont rĂ©els. Personne nâa besoin de les nier pour constater quâune interdiction gĂ©nĂ©rale peut ĂȘtre juridiquement disproportionnĂ©e, techniquement contournable et problĂ©matique pour la vie privĂ©e.
« ProtĂ©ger les enfants » nâest pas une formule magique qui transforme automatiquement nâimporte quelle mesure en bonne politique publique.
Pas plus que le mot « urgence » nâautorise Ă sauter lâĂ©tape oĂč lâon dĂ©montre que la mesure est efficace, nĂ©cessaire, proportionnĂ©e et respectueuse des droits fondamentaux.
Et la libertĂ© nâest certainement pas une valeur « prĂ©tendue » quâon met entre guillemets dĂšs quâelle devient gĂȘnante.
RĂ©ussir, dans le mĂȘme tweet, Ă mettre "libertĂ©" entre guillemets, Ă demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, Ă invoquer vaguement « les spĂ©cialistes » comme si le dĂ©bat Ă©tait clos, Ă parler de « dĂ©connexion du rĂ©el » tout en prĂ©sentant comme une Ă©vidence une mĂ©thode dont le retour dâexpĂ©rience australien montre dĂ©jĂ de grosses limites pratiques...
Oui, « on marche sur la tĂȘte ».
Mais ce nâest peut-ĂȘtre vraiment pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
« De quel droit ? »
De la Constitution, Mme Pécresse. Littéralement.
Lâarticle 61 prĂ©voit que les lois peuvent ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©es au Conseil constitutionnel avant leur promulgation pour quâil contrĂŽle leur conformitĂ© Ă la Constitution. Et lâarticle 62 prĂ©cise quâune disposition dĂ©clarĂ©e inconstitutionnelle sur ce fondement « ne peut ĂȘtre promulguĂ©e ni mise en application » et que les dĂ©cisions du Conseil sâimposent aux pouvoirs publics.
Donc non, le Conseil constitutionnel ne « sâĂ©rige » pas en contre-lĂ©gislateur. Il fait son boulot. Celui que la Constitution lui donne.
Demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle la constitutionnalitĂ© dâune loi, câest quand mĂȘme assez lunaire.
Mais le passage le plus inquiĂ©tant est peut-ĂȘtre celui-ci :
« au nom de la prétendue protection de leur "liberté" »
La liberté entre guillemets. Et sa protection qualifiée de « prétendue ».
La libertĂ© dâexpression et de communication nâest pourtant pas une lubie de juristes qui empĂȘcherait les responsables politiques de faire ce quâils veulent. Câest une libertĂ© constitutionnellement protĂ©gĂ©e. Et oui, Ă©videmment, une libertĂ© peut ĂȘtre limitĂ©e. Mais encore faut-il que la restriction soit nĂ©cessaire, adaptĂ©e et proportionnĂ©e.
Câest justement à ça que sert le contrĂŽle de constitutionnalitĂ©.
Une libertĂ© fondamentale nâexiste pas uniquement les jours oĂč elle ne gĂȘne pas le pouvoir politique. Quand une responsable politique commence Ă mettre "libertĂ©" entre guillemets et Ă demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, ce nâest peut-ĂȘtre pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
Ensuite arrivent les fameux « spĂ©cialistes de lâenfance » qui considĂ©reraient cette interdiction comme « indispensable ».
Lesquels ?
Parce que « les spĂ©cialistes disent que » nâest pas une dĂ©monstration scientifique quâune mesure politique prĂ©cise est efficace, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e.
Les problĂšmes que vous citez peuvent parfaitement ĂȘtre rĂ©els. Les effets de certains usages des rĂ©seaux sociaux sur la concentration, la santĂ© mentale, lâautonomie de pensĂ©e, les relations sociales ou lâexposition Ă des contenus violents et inappropriĂ©s ne disparaissent pas parce quâon critique votre loi.
Ce nâest simplement pas la question.
Constater lâexistence dâun problĂšme ne dĂ©montre pas que lâinterdiction gĂ©nĂ©rale que vous dĂ©fendez est la bonne rĂ©ponse.
Et qualifier quelque chose dâ« urgence de santĂ© publique » ne dispense ni de dĂ©montrer que la mesure choisie fonctionne, ni de respecter la Constitution.
Lâurgence nâabolit pas lâĂtat de droit. Heureusement.
LâAnses a justement menĂ© une expertise fondĂ©e sur lâanalyse de plus dâun millier dâĂ©tudes scientifiques. Elle confirme des risques rĂ©els liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux, notamment pour la santĂ© mentale des adolescents. Mais sa rĂ©ponse nâest pas simplement « interdisez tout ». Elle recommande dâagir Ă la source, notamment sur la conception des plateformes et les mĂ©canismes pensĂ©s pour capter et retenir lâattention des jeunes.
Et ce nâest pas une interprĂ©tation sortie de nulle part.
Le 21 juillet, au SĂ©nat, Catherine Morin-Desailly parlait elle-mĂȘme de « deux contributions convergentes ». Le Conseil dâĂtat prĂ©conisait un systĂšme graduĂ©, avec une interdiction ciblĂ©e sur les rĂ©seaux jugĂ©s dangereux et une autorisation parentale pour les autres. Elle ajoutait ensuite que lâAnses Ă©tait « allĂ©e dans le mĂȘme sens », en recommandant que les rĂ©seaux conçus de maniĂšre protectrice restent accessibles aux mineurs.
Donc le grand consensus des « spécialistes » selon lequel cette interdiction générale serait une évidence scientifique est déjà beaucoup moins évident.
Mais jâimagine que les spĂ©cialistes sont surtout pratiques quand ils disent ce quâon voulait entendre.
Le Conseil constitutionnel, lui, nâa Ă©videmment pas dĂ©clarĂ© : « Tant pis pour la santĂ© mentale des enfants, vive la libertĂ© ».
Il reconnaĂźt lâobjectif de protection des mineurs. Il juge simplement quâon ne peut pas leur interdire de façon gĂ©nĂ©rale lâaccĂšs Ă une multitude de services sans tenir compte de leur situation ni des risques propres Ă chacun de ces services, y compris lorsque ces risques ne sont pas Ă©tablis.
Et il y avait un autre petit problĂšme.
Pour que la mesure fonctionne, toute personne, mĂȘme majeure, aurait dĂ» faire la preuve de son Ăąge pour accĂ©der aux services concernĂ©s.
Tout le monde.
Or la loi nâencadrait pas suffisamment les conditions et les limites de cette preuve dâĂąge pour garantir le respect de la vie privĂ©e.
Donc, en français courant : on voulait imposer une preuve dâĂąge Ă tous les utilisateurs concernĂ©s, adultes compris, sans avoir correctement fixĂ© dans la loi les garanties entourant le systĂšme.
Formidable idée.
PrĂ©cision importante quand mĂȘme : le texte ne disait pas que chaque Français devrait obligatoirement envoyer sa carte dâidentitĂ©. Il ne disait pas non plus que la vĂ©rification reposerait forcĂ©ment sur lâadresse IP. Câest justement lâune des faiblesses du texte : les modalitĂ©s Ă©taient insuffisamment encadrĂ©es. Et quand on impose un contrĂŽle gĂ©nĂ©ralisĂ© sans verrouiller prĂ©cisĂ©ment ses limites, câest lĂ que commencent les dĂ©rives.
Et puisquâon nous prĂ©sente cette interdiction comme une Ă©vidence, regardons le pays qui lâexpĂ©rimente dĂ©jĂ Ă grande Ă©chelle : lâAustralie.
LĂ encore, Ă©vitons la caricature. LâAustralie ne se contente pas juridiquement dâun bouton « jâai 16 ans ». Les plateformes doivent prendre des mesures raisonnables pour empĂȘcher les moins de 16 ans de crĂ©er ou de conserver un compte, et eSafety prĂ©cise que lâĂąge simplement dĂ©clarĂ© par lâutilisateur ne suffit pas Ă lui seul.
La mesure a eu un effet rĂ©el : les plateformes avaient restreint ou supprimĂ© lâaccĂšs Ă environ 4,7 millions de comptes attribuĂ©s Ă des moins de 16 ans au dĂ©but de son application.
Ce sont bien des comptes, pas 4,7 millions dâenfants.
TrĂšs bien.
Sauf que trois mois plus tard, lâĂ©valuation officielle dâeSafety montre que la proportion des 10-15 ans interrogĂ©s possĂ©dant encore au moins un compte sur une plateforme concernĂ©e nâĂ©tait passĂ©e que de 52,4 % Ă 42,1 %.
Et 81,5 % déclaraient encore avoir utilisé au moins une plateforme soumise à la restriction au cours des quatre semaines précédentes, contre 85,9 % avant son entrée en vigueur.
Ăa ne veut pas dire que 81,5 % avaient leur propre compte. Certaines plateformes restent accessibles sans connexion et un jeune peut aussi utiliser le compte de quelquâun dâautre. eSafety le prĂ©cise lui-mĂȘme.
Mais pour une mesure censĂ©e Ă©loigner les moins de 16 ans des rĂ©seaux sociaux, ça calme quand mĂȘme un peu le triomphalisme.
Et lĂ , on arrive aux contournements.
Parmi les jeunes qui avaient encore au moins un compte, 50,2 % disaient que la plateforme ne leur avait mĂȘme pas demandĂ© de confirmer leur Ăąge. 37,1 % avaient simplement indiquĂ© 16 ans ou plus sur leur compte. 18,2 % disaient que le systĂšme sâĂ©tait trompĂ© sur leur Ăąge.
Pour le reste, on trouve du grand banditisme numĂ©rique : maquillage pour tromper lâestimation, piĂšce dâidentitĂ© de quelquâun dâautre, aide des parents, nouveau compte aprĂšs dĂ©sactivation et, oui, VPN.
7,4 % dĂ©claraient avoir utilisĂ© un VPN. Câest le chiffre du tableau 4 du rapport eSafety, sur les 357 jeunes de 10 Ă 15 ans qui dĂ©tenaient encore au moins un compte lors du suivi Ă trois mois.
VoilĂ donc la terrible cyberarmĂ©e adolescente contre laquelle il faut sauver la RĂ©publique : des gamins qui mentent sur leur date de naissance, recrĂ©ent un compte, empruntent une piĂšce dâidentitĂ© ou installent un VPN.
Qui aurait pu prévoir ?
Le rapport explique dâailleurs que les contournements plus Ă©laborĂ©s, comme le VPN, Ă©taient moins frĂ©quents et avance une raison assez simple : les barriĂšres Ă©taient encore tellement faibles que beaucoup de jeunes nâavaient pas besoin dâaller jusque-lĂ . La principale cause du maintien des comptes Ă©tait justement la mauvaise mise en Ćuvre du contrĂŽle dâĂąge par les plateformes.
Vous parliez de « déconnexion du réel ».
Le réel, justement, ce sont aussi ces chiffres australiens.
Des comptes supprimés, oui. Mais encore 42,1 % des 10-15 ans interrogés avec au moins un compte trois mois plus tard, 81,5 % utilisant toujours au moins une plateforme concernée, et des contournements allant de la fausse date de naissance au VPN.
Le réel est parfois assez désagréable quand il refuse de se conformer au slogan politique.
Et quand on renforce les barriĂšres, on fait quoi face aux contournements ?
Le guide australien donne dĂ©jĂ un aperçu : adresse IP, informations liĂ©es Ă lâappareil, dĂ©tection des VPN, cohĂ©rence de la gĂ©olocalisation, changements suspects dâadresse IP et autres signaux techniques peuvent entrer dans lâarsenal utilisĂ© pour dĂ©terminer si un utilisateur est concernĂ© et repĂ©rer les contournements.
VoilĂ le problĂšme du technoflicage : quand un contrĂŽle est contournĂ©, la tentation est dâajouter une nouvelle couche de contrĂŽle pour empĂȘcher le contournement du contrĂŽle prĂ©cĂ©dent.
Je ne vais pas inventer un projet français dâinterdiction des VPN. Il nây en a pas dans ce texte.
Mais croire quâon peut gĂ©nĂ©raliser la vĂ©rification dâĂąge sur Internet sans que se posent ensuite les questions des VPN, des adresses IP, de la localisation, des appareils et des techniques permettant de contourner le systĂšme, câest ĂȘtre sacrĂ©ment naĂŻf.
LâAustralie est dĂ©jĂ confrontĂ©e Ă ces questions.
Et puisquâon aime tant « les spĂ©cialistes », parlons aussi de la CNIL.
Elle a Ă©tudiĂ© les principales mĂ©thodes de vĂ©rification dâĂąge en ligne. Sa conclusion Ă©tait assez frappante : aucune des solutions quâelle avait analysĂ©es ne remplissait de maniĂšre satisfaisante les trois exigences de fiabilitĂ©, de couverture de la population et de respect de la vie privĂ©e et de la sĂ©curitĂ©.
Les systĂšmes reposant sur un document dâidentitĂ© ? Ils peuvent ĂȘtre contournĂ©s en utilisant la piĂšce de quelquâun dâautre, tout en nĂ©cessitant le traitement dâun justificatif officiel.
Lâanalyse faciale ? Elle est intrusive, comporte une marge dâerreur et ouvre un autre joli dossier : la webcam.
La CNIL va jusquâĂ mettre en garde contre le risque de captation vidĂ©o et de « chantage Ă la webcam » lorsquâun systĂšme dâestimation de lâĂąge demande lâaccĂšs Ă la camĂ©ra. Elle estime que ces solutions doivent ĂȘtre certifiĂ©es, passer par un tiers de confiance et, autant que possible, effectuer lâestimation directement sur lâappareil afin de limiter les fuites de donnĂ©es.
Donc, pour protĂ©ger les internautes dâun risque en ligne, on banalise potentiellement un nouveau rĂ©flexe : « Un site veut vĂ©rifier votre Ăąge ? Activez votre webcam et montrez votre visage. »
Niveau sensibilisation à la cybersécurité, on a connu des messages légÚrement différents.
Et le VPN ?
La CNIL explique elle-mĂȘme quâun simple VPN permettant de se localiser dans un autre pays peut contourner certains dispositifs de vĂ©rification dâĂąge. Et elle rappelle dans le mĂȘme temps que les VPN sont aussi des outils essentiels Ă la sĂ©curitĂ© des Ă©changes et Ă la protection contre le traçage.
Mais surtout, elle met noir sur blanc en garde contre lâĂ©volution vers un « monde numĂ©rique fermĂ© », oĂč les internautes seraient poussĂ©s vers des espaces authentifiĂ©s afin dâĂ©viter la multiplication des contrĂŽles dâidentitĂ© ou dâattributs dâidentitĂ©.
Une évolution qui, selon elle, présente des risques importants pour les droits et libertés.
Tiens donc.
Et ce nâest pas une vieille inquiĂ©tude oubliĂ©e dans un rapport de 2022.
En juin 2026, les autoritĂ©s de protection des donnĂ©es du G7 ont rappelĂ© quâune utilisation indiffĂ©renciĂ©e des technologies de vĂ©rification de lâĂąge pouvait prĂ©senter des risques importants pour les droits et libertĂ©s individuels. Elles demandent aussi que ces systĂšmes ne permettent pas dâidentifier, suivre, profiler ou surveiller les personnes au-delĂ de ce qui est nĂ©cessaire Ă la vĂ©rification de lâĂąge.
Mais jâimagine que ces spĂ©cialistes-lĂ sont moins pratiques Ă citer.
ProtĂ©ger les mineurs est un objectif lĂ©gitime. Les risques liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux sont rĂ©els. Personne nâa besoin de les nier pour constater quâune interdiction gĂ©nĂ©rale peut ĂȘtre juridiquement disproportionnĂ©e, techniquement contournable et problĂ©matique pour la vie privĂ©e.
« ProtĂ©ger les enfants » nâest pas une formule magique qui transforme automatiquement nâimporte quelle mesure en bonne politique publique.
Pas plus que le mot « urgence » nâautorise Ă sauter lâĂ©tape oĂč lâon dĂ©montre que la mesure est efficace, nĂ©cessaire, proportionnĂ©e et respectueuse des droits fondamentaux.
Et la libertĂ© nâest certainement pas une valeur « prĂ©tendue » quâon met entre guillemets dĂšs quâelle devient gĂȘnante.
RĂ©ussir, dans le mĂȘme tweet, Ă mettre "libertĂ©" entre guillemets, Ă demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, Ă invoquer vaguement « les spĂ©cialistes » comme si le dĂ©bat Ă©tait clos, Ă parler de « dĂ©connexion du rĂ©el » tout en prĂ©sentant comme une Ă©vidence une mĂ©thode dont le retour dâexpĂ©rience australien montre dĂ©jĂ de grosses limites pratiques...
Oui, « on marche sur la tĂȘte ».
Mais ce nâest peut-ĂȘtre vraiment pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
Encore une fois, le Conseil constitutionnel sâĂ©rige en contre-lĂ©gislateur⊠De quel droit ?
Lâinterdiction des rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans est une urgence de santĂ© publique considĂ©rĂ©e par les spĂ©cialistes de lâenfance comme une mesure indispensable pour protĂ©ger leur capacitĂ© Ă se concentrer, Ă penser par eux-mĂȘmes, Ă tisser de vraies relations humaines, mais aussi pour limiter leur exposition Ă des contenus violents et inappropriĂ©s.
Censurer une loi urgente pour la santé mentale de nos jeunes au nom de la prétendue protection de leur « liberté », quelle déconnexion du réel !
On marche sur la tĂȘte.
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Les arts. 61, 61-1 et 62 de la Constitution chargent le Conseil constitutionnel de contrÎler la conformité des lois aux droits et libertés constitutionnels.
legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEâŠ
L'inconstitutionnalité est entre autres prononcée pour violation du droit au respect de la vie privée des majeurs.
conseil-constitutionnel.fr/actualites/comâŠ
Au @JDD, c'est visiblement journée portes ouvertes pour la communication du Kremlin. AprÚs Xenia Fedorova, voilà Iuliia Mendel, nouvelle égérie du JDD. à ce rythme, le service communication du Kremlin pourrait finir par demander des droits d'auteur. Le JDD confond liberté d'opinion et relais de la communication d'un pays hostile.
Faites opposition pour vous et votre famille ici. Juste un nom, prĂ©nom et date de naissance. đđŒ
doctolib.fr/privacy-settings
âïž La plateforme mĂ©dicale Doctolib va collecter des millions de donnĂ©es de santĂ© dans le cadre dâun nouveau projet dâintelligence artificielle lancĂ© aujourdâhui. 50 millions dâutilisateurs sont concernĂ©s. Vous pouvez vous y opposer, mais il faut agir vite ! #LE20H



































