#AI researcher @LIP6_lab | Autonomous systems | #NoFakeScience

Europe
Joined May 2016
#ESR, vers une guerre de territoire(s) ? En 2050, du fait de la ↘️de la natalité, les effectifs étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur Français auront baissé de 22%. Cela représente près de 700000 étudiants de moins, dont 278 000 pour les seules universités. 1/11
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En ce 16 octobre ne pas oublier ce que veulent dire liberté d'expression et laïcité Si vous en avez l'occasion, je vous invite à aller voir le film "L'Abandon", que je trouve juste, sans haine, ni complaisance.
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Cédric Herpson🌏🇪🇺🇫🇷 retweeted
Oui, ceci est un jeu vidéo… boosté par DLSS 5 🤯 Alors ?
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Cédric Herpson🌏🇪🇺🇫🇷 retweeted
Beaucoup de bad buzz autour de Mistral par méconnaissance de leur stratégie. Mistral se construit comme un opérateur d'infrastructure IA verticalement intégré à l'échelle européenne : - capacité de calcul en propre - à terme conception de puces (si Dieu le veut) - une couche de service (endpoints régionaux, agents, intégration) - un catalogue de modèles qui s'ouvre aux modèles tiers (GLM-5.2 pour commencer) Mistral ne le dit pas ainsi, mais l'hypothèse implicite est que les modèles se commoditisent par l'open source chinois, la distillation, etc. et qu'aucun modèle ne restera irrattrapable en moins de 12 mois. Mieux, que l'on atteint des niveaux d'intelligence suffisants pour la plupart des usages et que donc l'enjeu est déjà plus sur les prix, les volumes, les intégrations, la sécurité, la gestion de données souveraines, que sur le classement exact au leaderboard. Si cette hypothèse s'avère juste où va se loger la valeur ? En amont dans les infrastructures physiques, en aval dans la distribution et l'intégration. La cible commerciale est naturellement le segment des acteurs qui ont des enjeux de données et capacités souveraines. Administrations, défense, secteurs régulés, grands groupes européens. Et pour eux, très souvent, un modèle chinois servi sur une infrastructure souveraine passe en complétement de modèles plus petits et plus spécialisés (ce que produit Mistral) et est toujours bien mieux qu'un modèle fermé américain. Mistral conserve des modèles maison pour trois raisons : - légitimité auprès des acheteurs publics - opportunités commerciales sur les petits modèles spécialisés - police d'assurance si la frontière ne se commoditise pas Tout cela est bien visible dans la structure financière de la boîte : des banques pour la dette sur des actifs physiques, un équipementier de semi-conducteurs comme premier actionnaire, un fabricant de puces en chef de file du dernier tour, un fonds soutenu par la Commission et un État autour de la table : depuis la série C de 2025, on est sur un projet industriel plutôt que sur un laboratoire. Je fais partie de ceux qui pensent que l'armée française devrait commander à Mistral un modèle frontière de défense, car nous ne pouvons prendre le risque que les capacités offensives de modèles fermés surpassent nos capacités défensives. Mais la stratégie actuelle de Mistral est cohérente, et ils sont en train de construire pour la première fois en Europe depuis les années 80 un véritable acteur stratégique de l'industrie numérique. La plupart des détracteurs de Mistal oublient : - le côté miraculeux jusqu'à présent de cette trajectoire - l'intérêt massif pour la France de bénéficier d'un tel acteur, modèles frontières ou pas Nous sommes un pays de guerre civile, et la haine contre le macronisme touche injustement Mistral. C'est bien dommage, d'autant plus que ce sera peut-être la chose la plus positive pour la puissance du pays qu'il restera des années 2020.
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Si l’on ne fait rien: ➡️Asphyxie des “petits” établissements et des territoires non protégés, ➡️Massification de l’EAD pour des raisons économiques, ➡️Accroissement de la compétition entre acteurs de l’#ESR. À nous de montrer qu’une autre voie existe. 10/11
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Autrement dit, oui il faut faire des efforts en France. Mais si le politique Français doit arbitrer entre différentes mesures environnementalement positives pour les océans, le plastique n'est pas forcément le secteur le plus prioritaire chez nous.
Les déchets plastiques rejetés dans l'océan par habitant en 2019 : un français lambda cause 0,004 kg de pollution plastique océanique en une année, soit 2x moins qu'un européen moyen, 30x moins qu'un nord-américain, et 43x moins qu'un asiatique. ourworldindata.org/grapher/p…
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C'est la rentrée et, au regard de la situation de l'Université, du calendrier électoral et de la trajectoire nationale, c'est le lancement des assises de l'#ESR. 1/3
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2 jours d'interventions pour nourrir les réflexions 📖 Résumé des interventions agorasur.fr/wp-content/uploa… 🎥 Streaming youtube.com/live/VYGd2ilBcXE… Un travail qui se déclinera ensuite localement à travers toute la France jusqu'à mi-octobre. 2/3
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Avant la publication d'un livre blanc pour proposer, non pas des mesures conjoncturelles, mais un horizon propice à la recherche, à l'innovation, à l'enseignement et à la formation ; permettant de (re)faire de l’université et des sciences des piliers de la démocratie. 3/3.
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Cédric Herpson🌏🇪🇺🇫🇷 retweeted
Piratage des impôts Précisions d'Amélie Verdier, directrice générale de la DGFIP, à BFMTV. - 678.000 comptes concernés. Dont la moitié de particuliers. - Les hackers ont eu accès au revenu fiscal de référence, quotient familial, et impôt à la source. - Les usagers concernés seront prévenus au début de la semaine prochaine, à partir de lundi. - La DGFIP a repéré en juin des compromissions de comptes d'agent. Ce qui arrive plusieurs fois par semaine. Le compte a été immédiatement bloqué. - Sur le compte en question, il n'y a pas eu d'alerte particulière sur une extraction massive de données, qui avait vraisemblablement déjà eu lieu, de façon automatisée mais avec de faibles volumes pour ne pas être repéré. Le piratage est donc passé entre les mailles du filet. - La DGFIP n'a donc pris conscience de cette extraction que le 12 août, au moment de la revendication des hackers. La CNIL a donc bien été prévenue dans le délai légal.
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Cédric Herpson🌏🇪🇺🇫🇷 retweeted
Il faut imaginer une France avec un déficit budgétaire intenable de 5% qui n'a pas connu de surplus depuis plus d'une génération, un déficit commercial abyssal, des entreprises non compétitives que l'on aide avec des rustines de subventions, des dépenses sociales qui explosent au moment même où les dépenses militaires deviennent urgentes, une dette gargantuesque dont les intérêts avalent toute marge de manœuvre. Et une assemblée trop divisée pour faire quoi que ce soit. Une France dans une situation tellement intenable qu'elle connaît l'humiliation d'un prêt sous conditions du FMI pour pouvoir simplement financer ses importations. Ce n'est pas un scénario de prospective 2027, c'est l'année 1957. Et pourtant en 5 ans, tout bascule : dès 1963 la France retrouve le statut de grande puissance industrielle qu'elle n'avait plus connu depuis Napoléon III, un siècle plus tôt. Qui se souvient vraiment de ce qu'il s'est passé ? De la recette du redressement ? FRANCE 1957 : UN PAYS AU BORD DE L’EFFONDREMENT En 1957 l'industrie française est dépassée. Elle produit quelques pépites dues au génie isolé de quelques ingénieurs d'élite, la DS de Citroën, l'avion Caravelle, mais rien à l'échelle nécessaire. Son industrie est sous-dimensionnée par rapport à celles des Américains, son organisation interne est archaïque, caractérisée par des relations très tendues entre syndicats et patrons. Le coût du travail et la fiscalité sont très élevés, alors que sa productivité est faible. Impossible donc d'exporter, impossible d'investir suffisamment, de construire des usines modernisées, efficaces, suffisamment automatisées. Alors même que la nouvelle révolution industrielle autour de l'aéronautique, du nucléaire, de l'espace bat son plein. Comme le pays ne peut s'enrichir par le dynamisme de son économie, le gouvernement de Mollet compense par le social. Ajoute une semaine de congés payés, augmente le salaire minimum, augmente les fonctionnaires, introduit un minimum vieillesse, bloque les prix agricoles… Mais tout cela coûte de plus en plus d'argent et ne fait que renforcer le manque de compétitivité de l'industrie française. Alors on multiplie les aides aux entreprises, les subventions à l'export, les facilités de paiement. Les grandes entreprises bien connectées en profitent, les petites périclitent. Tout cela est financé par la dette. Et les aides et niches créées deviennent impossibles à réformer sans s'aliéner leurs bénéficiaires. Et c’est au milieu de cette débandade économique que les frais liés à la guerre en Algérie explosent. Le pays est exsangue et ne peut plus faire face à ses dettes. Il doit avoir recours au FMI. C'est l'impasse et l'humiliation. Cette situation est… très très familière pour le moins. Tout le monde sait comment cela finit : le régime ne survit pas à la crise, la IVe République meurt, et De Gaulle est appelé au pouvoir. Mais comment le redressement a-t-il réellement lieu ensuite ? Comment est-on passé d'un pays totalement à terre à la France dominante et florissante du Général De Gaulle ? LA RECONSTRUCTION GAULLIENNE Face à l’ampleur de la crise, le 3 juin 1958 De Gaulle obtient de l’Assemblée Nationale les pleins pouvoirs législatifs jusqu'au 8 janvier. Il a 6 mois pour redresser l'économie française. Il charge Jacques Rueff d'établir un plan de résurrection de l'économie nationale. Jacques Rueff est ce qui se fait de mieux dans la grande tradition des grands administrateurs français : un polytechnicien, inspecteur des finances, issu du cercle de réflexion X-crise, des anciens X qui réfléchissent à la meilleure façon de rendre à la France une économie digne d'elle. Rueff a des idées précises sur ce qui doit être entrepris pour la France et comprend tout le poids de la charge qui lui est confiée. Le 8 décembre 1958, un mois seulement avant la fin de la fenêtre où tout reste possible, Rueff remet à De Gaulle son rapport complet qui se conclut ainsi : « Ce programme ne peut être celui d'un groupe ou d'un parti, mais seulement celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister. » Le plan doit être adopté en conseil des ministres le 27 décembre. Mais le 24, Pinay, ministre des finances, juge le plan trop radical et menace de démissionner s'il n'est pas atténué. De Gaulle ne lâche rien. Le 27, quelques heures à peine avant le moment où doit se tenir le conseil des ministres fatidique, les 4 ministres SFIO envoient une lettre de démission, ce qui bloque tout. De Gaulle met une pression biblique, et obtient qu'ils diffèrent leur départ au 8 janvier, jour où le régime parlementaire sera rétabli. Ce jour-là, le 27 décembre 1958, le plan Rueff est adopté dans son intégralité par le conseil des ministres. De Gaulle défend son plan directement à la radio le lendemain, dans une allocution encore disponible sur le site de l'INA. Il s'exprime ainsi : « Sans l'effort de mise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et avec les espoirs qu'il suscite, nous resterions un pays à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale du redressement économique et financier, quelle étape sur la route qui mène la France vers les sommets ! » En quoi consiste le remède de cheval administré par Rueff et De Gaulle ? 4 étapes. 1. Supprimer toutes les rustines pour stopper l'hémorragie. De toutes façons elles n’existent que parce que les vrais problèmes n’ont jamais été réglés. Alors plus de subventions aux entreprises, à la sécurité sociale, à la consommation. Fin des boucliers tarifaires (l'électricité et le charbon prennent immédiatement 15%). Tout est désindexé. Le blé, les salaires. Non seulement les retraites ne sont pas épargnées, mais on supprime la retraite pour les anciens combattants valides. (Le message est clair : si tu es en état de travailler, la France a besoin de toi, pas que tu restes à la maison.) Les dépenses de l'État baissent immédiatement de 14%, alors qu'elles ne faisaient qu'augmenter depuis un demi-siècle. BOUM. 2. Augmenter les recettes de l'État en taxant prioritairement ce qui a le moins d’impact sur la performance économique du pays. Augmentation de la TVA. Augmentation des taxes sur le tabac et l'alcool. Augmentation de l'impôt sur les sociétés. 3. Rétablir la compétitivité des entreprises. Cela pourrait sembler antinomique avec l'augmentation de l'IS, mais la réalité est que pour être taxé, il faut déjà faire du profit, et pour faire du profit, il faut déjà être compétitif. L'IS n'est ainsi pas l'ennemi numéro 1 de la compétitivité de l’époque. Le problème des entreprises françaises en 1957 consiste en des coûts de production disproportionnés par rapport à ceux de leurs voisins. Alors Rueff dévalue le franc. Et pas qu'un peu. Quasiment d'un tiers. 8 ans d'inflation effacés. Les entreprises françaises redeviennent compétitives, les importations deviennent prohibitives. Alors bien sûr, ça fait mal. Pendant deux ans, la situation est compliquée. Ce n'est pas pour rien que personne sous la IVe n'avait eu le courage ou les moyens de déployer un tel plan. Le pouvoir d'achat des ménages diminue. La croissance ralentit. Les anciens combattants manifestent. Les mécontents sont multiples : agriculteurs, ouvriers, PME… Les conseillers de De Gaulle l'avaient prévenu, et De Gaulle avait répondu « Eh bien les Français crieront… et après ? » Et bien après… La balance des paiements devient excédentaire dès 1959, et la France rembourse sa dette extérieure dans l'année. En 1957, les exportations ne couvraient que 75% des importations ; en 1960, 111%. La France accumule les réserves d'or, qui passent de 516 tonnes quand De Gaulle arrive au pouvoir à 2700 en 1963. (Nous en avons 2400 aujourd'hui). Et dès 1960, la croissance accélère et les salaires repartent fortement à la hausse. Pour rendre ces sacrifices plus acceptables, De Gaulle s'appuie sur un récit fort de refondation. Nous ne sommes pas en train de liquider un modèle social, nous sommes en train de refonder la France. Et ce qui a le plus péché en France de la façon la plus visible à l'époque, c'est la monnaie, dont la valeur s'effritait de mois en mois. Alors De Gaulle utilise un levier purement symbolique : il instaure le nouveau franc, en retirant simplement deux zéros à l'ancien franc, pour rendre selon ses mots « au vieux franc français, dont les pertes expriment nos épreuves, une substance respectable ». Tous les jours les Français utilisent des francs, et tous les jours ils peuvent sentir la nouvelle ambition que leur monnaie porte. Elle ressemble désormais beaucoup plus au dollar. 4. Reconstruire en se positionnant à l’avant-garde technologique. Cette période de redressement financier n'est pas une finalité en soi. Il ne s'agit que de la douloureuse étape indispensable pour se donner les moyens de l'expansion. La France a désormais une monnaie stable, un État avec des marges de manœuvre financières et des entreprises libérées du boulet de coûts de production excessifs. Il est temps de passer à la reconstruction de l'appareil productif français, et de refaire de la France ce qu'elle n'était plus depuis un siècle : l'avant-garde mondiale de l'industrie, des sciences et des technologies. Aujourd'hui encore, on peine à mesurer ce qui a été accompli en moins de 10 ans. A. Consolidation et modernisation de l’existant. Les lois d'orientation agricole de 62 font passer l'agriculture de la paysannerie au productivisme exportateur et transforment la France en première puissance agricole européenne. L'état favorise la concentration industrielle pour créer des champions de taille mondiale dans la chimie, l'aluminium, la sidérurgie. B. Réorganisation du territoire. La DATAR créée en 1963 transforme le territoire français en machine de guerre : autoroutes, ports, zones industrielles, métropoles d'équilibre, villes nouvelles. Aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, le complexe de Fos-sur-Mer, l'usine marémotrice de la Rance. On investit dans les infrastructures, dans la croissance de la population. On crée des pôles d'excellence : Orsay-Saclay, Bretagne-Nord pour les télécommunications, Toulouse pour l'aérospatial, Lyon pour chimie-biologie-médecine. C. Focalisation sur les industries du futur On prend à bras le corps tous les grands sujets technologiques et souverains de l'époque, et on déroule. Création du CNES en 1961, lancement du premier satellite français, Astérix, en 1965, avec une fusée Diamant de fabrication 100% française. La France devient la troisième puissance spatiale derrière les US et l'URSS. Lancement du programme Concorde en 1962. Le premier avion sort des usines toulousaines en 1967. Déploiement du nucléaire civil. Et une décision qui en dit long : la IVe République avait signé en 1957-1958 les accords FIG avec l'Allemagne et l'Italie pour développer une dissuasion nucléaire à trois, avec usine d'enrichissement cofinancée. De Gaulle enterre le projet dès son retour au pouvoir, construit Pierrelatte seul, et fait cavalier seul sur la bombe. (La souveraineté ne se partage pas.) Premier essai Gerboise bleue en 1960 dans le Sahara, premier sous-marin lanceur d'engins le Redoutable en 1967. Après le traumatisme de 1940, De Gaulle vient de s'assurer que plus jamais la France ne pourra être envahie. En 1963, l'armée française a besoin d'un super calculateur Control Data fabriqué aux États-Unis pour effectuer les simulations indispensables pour passer de la bombe A à la bombe H. Washington bloque l'export pour entraver le redressement français, et l'américain General Electric prend le contrôle du français Bull en 1964. (Rachat de pépites françaises et limitation des exports, tiens tiens tiens) De Gaulle comprend que l'informatique est devenue un sujet majeur de puissance et lance en 1966 (!!!) un grand plan informatique, avec un délégué à l'informatique qui dépend directement du premier ministre, et crée la CII par la fusion des activités informatiques de Thomson, CGE et Schneider. La France développe sa bombe H. D. La recherche et les sciences au cœur du projet France Peut-être le plus important à noter est que la France de De Gaulle mise tout sur la puissance scientifique. Réorganisation du CNRS en 1961, création du CNES pour la conquête spatiale en 1961, de l'INSERM en 1964 pour la biotech et la recherche médicale, de l'IRIA pour l'informatique et l'automatisation en 1967, du CNEXO pour explorer et exploiter notre vaste domaine maritime, l'ANVAR pour s'assurer que la recherche se transfère bien vers l'industrie en 1967. Le nombre de chercheurs en France passe de 9000 quand De Gaulle arrive au pouvoir à 31000 quand il le quitte. Les dépenses de R&D passent de 2,46% du budget de l'État en 1958 à 6,2% dès 1967. En 2026 aucun pays sur terre ne fournit le même effort public que la France de De Gaulle. Résultat : en moyenne la France gaullienne croît de 5,48% par an pendant 11 ans quand les États-Unis sont à 4,26 %. L'année du départ, 1969, la France fait 7% de croissance. Un record jamais retrouvé depuis. Alors même que la dette française est divisée par deux. Lors de son règne, De Gaulle double quasiment la taille de l'économie française. En 1973, le Hudson Institute publie une étude prospective sur l'économie mondiale. Il prévoit que la France devrait être de loin la première économie européenne et les Français, les Européens les plus riches. Malheureusement, les successeurs de De Gaulle n'ont pas eu la vision et le courage nécessaires pour tenir la trajectoire. Récapitulons comment De Gaulle a fait passer la France d'un pays failli à une puissance mondiale. 1. Attendre que la crise permette d’obtenir des pouvoirs spéciaux pour contourner les blocages parlementaires. 2. Rétablir les finances pour se donner les marges de manœuvre nécessaires, en se débarrassant de toutes les rustines accumulées et en taxant ce qui ne nuit pas à la performance économique. 3. Rendre les entreprises françaises compétitives de façon structurelle et non par rustines en baissant leurs coûts. 4. Reconstruire le tissu industriel et productif en consolidant l’existant, réorganisant le territoire, investissant massivement dans les technologies du futur, et pariant à fond sur la recherche scientifique. RECONSTRUIRE LA FRANCE DE 2026 La France d'aujourd'hui nous rappelle furieusement la France de 1957. Déficit de 5,1 % du PIB, dette à 117,5 %, dernier excédent budgétaire en… 1974, retraites qui représentent 14% du PIB là où la moyenne OCDE est 8%, des dépenses sociales non financées qui s'accumulent, des besoins de réarmement urgents mais infinançables, des besoins d'investir dans l'IA et la robotique mais pas un rond pour le faire ; une industrie tombée à 9,6 % du PIB (Chine, Allemagne, Corée), un déficit commercial à 100 milliards, 157 Md€ de prélèvements sur les entreprises au-dessus de la zone euro et des rustines partout (CICE, boucliers, chèques, allègements) ; rapports qui s'empilent, assemblée sans majorité, loi spéciale faute de budget voté. Tout cela est… beaucoup trop familier. La seule différence fondamentale avec 1957 est que la France a désormais l'euro ce qui lui permet de se crasher au ralenti. Le FMI ne toquera pas à la porte. Mais petit à petit, l'État a déjà de plus en plus de mal à se financer. Jusqu'au moment où les sommes à emprunter chaque année sur les marchés pour maintenir la machine à flot seront tellement importantes que l’on ne nous prêtera plus à des taux acceptables. La zone de danger selon le FMI se situe lorsqu’un pays a besoin d’emprunter plus de 15% de son PIB sur les marchés tous les ans. Nous sommes bientôt à 18%. La Grèce a sauté quand elle a dépassé les 20%. Avec notre trajectoire actuelle, la France atteindra le stade où elle devra probablement mendier l’aide de la BCE qui lui imposera alors sa politique économique sanglante quelque part entre 2029 et 2032. Tic tac. Alors, à quoi ressemblerait un redressement gaullien ? Quel serait le plan douloureux que nous devons imaginer, mais qui serait « celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister » ? Le plan qui nous permettrait de retrouver un pays qui serait autre chose qu’un pays « à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité » ? La crise arrive. Nous devons être prêts. Demain j’esquisserai un plan qui tire les leçons du redressement de 1958, adapté à nos contraintes et à notre situation actuelle. Restez connectés.
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