George STEINER : "Dostoïevski, en somme, pour simplifier, dit au monde entier : 'Si vous voulez le royaume de la justice sur terre, le royaume de la raison, vous aboutissez par la ruine, par l'inhumain, par le monde concentrationnaire', qu'il a prévu dans Les Possédés et dans Les Frères Karamazov.
Et Tolstoï dit : 'Non, c'est ici qu'il faut bâtir le royaume de l'homme et de Dieu, et si vous vous esquivez en pensant au ciel, au transcendant, alors vous aboutirez par l'injustice.'
Et les deux solutions sont antagonistes et très ennemies, elles ne s'admettent pas également toutes deux. Et je crois, d'instinct, de raison, de sensibilité, nous choisissons."
Tolstoï ou Dostoïevski - George Steiner
youtube.com/watch?v=zBB2bWub…
Georges BORTOLI : "George Steiner, vous écrivez, dans votre livre, et c'est même la phrase choc qui apparaît sur la bande du livre, vous écrivez : 'Demandez à un homme s'il préfère Tolstoï ou Dostoïevski, vous connaîtrez le secret de son cœur.' Pourquoi faire de Tolstoï et de Dostoïevski ces cas limites, en quelque sorte, ces cas-tests ?"
George STEINER : "Il est des œuvres d'art qui nous forcent, en quelque sorte, à choisir, parce qu'elles vous prennent à la gorge pour ainsi dire, et elles disent : 'Voilà une vision du monde, de Dieu, de votre rôle dans le monde, choisissez entre nous. Nous avons des visions opposées, antagonistes.' Et pour moi ce sont là les deux géants du roman, qui est après tout la forme contemporaine par excellence, la forme qui a succédé au poème épique, au drame tragique. Nous sommes dans le siècle, si vous voulez, ou dans le second siècle du roman, et ce sont les deux grands maîtres de cette forme. Et quoique nous puissions les apprécier tous deux, je crois que chaque homme, en soi, choisit l'un plutôt que l'autre."
Georges BORTOLI : "C'est-à-dire, disons, peut-être pour simplifier les choses, le rationalisme, et puis d'autre part l'irrationnel ?"
George STEINER : "Dostoïevski, en somme, pour simplifier, dit au monde entier : 'Si vous voulez le royaume de la justice sur terre, le royaume de la raison, vous aboutissez par la ruine, par l'inhumain, par le monde concentrationnaire', qu'il a prévu dans Les Possédés et dans Les Frères Karamazov.
Et Tolstoï dit : 'Non, c'est ici qu'il faut bâtir le royaume de l'homme et de Dieu, et si vous vous esquivez en pensant au ciel, au transcendant, alors vous aboutirez par l'injustice.'
Et les deux solutions sont antagonistes et très ennemies, elles ne s'admettent pas également toutes deux. Et je crois, d'instinct, de raison, de sensibilité, nous choisissons."
Georges BORTOLI : "Pourquoi, plus précisément, avoir choisi deux Russes ?"
George STEINER : "Parce que je crois que dans le roman, ce sont les géants, les géants qui définissent les limites mêmes de cette forme. Il y a eu trois très grands moments dans notre littérature : le moment grec, les tragiques grecs; le moment shakespearien; et puis le moment russe. Des moments d'ailleurs très brefs, curieusement brefs, n'est-ce pas. Entre les débuts de Gogol et la fin de Tolstoï, 60 ans, 60 années fulgurantes, avec des chefs-d'œuvre presque tous les ans, comme sous Shakespeare, et 10 ou 12 très grands contemporains.
Ce sont, ces moments, des moments de crise, d'habitude, d'approche de révolution ou de chute de civilisation, où la littérature semble porter cette charge d'angoisse, de révolution. Les grandes questions que la philosophie pose d'une façon abstraite, elles vivent dans le mode littéraire. Et Tolstoï et Dostoïevski ont montré que le roman peut tenir tête à Sophocle, à Eschyle, à Shakespeare."
Georges BORTOLI : "Oui, mais tout de même, nous avons tendance à croire que le roman, le grand roman, est né et a vécu, aussi, ailleurs qu'en Russie, en France par exemple."
George STEINER : "Le roman français a pris la décision d'être entièrement un grand roman séculier. C'est-à-dire que lorsque Balzac crée son monde génial, c'est le monde de la bourgeoisie, du paysan, c'est ce monde sans Dieu. Il effleure le problème de Dieu, mais dans de très mauvais livres, dans Séraphîta, dans le Christ en Flandre. Chez Proust, il y a le refus, un refus de génie, si vous voulez, mais d'ouvrir les portes vers le ciel ou l'enfer. Imaginez Mitia Karamazov en chaussettes avec Dieu au plafond, hurlant avec son âme, ça ne va pas dans Proust. Ni les chaussettes sales, car il y a dans Proust de la saleté, mais jamais du mauvais goût, ni Dieu. Et pour simplifier naïvement, les chaussettes sales et la présence de Dieu vont ensemble. Elles vont ensemble dans Shakespeare, elles vont ensemble dans les grands poèmes épiques, et aussi dans le roman russe. Il est remarquable que le roman français ait produit Madame Bovary, Tolstoï répond par Anna Karénine. Le roman français produit Le Rouge et le Noir ou La Chartreuse de Parme, avec leur politique et leur Napoléon, Tolstoï répond par Guerre et Paix, et Dostoïevski par Les Possédés."
Georges BORTOLI : "Et qu'est-ce que vous pensez du roman français actuel ?"
George STEINER : "Eh bien, il est presque l'aboutissement de ce triomphe du style, de l'autonomie de la cadence et du langage sur le contenu humain. Je vois bientôt que le roman français va nous présenter des œuvres où des chats et des chaises et des tables vont parler entre elles. Et puis le dernier grand roman français gongoriste de cette vague du nouveau roman, ce sera un roman à feuilles blanches. Ça doit venir, ça a débuté par Mallarmé, qui est le maître du roman français actuel, et à la fin ce sera un silence, le silence peut-être très beau, silence, si vous voulez, sur beau papier."
Georges BORTOLI : "C'est le point de vue d'un Américain que vous nous donnez là, que vous êtes américain."
George STEINER : "Oui, mais point de vue, j'espère, d'un Américain éduqué en France, qui doit à la France ce qu'il a lui-même de culture littéraire. Non, j'espère, point de vue d'un homme qui lit et qui croit qu'il y a une espèce de très haute frivolité, très belle, formellement très intéressante, mais frivolité inhumaine, à vider le roman de la voix humaine, de la présence du corps humain, qui après tout sont la base du langage. Nous ne sommes pas en train de faire de la musique, nous ne sommes pas en train de faire du Paul Klee, de l'art abstrait, nous travaillons avec les mots, et les mots existent dans la voix humaine. Et c'est ce que Tolstoï et Dostoïevski n'oublient jamais, même quand ils prennent le risque du mauvais goût, des longueurs, du ridicule, du grotesque. Mais ils prennent ces grands risques, et c'est ce qui manque dans ces petits livres minces et parfaits qu'on nous offre maintenant. Car après tout, entre un livre très gros et un livre mince, la différence est presque d'ordre métaphysique, non seulement technique. Le livre très mince, c'est toujours La Princesse de Clèves. Ça se refuse à la vie, avec intelligence, art, tout ce que vous voulez, mais il y a là un certain refus, parce que la vie n'est pas un livre mince, elle est terriblement longue et touffue et dense. Et Tolstoï ne voulait même pas arrêter Guerre et Paix. Deux épilogues, huit chapitres nouveaux, c'était comme le temps lui-même en marche. Et Dostoïevski, qui écrit ces livres gigantesques, précisément parce qu'il veut toujours recommencer le réel. Souvenons-nous que Les Frères Karamazov, c'est le premier volume d'un cycle qu'il n'a pas pu écrire. Il est mort."
Georges BORTOLI : "Eh bien, je vous remercie, George Steiner, et je rappelle que votre livre, Tolstoï ou Dostoïevski, après avoir paru aux États-Unis, en Angleterre et dans quelques autres pays, paraît en France aux Éditions du Seuil, dans la traduction de Rose Celli."
David Lynch, l'IA et Thélyson Orélien :
"L'Intelligence artificielle ? Je trouve ça fantastique. Je sais que beaucoup de gens en ont peur. Comme pour toute chose, on dit qu’elle pourra être utilisée pour le bien ou pour le mal. À mon sens, elle constituerait un outil de création extraordinaire, permettant aux machines de soutenir le processus créatif."
- David Lynch, 2024 (deux mois avant sa mort)
David Lynch on AI: "it’s fantastic."
bfi.org.uk/sight-and-sound/i… #AI #Lynch #cinema #DavidLynch
Artificial intelligence? “I think it’s fantastic. I know a lot of people are afraid of it. I’m sure, like everything, they say it’ll be used for good or for bad. I think it’d be incredible as a tool for creativity and for machines to help creativity. The good side of it’s important for moving forward in a beautiful way.
I’m sure with all these things, if money is the bottom line, there’d be a lot of sadness, and despair and horror. But I’m hoping better times are coming.”
- Sight and Sound
"Avec L'Idiot s'ouvre l'ère des romans emplis, au second plan, de personnages déambulants. Ce sont des jeunes hommes, toujours. Et toujours, chez Dostoïevski, le jeune homme semble un être qui marche. Car leur existence est quête. Ils vont chez l'un ou chez l'autre d'entre eux. Non que ceux-ci aient des demeures : qu'ils louent une chambre ou habitent "chez une famille", ils ne sont pas chez eux. Ils ne peuvent, par définition, avoir de chez soi ; ils gîtent provisoirement entre des murs anonymes ; eux aussi sont désignés comme ambulants, instables. Ils vont, viennent, pleins de questions. Incertains même quand ils affirment, même quand ils meurent pour affirmer. Venus sous la plume du créateur en tant qu'errants, ils ne sont pas de ceux qui trouvent, ni qui s'installent en certitude et apaisement.
Extraordinaires chemins : un garçon et un autre garçon, venant de chambres provisoires, vont chez un camarade. A peine passée la porte, ils continuent un entretien déjà commencé et aussitôt s'y intègrent : les voici de nouveau en marche ; nouvelle déambulation, celle de l'esprit en chasse de quelque vérité urgente : ils sont - ils ne sont que - les adolescents de la quête.
Leurs propos aussi sont chemin. Et leurs rencontres, des carrefours où l'on s'affronte, puis où l 'on se sépare, pour repartir.
Faces jeunes, fiévreuses ou blêmes, encore feu ou déjà cendre, dévorées de sincérité ; l'on dirait que nous entendons leurs fraîches, violentes voix, querelleuses, hardies, posant "les questions enfantines". Car dans la vie aussi, ils n'habitent que des seuils : ils ne sont que "des étrangers dans les portes".
Meurtriers en puissance ou suicidés en fait, insurgés ou voyous, rêveurs de quelque rêve indispensable, tous cherchent leur chemin."
Dominique Arban : Dostoïevski
George STEINER : "Dostoïevski, en somme, pour simplifier, dit au monde entier : 'Si vous voulez le royaume de la justice sur terre, le royaume de la raison, vous aboutissez par la ruine, par l'inhumain, par le monde concentrationnaire', qu'il a prévu dans Les Possédés et dans Les Frères Karamazov.
Et Tolstoï dit : 'Non, c'est ici qu'il faut bâtir le royaume de l'homme et de Dieu, et si vous vous esquivez en pensant au ciel, au transcendant, alors vous aboutirez par l'injustice.'
Et les deux solutions sont antagonistes et très ennemies, elles ne s'admettent pas également toutes deux. Et je crois, d'instinct, de raison, de sensibilité, nous choisissons."
"This is a story that has been told over and over again. To resist technology is to risk irrelevance. Just look at Kodak or Blockbuster. To embrace technology is to open doors of new possibility.
Every time storytelling has met a genuine technological shift, it has redefined the boundaries of the medium and grown larger in the process."
Jeffrey Katzenberg
The World is Changing: AI For Creativity
A lire ou relire absolument, en pleine polémique sur l'utilisation de l'IA par Thélyson Orélien.
Jeffrey Katzenberg : "Le monde change : l'IA pour la créativité".
Producteur de cinéma. Cofondateur de Hollywood Pictures, DreamWorks Pictures, DreamWorks Animation et WndrCo. Ancien PDG de DreamWorks Animation et DreamWorks Records. Fondateur de Quibi.
« Les artistes qui apprendront à manier ces nouveaux instruments accompliront des choses que les ingénieurs n’ont jamais imaginées. Les outils ne sont jamais le cœur du sujet. Les instruments changent à chaque génération. Ce qui perdure, c’est le goût et l’imagination. L’habileté magique de faire ressentir quelque chose à un public. L’un des plus grands conteurs de notre génération, George Lucas, a succinctement capturé l’essence éternelle de cette question : “Ce n’est pas le comment, c’est le pourquoi.” »
Martin Scorsese : « Vous êtes tous en train de réinventer. Vous savez, c'est une période tout à fait extraordinaire et beaucoup de cela a à voir avec la technologie, ce qui signifie que nous n'avons plus besoin des studios...
C'est la liberté que vous avez maintenant.
C'est tellement de liberté que je pense que vous devez repenser ce que vous voulez dire et comment vous voulez le dire, et utiliser cette technologie de manière idéale.
Les outils ne font pas l'oeuvre, vous la faites (avec les outils).
Dans le passé, nous devions nous protéger contre les compromis. À l'avenir, vous devrez vous blinder contre autre chose : la tentation de suivre le courant.
Il n'y a pas de raccourcis.
Je ne dis pas que tout doit être difficile.
Je dis que la voix qui vous fait vibrer est votre voix – c'est la lumière intérieure, comme le disent les Quakers. C'est vous. C'est la vérité. »
Martin Scorsese: "The tools don’t make the movie, you make the movie. It’s freeing to pick up a camera and start shooting and then put it together with Final Cut Pro. Making a movie – the one you need to make - is something else. There are no shortcuts."
"In the past, because making movies was so expensive, we had to protect against exhaustion and compromise. In the future, you’ll have to steel yourself against something else: the temptation to go with the flow, and allow the movie to drift and float away."
"This isn’t just a matter of cinema. There are no shortcuts to anything. I’m not saying that everything has to be difficult. I’m saying that the voice that sparks you is your voice – that’s the inner light, as the Quakers put it. That’s you. That’s the truth."
Martin Scorsese, Open Letter to Daughter (2014):
"Dearest Francesca,
I’m writing this letter to you about the future. I’m looking at it through the lens of my world. Through the lens of cinema, which has been at the center of that world.
For the last few years, I’ve realized that the idea of cinema that I grew up with, that’s there in the movies I’ve been showing you since you were a child, and that was thriving when I started making pictures, is coming to a close. I’m not referring to the films that have already been made. I’m referring to the ones that are to come.
I don’t mean to be despairing. I’m not writing these words in a spirit of defeat. On the contrary, I think the future is bright.
We always knew that the movies were a business, and that the art of cinema was made possible because it aligned with business conditions. None of us who started in the 60s and 70s had any illusions on that front. We knew that we would have to work hard to protect what we loved. We also knew that we might have to go through some rough periods. And I suppose we realized, on some level, that we might face a time when every inconvenient or unpredictable element in the moviemaking process would be minimized, maybe even eliminated. The most unpredictable element of all? Cinema. And the people who make it.
I don’t want to repeat what has been said and written by so many others before me, about all the changes in the business, and I’m heartened by the exceptions to the overall trend in moviemaking – Wes Anderson, Richard Linklater, David Fincher, Alexander Payne, the Coen Brothers, James Gray and Paul Thomas Anderson are all managing to get pictures made, and Paul not only got The Master made in 70mm, he even got it shown that way in a few cities. Anyone who cares about cinema should be thankful.
And I’m also moved by the artists who are continuing to get their pictures made all over the world, in France, in South Korea, in England, in Japan, in Africa. It’s getting harder all the time, but they’re getting the films done.
But I don’t think I’m being pessimistic when I say that the art of cinema and the movie business are now at a crossroads. Audio-visual entertainment and what we know as cinema – moving pictures conceived by individuals – appear to be headed in different directions. In the future, you’ll probably see less and less of what we recognize as cinema on multiplex screens and more and more of it in smaller theaters, online, and, I suppose, in spaces and circumstances that I can’t predict.
So why is the future so bright? Because for the very first time in the history of the art form, movies really can be made for very little money. This was unheard of when I was growing up, and extremely low budget movies have always been the exception rather than the rule. Now, it’s the reverse. You can get beautiful images with affordable cameras. You can record sound. You can edit and mix and color-correct at home. This has all come to pass.
But with all the attention paid to the machinery of making movies and to the advances in technology that have led to this revolution in moviemaking, there is one important thing to remember: the tools don’t make the movie, you make the movie. It’s freeing to pick up a camera and start shooting and then put it together with Final Cut Pro. Making a movie – the one you need to make – is something else. There are no shortcuts.
If John Cassavetes, my friend and mentor, were alive today, he would certainly be using all the equipment that’s available. But he would be saying the same things he always said – you have to be absolutely dedicated to the work, you have to give everything of yourself, and you have to protect the spark of connection that drove you to make the picture in the first place. You have to protect it with your life. In the past, because making movies was so expensive, we had to protect against exhaustion and compromise. In the future, you’ll have to steel yourself against something else: the temptation to go with the flow, and allow the movie to drift and float away.
This isn’t just a matter of cinema. There are no shortcuts to anything. I’m not saying that everything has to be difficult. I’m saying that the voice that sparks you is your voice – that’s the inner light, as the Quakers put it.
That’s you. That’s the truth.
All my love,
Dad"
Sur le fond, ce combat ouvert par l'affaire Thélyson Orélien n'en est pas un. On sait comment cela finira : les Anciens cèdent toujours le terrain aux Modernes. Samuel Fitoussi a perdu. Il peut garder un temps ses lecteurs réactionnaires du Figaro, mais il a perdu. Il n'y aura pas de label "100% humain" pour s'imposer face aux oeuvres nouvelles, nées avec l'IA, qui dépasseront de loin les médiocres capacités de Samuel, cette âme mesquine étouffée par la jalousie.
Pour la plus grande gloire de la littérature.
Qui n'est pas au service des gardiens du temple ni des Narcisse blessés.
"Les inquisiteurs de la plume @veejaytsunamix
L'affaire Thélyson Orélien et le procès médiatique de l'auteur à l'âge de l'intelligence artificielle.
J'accuse une partie de la classe médiatique de contribuer à installer une nouvelle frontière dans le monde des lettres : celle qui séparerait les oeuvres réputées dignes d'être lues de celles que l'on voudrait disqualifier en raison des outils ayant participé à leur production."
"Les inquisiteurs de la plume @veejaytsunamix
L'affaire Thélyson Orélien et le procès médiatique de l'auteur à l'âge de l'intelligence artificielle.
J'accuse une partie de la classe médiatique de contribuer à installer une nouvelle frontière dans le monde des lettres : celle qui séparerait les oeuvres réputées dignes d'être lues de celles que l'on voudrait disqualifier en raison des outils ayant participé à leur production."
Replying to @films7
Replying to @films7
Un livre doit-il être condamné avant d’être lu sous prétexte qu’l'IA a participé à sa création? La littérature n’a pas à se soumettre à la nostalgie des procédés Jugeons les œuvres, pas les outils #JAccuse #IntelligenceArtificielle #Litterature #AI #PiratePremier #ThélysonOrélien
Des nouvelles du délateur anonyme du Figaro, le jaloux, mesquin, et médiocre "auteur" Samuel Fitoussi, dont la carrière se résume à attaquer les uns et les autres, qui lui font de l'ombre.
Bien envoyé par Thierry Crouzet : tcrouzet.com/2026/10/22/elog…
"Éloge de Thélyson Orélien
Depuis le début, cette affaire est ridicule. Des universitaires désireux de défendre leur pré carré, opposés à l’usage de l’IA pour la rédaction des articles universitaire, t’ont d’abord dénoncé anonymement, un procédé digne des régimes autoritaires, avant de profiter de ta gloire naissante pour attirer la lumière sur eux.
Tu ouvres des perspectives... Demain, on te regardera comme un pionnier. Tes détracteurs poussiéreux seront tous oubliés qu’on se souviendra encore de toi."
Louis-Ferdinand Céline
"Pour ce qui concerne le rare... le petit segment laissé aux écrivains, après la formidable irruption du cinéma, de la télévision, de la radio, toutes ces belles inventions (...) On a dit : le français est académique... c'est des histoires. Il est académique parce qu'il est travaillé par des gens monotones, qui ne travaillent pas beaucoup le sujet, qui ne se donnent jamais de mal, l'humilité de tout... de tout mettre à bas et puis de se dire : mais c'est pas tout à fait ça, regardons où je me trouve et ce n'est pas ça."
Louis-Ferdinand Céline, 1955
L'écrivain à l'heure du cinéma
"Parce qu'il faut beaucoup de culot pour se lancer dans cette chère langue française, si défendue par tout le corps constitué, par un passé, un historisme fameux... Pour le mettre en morceaux et puis dire : ben non, c'est pas comme ça. Alors pendant longtemps, évidemment, tous les gens à la brasse continuent, n'est-ce pas. ça va de soi. Mais tout de même, il faut qu'ils y viennent, n'est-ce pas, ils s'aperçoivent... puis, peu à peu, ils louchent, puis ils copient, n'avouent pas qu'ils copient, etc. C'est la banalité même. "
"Pour ce qui concerne le rare... le petit segment laissé aux écrivains, après la formidable irruption du cinéma, de la télévision, de la radio, toutes ces belles inventions (...) On a dit : le français est académique... c'est des histoires. Il est académique parce qu'il est travaillé par des gens monotones, qui ne travaillent pas beaucoup le sujet, qui ne se donnent jamais de mal, l'humilité de tout... de tout mettre à bas et puis de se dire : mais c'est pas tout à fait ça, regardons où je me trouve et ce n'est pas ça.
Pour avoir... pour faire l'analyse, j'ai fréquenté bien des asiles, comme interne, et des asiles de fous, n'est-ce pas, qu'est-ce qu'on demande ? Quel est l'interrogatoire que l'on passe à un fou, n'est-ce pas, le premier ? On lui demande... On lui demande où il est, qui il est et quelle heure il est, n'est-ce pas, c'est à ça qu'on revient, dans le... c'est l'ABCD de l'interrogatoire du fou, n'est-ce pas, c'est le monsieur qui ne sait plus où il est, ni qui il est, ni où il est.
Eh bien, je ne peux pas dire que les écrivains d'aujourd'hui se rendent très bien compte. Il y a une folie sur cette... cette placidité de l'écrivain actuel devant le monde moderne, il y a une espèce de folie qui consiste à nier en somme, à ne plus savoir où il est, il ne sait pas où il est, il ne sait plus qui il est, et quelle heure il est. Il est à l'heure du cinéma, il est en France avec sa langue, n'est-ce pas, et il est lui, n'est-ce pas. Alors, là il n'a pas du tout fait le point de tout ça. (...)
Le Français n'est pas très artiste (...) peut-être il a trop de respect, n'est-ce pas, pour les formes, puis il y a le brevet, il y a la licence, il y a le bachot, il y a le doctorat, il y a les discours d'académie, il y a les journaux (...)
Alors... cette... ne le fait pas, l'empêche de rêvasser, mais cette rêvasserie il lui faut lui-même la contraindre, alors je pourrais donner l'exemple Villon, n'est-ce pas évidemment que là il y a de la rêvasserie, mais elle est contrainte, elle est terriblement... elle est terriblement freinée, n'est-ce pas, mise en botte, et ça c'est un effort. (...)
Parce qu'il faut beaucoup de culot pour se lancer dans cette chère langue française, si défendue par tout le corps constitué, par un passé, un historisme fameux (...) Pour le mettre en morceaux et puis dire : ben non, c'est pas comme ça. Voilà mon bouton de col... Voilà ma chaîne... Voilà le crawl, n'est-ce pas. Je veux dire que maintenant on va nager en crawl. Comme ça. Et puis tout le monde dit : mais non, je vais faire de la brasse. Alors pendant longtemps, évidemment, tous les gens à la brasse continuent, n'est-ce pas. ça va de soi. Mais tout de même, il faut qu'ils y viennent, n'est-ce pas, ils s'aperçoivent... puis, peu à peu, ils louchent, puis ils copient, n'avouent pas qu'ils copient, etc. C'est la banalité même. (...)
L'argot, oui, il faut s'en servir, mais... (...) Il faut qu'il reste dans le véhicule, n'est-ce pas, que ça ne déborde pas, que ça ne fasse pas arrêter votre wagon, que ça ne le freine pas, que ça ne vous donne pas des échappées à droite à gauche et que finalement vous n'arriviez nulle part. C'est pour ça qu'il faut le but, bien"
- Mais est-ce que le langage cinématographique est un langage qui vous convient comme moyen d'expression ?
- "Ah pas du tout, du tout, du tout, du tout. Je suis un bonhomme qui fait des trucs pour des gens qui sont chez eux et qui veulent lire et moi qui dois faire tout le travail, c'est-à-dire que je dois me... quand ils me lisent, à voix basse, avoir quelqu'un qui leur parle dedans. A l'intérieur. Voilà. Voilà toute l'histoire. Et qui parle à eux, à leurs nerfs directement. Et non pas à leur oreille, mais par les yeux, que la chimie se fasse dans leur tête, et directement. N'est-ce pas. Pas besoin du tout de dire tout haut... Souvent les gens me disent : oh, vous devriez lire tout haut. Mais non, ce serait grotesque. Ce n'est pas un livre à lire tout haut. Je suis un bonhomme pour l'intimité. (...) Une fraction dans son système nerveux.
On a dit que la musique était un message direct du système nerveux, n'est-ce pas, et j'avouerai que je tendrais à la musique, évidemment, si j'avais à choisir, si on m'avait demandé ce que je voulais, dans la carrière artistique, j'aurais demandé à être musicien, n'est-ce pas, évidemment, n'est-ce pas. (...) [Le langage musical] est plus émotif. Il est plus émotif. Et alors là, évidemment, moi ce qui m'intéresse, c'est l'émotion, parce que je...
Le verbe... pas le verbe, n'est-ce pas, le verbe... Au début était le verbe. Le verbe, c'est du bla-bla, n'est-ce pas, le verbe, c'est... c'est, c'est du déchet, n'est-ce pas, du déchet de l'intellectualité, c'est du déchet d'émotion, n'est-ce pas.
Quand on n'a plus rien à faire, quand on n'a plus rien, quand on ne sent plus rien, ben alors on parle, n'est-ce pas. Tandis que les grands sentiments sont muets. Et alors, au fond, ils sont émus, n'est-ce pas. Alors l'émotion se tait. N'est-ce pas.
Au début était l'émotion. (...) Le verbe est là pour remplacer l'émotion, c'est la vérité. Ainsi deux amoureux, quand ils commencent à parler, c'est qu'ils n'ont vraiment... C'est fini, c'est fini, c'est terminé, n'est-ce pas. Les affaires se passent dans le silence. Du moment qu'il n'y a pas de silence, il n'y a rien, n'est-ce pas. Alors, vous me direz : mais comment allez-vous faire ? Ah, ben voilà, n'est-ce pas, toute l'histoire c'est de gauchir le... votre style, de telle façon que vous captez l'émotion."
(entretien Louis-Ferdinand Céline - Robert Sadoul, Radio Suisse-Romande, 1955)
Tout est moche dans ce qui arrive à l’écrivain Thélyson Orélien
par Jean-Marie Durand
"Alors, plutôt que de condamner l’outil en estimant que l’être humain et la technique peuvent se séparer, “comme le corps d’un vêtement” (selon l’expression de Chatonsky), il est temps de prendre la mesure de ce nouvel âge de la création. “Ni l’humain ni l’IA ne créent depuis un point zéro : toute création naît d’un réseau de contraintes, de techniques, de mémoires et de relations”, avance l’artiste-chercheur. “L’enjeu n’est donc pas de savoir qui crée seul, mais ce qui émerge entre l’humain et la machine”. À ses dépens, en traversant une épreuve douloureuse, Thélyson Orélien restera le nom de cette bascule culturelle."
lesinrocks.com/livres/billet…
Bouc émissaire d’une situation qui lui échappe, le cas Orélien est devenu le symbole d’une rupture qui fera date dans l’histoire de l’écriture.
lesinrocks.com/livres/billet…
Mark Frost and David Lynch: “In the heyday of Twin Peaks, we were talking about a spinoff for Audrey where she’d have adventures in Hollywood,” says Frost. “I gave it the title Mulholland Drive because I was living there at the time. He loved the title and asked permission to use it when he turned it into a film.”
dazeddigital.com/film-tv/art…
Replying to @PParis2020
Lynch a travaillé avec Frost pour Twin Peaks. Il était capable de collaboration avec un esprit étranger au sien. Le résultat est une œuvre hybride qui doit à cette hybridité.
Si je vous raconte dans le détail toute l'histoire de L'Idiot, de Dostoïevski, jusqu'au moindre détail, puis je vous dis : maintenant écrivez les phrases. Qui est l'auteur ? Vous pour la syntaxe, mais Dostoïevski pour l'histoire.
Le détecteur ne détecte que la syntaxe IA.
8 millions de vues pour ce texte du producteur de Shrek, "L'IA pour la créativité", mais très peu de relais dans la presse officielle. On ne peut pas comprendre le silence de Thélyson Orélien, sans ce silence du monde officiel. L'IA reste un tabou dans l'art. xitter.cf/jeffreykWNDR/status/21…
A lire ou relire absolument, en pleine polémique sur l'utilisation de l'IA par Thélyson Orélien.
Jeffrey Katzenberg : "Le monde change : l'IA pour la créativité".
Producteur de cinéma. Cofondateur de Hollywood Pictures, DreamWorks Pictures, DreamWorks Animation et WndrCo. Ancien PDG de DreamWorks Animation et DreamWorks Records. Fondateur de Quibi.
« Les artistes qui apprendront à manier ces nouveaux instruments accompliront des choses que les ingénieurs n’ont jamais imaginées. Les outils ne sont jamais le cœur du sujet. Les instruments changent à chaque génération. Ce qui perdure, c’est le goût et l’imagination. L’habileté magique de faire ressentir quelque chose à un public. L’un des plus grands conteurs de notre génération, George Lucas, a succinctement capturé l’essence éternelle de cette question : “Ce n’est pas le comment, c’est le pourquoi.” »
A lire ou relire absolument, en pleine polémique sur l'utilisation de l'IA par Thélyson Orélien.
Jeffrey Katzenberg : "Le monde change : l'IA pour la créativité".
Producteur de cinéma. Cofondateur de Hollywood Pictures, DreamWorks Pictures, DreamWorks Animation et WndrCo. Ancien PDG de DreamWorks Animation et DreamWorks Records. Fondateur de Quibi.
« Les artistes qui apprendront à manier ces nouveaux instruments accompliront des choses que les ingénieurs n’ont jamais imaginées. Les outils ne sont jamais le cœur du sujet. Les instruments changent à chaque génération. Ce qui perdure, c’est le goût et l’imagination. L’habileté magique de faire ressentir quelque chose à un public. L’un des plus grands conteurs de notre génération, George Lucas, a succinctement capturé l’essence éternelle de cette question : “Ce n’est pas le comment, c’est le pourquoi.” »
The World is Changing: AI For Creativity
By Jeffrey Katzenberg
A few months ago, I sat in my office in Silicon Valley and watched as a tech founder showed me something extraordinary. On the screen was a fully realized, beautifully lit, well-composed animated scene. It was stunning and it made me feel exactly what I felt in 1986 watching Luxo Jr. That was the first time I watched a computer-animated 3D character take a breath and seem, against all reason, to have life. It left me in awe.
Later that day, I received a text from an artist I've known for thirty years, 350 miles to the south, in the city where I spent most of my career. After seeing a similar video, she texted: "Is this the end of us?" My answer was, "Certainly not.”
I have spent the better part of the last decade in Silicon Valley, but the heart of my career has been in Hollywood. Being deeply connected to both worlds means I have deep loyalties to each and a responsibility to speak honestly to both.
In 2023, I said that these new AI tools would cut the time and cost of producing world-class animation by as much as ninety percent within three years. Some colleagues were alarmed, many were furious.
There is growing fear and resistance surrounding AI within the creative community. I deeply understand it, because I've spent countless hours walking through animation studios watching gifted artists bent over their desks, rebuilding a single second of film for the tenth time because the ninth version wasn't quite right. I've sat in screening rooms where four years of people's labor played out in minutes, and I knew the name of every person that had spent countless hours bringing those images to life. The creative process is a calling, there's really no other way to describe it. From the outside some see resistance. From the inside, it is love.
People do not fight this hard for things they don't care about. The pushback coming out of Hollywood represents the collective effort of people who are deeply passionate about their craft.
Is History Repeating Itself?
The history here is more complicated than either side may realize. In 1906, the most famous composer in America, John Philip Sousa, published an essay titled “The Menace of Mechanical Music." He warned that the phonograph would become "a substitute for human skill, intelligence and soul."
Sousa's fight was not really about the machine, it was about money. The machines were playing his compositions, and the men who built them weren't paying him a cent. His campaign helped create the Copyright Act of 1909. He did not stop the technology. He changed the terms under which it could use his work.
A hundred years ago, sound came to the movies. We remember it now as a miracle, and it was. What we forget is who paid for it. Before sound, tens of thousands of musicians made their living in the orchestra pits of movie houses, scoring every film live, every night, in towns all over the world. When the soundtrack arrived, the work of one composer and one orchestra was recorded for a film that went into thousands of theaters. The union fought back with everything it had, taking out newspaper ads across the country warning against the menace of "canned music," one of them showing a mechanical man tearing the strings out of a harp while an angel wept.
They were not fools, and they were not Luddites. They were right. Those pit jobs did not come back. And yet (this is the part we have to be brave enough to admit), sound gave us the movie musical, the modern score, sfx, sound design, audio engineering, and an art form vastly larger than the one it disrupted. And it helped keep Hollywood in the forefront of world entertainment for the rest of the century and into the next. The loss was real. And yet the art form expanded.
This is a story that has been told over and over again. To resist technology is to risk irrelevance. Just look at Kodak or Blockbuster. To embrace technology is to open doors of new possibility. Just consider Apple and Netflix.
What I Learned From Walt Disney
In the mid-1980s, I was tapped to lead Disney's animation division at a moment when the studio was at an inflection point. Animation wasn't just another business unit. It was the soul of the company, a medium revered because of Walt's genius and his passion. But the production system was cumbersome and unforgiving. A single movie was 125,000 individual hand-drawn and painted cels, photographed one frame at a time. Every revision carried a cost measured in months. These degrees of difficulty shaped the kinds of stories we could tell.
We found our way forward in an unexpected place: Walt himself. The Disney archives held astonishing recordings of Walt explaining his creative process. His own writings. His notes and storyboards. Work product captured at every stage of his process. This was truly a gift. Listening, reading, sitting with the work itself, we heard him talk about character, about emotion, about how an audience feels when a character truly comes alive. He talked about making bold choices and refining a scene until it genuinely moved people. We didn't hear a word about pencils or paintbrushes. In fact, Walt was famous for being a technologist, forever hunting for state-of-the-art tools, often inventing them himself to achieve the images he saw in his head. But he never defined animation by the tools. He defined it by whether the audience believed the character. His principles were timeless. The tools were not.
That realization changed everything. We co-developed the Computer Animation Production System (CAPS) with a young Northern California company called Pixar, replacing hand-painted cels with CGI. In The Little Mermaid, the final scene shimmered with a dimensionality and light that the old process simply couldn't achieve. In Beauty and the Beast, the ballroom sequence moved with a cinematic sweep that placed the audience inside the emotion of the moment. In Aladdin, the Cave of Wonders felt vast and alive, and the Magic Carpet became an intricate, compelling character all its own. In The Lion King, the stampede carried a scale and intensity that raised the emotional stakes beyond anything we'd done before. Technology didn't diminish the craft, it expanded the canvas. It gave artists more room to create.
A decade later, the canvas expanded again. When Disney released Pixar's Toy Story, it wasn't simply a technical milestone. It was proof that a fully computer-animated film could carry real emotional weight, that it could make audiences laugh, cry, and believe. At DreamWorks, we made the difficult decision to sunset hand-drawn animation and become a fully computer-animated studio. It was the right thing to do, but it was not without pain. It cost talented people their place in an industry where they had worked their whole lives. Some made the leap to the new tools and did the finest work of their careers. Some never did.
Tools are never the point. The instruments change with every generation. What endures is taste and imagination. The magical ability to make an audience feel. One of the greatest storytellers of our generation, George Lucas, succinctly captured the eternal essence of this issue: “It’s not the how, it’s the why.”
A Distinction With a Difference
I asked one of the leading AI models a question that has been challenging me for months. What is the difference between reasoning and creating? Its answer changed how I think about almost everything happening in this industry. It said . . .
Reasoning and creating are two distinct cognitive modes, though they also work together. Reasoning is fundamentally evaluative and analytical. It operates on what already exists: facts, premises, evidence. It moves toward a conclusion that was in a sense already implied by the input. Reasoning is constrained by logic and truth. Its goal is to arrive somewhere correct, not to invent somewhere new.
Creating is fundamentally generative. It produces something that didn't exist before. And crucially, there's no single right answer waiting to be found. A blank page has infinite valid responses. Creation involves choices that can't be fully justified by logic alone. Taste, intuition and vision fill the gap where deduction runs out.
Reasoning is what Silicon Valley has been perfecting. Creating is what Hollywood has been practicing for more than a century. AI today operates almost entirely on the reasoning side of the line. It can deduce, evaluate, optimize, and pattern-match brilliantly. And while it can create, there is a real distinction to being creative. What it doesn’t yet have is those things that make us human: empathy, devotion, serendipity, the kind of creativity that comes from a person trying to say something only they could say. When the bot generates a piece of art, it is not trying to communicate anything. It is statistics, not soul; it is emulating things that have been done. By contrast, human creativity isn’t about repeating patterns of zeros and ones; it is about doing something new.
One day, AI may close this gap. Three years ago, the leaders building AI would have called what they are achieving today, improbable, if not impossible. Impossible is no longer improbable.
Today, the line between reasoning and creating is real. Even the leading technologists acknowledge we are not there yet. There is no scientific path to crossing this divide that anyone in the field can articulate today. Understanding that gap is where we will find common ground.
A Path Forward
In 2016, I closed one chapter in Hollywood with the sale of DreamWorks and opened another in Northern California, co-founding WndrCo. We’ve backed more than 50 founders building the next generation of technology and watched how breakthroughs in Silicon Valley emerge, first as experiments, then as platforms, and finally as infrastructure that reshapes entire industries. It's worth remembering that the last great revolution in animation also came from the north. Pixar was a Northern California company, forged not in the conventions of the Hollywood studio system, but in the technological breakthroughs of Silicon Valley. I've spent years on both sides of this bridge. For sure, I don’t have all the answers (take Quibi, for one!). But, from my past and present vantage points of my long career, here is what I see . . .
Brilliant people in Northern California building this technology have made something extraordinary. They have earned the right for the rest of us to be, if not believers, at least optimistic that what comes next will be remarkable. But they have not made an artist. The tools are powerful, but they are not what makes a story matter. That knowledge lives 350 miles to the south, inside people whose life's work has informed the very models you are building. The right path forward includes them by design, with credit, with consent, and with compensation. Build this with the storytellers. Not on top of them. Taste is not something that can be synthesized, it is uniquely human.
At the same time, Hollywood needs to accept that AI is not going away. The energy they are spending trying to make it disappear is energy they are not spending deciding the terms on which it will exist. And the terms are everything. The north needs something from it that they cannot build and cannot buy: creativity. The kind that takes a blank page and conjures a single right answer where there was none and has held audiences for a century. Without it, the most powerful reasoning engine ever invented will still be missing the only thing that makes a story worth telling.
The artists who learn to wield these new instruments will do things the engineers never dreamed of. They always have. Edison invented the motion picture but made terrible movies. It took Chaplin, Lloyd, Keaton and so many others to make movies emotional. Now, the canvas is about to expand yet again. We should decide now that we intend to paint on it.
There are so many valuable lessons in history. This has happened many times before, and it was never settled by the technology. It was settled by the terms. Sousa did not stop the phonograph; he helped write the law that made sure composers got paid. And two years ago, when the writers and the actors walked out, they were fighting for the very things Sousa was fighting for in 1906. Consent, compensation, the basic recognition that human creative work has a price that must be paid. The terms of that fight are still being negotiated, but the principle is older than any of us.
The tools-versus-no-tools argument is a trap. First, we must all agree that there should be terms. Then we can have the crucial debate about what fairness requires.
What I Learned From Steve Jobs
Years ago, Steve Jobs said, "It's in Apple's DNA that technology alone is not enough. It's technology married with the liberal arts, married with the humanities, that yields us the result that makes our hearts sing." He was describing a device. But he could just as easily have been describing this tale of two cities.
What I See Coming Soon
As the barriers and the costs come down, more films will get made, not fewer. Studios will get to take more risks. There will be more seats at the table, and very soon entirely new forms of storytelling. In the 1980s, animation was dismissed as a niche corner of the business. Today it is one of the most beloved and profitable forms of storytelling in the world. In live action, filmmakers like Steven Spielberg, James Cameron and Peter Jackson embraced new visual tools not as shortcuts, but as instruments, and expanded cinema in the process. Every time storytelling has met a genuine technological shift, from synchronized sound to color to computer animation, it has redefined the boundaries of the medium and grown larger in the process.
Assuredly, I don’t have all the answers, but I am confident that the creative opportunities will expand yet again. How we come through this is a choice. The north has the new tools. The south has the creative soul. The best future will draw on the best of both worlds.
David Lynch a assisté aux débuts de l'IA générative. Il a tout de suite compris que c'était un nouveau pinceau, capable de générer des formes, des couleurs, des fragments, des briques, et l'artiste allait travailler avec ces formes, ces couleurs, ces fragments, ces briques. L'oeuvre d'art serait hybride, homme et outil, comme elle l'a toujours été. Pour David, qui ne pouvait plus supporter la fatigue des tournages, c'était une perspective idéale. Il a toujours aimé travailler avec les ordinateurs. Il pourrait créer des formes de chez lui, et les monter, avec sa vision. Il est mort trop tôt pour aller au bout, mais il conseillait à ses amies cinéastes de se lancer avec l'IA.
David Lynch on AI: "it’s fantastic."
bfi.org.uk/sight-and-sound/i… #AI #Lynch #cinema #DavidLynch
Artificial intelligence? “I think it’s fantastic. I know a lot of people are afraid of it. I’m sure, like everything, they say it’ll be used for good or for bad. I think it’d be incredible as a tool for creativity and for machines to help creativity. The good side of it’s important for moving forward in a beautiful way.
I’m sure with all these things, if money is the bottom line, there’d be a lot of sadness, and despair and horror. But I’m hoping better times are coming.”
- Sight and Sound
Jean-Luc Godard : "Je n'ai pas le sentiment de savoir inventer, mais j'ai le sentiment de savoir trouver les choses, et de les assembler. Et je ne suis pas du tout gêné de faire n'importe quel film, avec n'importe quoi."
Son autorisation morale du pillage, Jean-Luc Godard la tirait de sa propre pratique : il a beaucoup pillé les oeuvres qu'il aimait. #Godard #cinema
Photos : Jean Seberg chez Preminger et chez Godard.
Jean-Luc Godard :
- "Je n'ai pas le sentiment de savoir inventer, mais j'ai le sentiment de savoir trouver les choses, et de les assembler. Et je ne suis pas du tout gêné de faire n'importe quel film, avec n'importe quoi.
Les citations ne me protègent pas, ce sont des amies. Ils ont créé des choses, pourquoi ne pas les utiliser ? S'il y a des arbres, pourquoi ne pas les filmer ? Si c'est une rue, si ce sont des gens, il faut en faire quelque chose. Ce n'est pas à moi, mais je peux en faire quelque chose.
Si on me demande : "Est-ce que je peux prendre un extrait, est-ce que j'ai le droit ?". Je réponds : "Non seulement tu as le droit mais tu as le devoir de le faire."
Un bout de phrase vous aide à en construire un autre. C'est une vraie merveille que d'avoir quelques jolies phrases à sa disposition, de pouvoir siffler un air de musique, c'est une vraie merveille de penser aux gens qui les ont faits." (15 décembre 1994, Limelight n° 34, janvier 1995)
- "Le personnage de Jean Seberg (dans A bout de souffle) prend la suite de celui de "Bonjour tristesse" (Preminger). Je faisais certains plans par rapport à d'autres que je connaissais, de Preminger. J'aurais pu prendre le dernier plan du film [de Preminger] et enchaîner sur un carton : Trois ans après...
C'est à rapprocher de mon goût de la citation, que j'ai toujours gardé. Pourquoi nous le reprocher ? Les gens, dans la vie, citent ce qui leur plaît. Nous avons donc le droit de citer ce qui nous plaît." (décembre 1962, Cahiers du cinéma n°138)
- "Les femmes, les actrices, je ne les ai pas très bien traitées. J'ai respecté leur beauté aléatoire, mais je n'ai pas fait très attention à ce qu'elles pouvaient dire ou faire. ça me manque aussi aujourd'hui... Tous les peintres ont eu des modèles. Mais moi, c'étaient des copies. Elles copiaient des vedettes d'Hollywood, moi je copiais des couples que j'avais connus." (20 mai 1995)
Louis-Ferdinand Céline : "Mais alors les hommes sont ainsi que... ils sont la même chose, ils ne se ressemblent pas strictement, n'est-ce pas, ça ne se peut pas, mais alors ils sont intimidés par les autres, et ils suivent, ils sont moutons, n'est-ce pas, et les écrivains aussi."
Louis-Ferdinand Céline : "L'originalité est très peu de chose. C'est plutôt une petite technique..."
"Par exemple, on sait qu'il n'y a pas une feuille dans la forêt qui ressemble strictement à l'autre. Mais alors les hommes sont ainsi que... ils sont la même chose, ils ne se ressemblent pas strictement, n'est-ce pas, ça ne se peut pas, mais alors ils sont intimidés par les autres, et ils suivent, ils sont moutons, n'est-ce pas, et les écrivains aussi.
Ce qui fait qu'ils imitent les autres sans le savoir ; mais il faut dire qu'en naissant, si vous ne voyez pas à l'envers, les pots de fleurs, n'est-ce pas, en naissant, vous ne les verrez jamais, n'est-ce pas.
C'est l'histoire des peintres, n'est-ce pas.
L'originalité est très peu de chose. Je crois... c'est plutôt une petite technique, n'est-ce pas, nouvelle, comme le crawl... le crawl, à la place de la brasse... La petite technique, la petite chose, n'est-ce pas.
Et chez... l'homme n'a pas beaucoup le temps de trouver quelque chose d'extraordinaire, il a une vie trop brève, il n'a pas assez de force pour ça, la nature ne lui donne que très peu de temps de trouvaille, n'est-ce pas. Et s'il a fait une trouvaille, ben le type qui... qui a trouvé le bouton de col à bascule, je dirais bien il était un génie, n'est-ce pas. C'est un peu mon cas. (...) Parce qu'on ne mène assez jamais durement l'opposition technique."
(Louis-Ferdinand Céline, entretien avec Robert Sadoul, Radio Suisse-Romande, 1955)
Quand on passe son texte sur un outil aussi puissant que ChatGPT, @vtremolet, ce n'est pas "pour corriger les fautes d'orthographe et de grammaire". C'est pour un enrichissement, une réécriture, un retour critique, des idées. Le texte sort modifié, alors pourquoi Eugénie Bastié ment-elle, en disant que son texte est "100%" d'elle ? Eugénie Bastié ment parce que nous vivons dans un terrorisme intellectuel anti-IA. L'auteur humain est supposé tout savoir, et surtout est supposé bien écrire. Le narcissisme littéraire français ! Le style !
Alors qu'il est souhaitable qu'un auteur sollicite l'Intelligence du corpus de l'humanité pour enrichir son texte, et même son écriture, il se retrouve dans la situation de devoir nier.
Combien de femmes d'écrivains ont fait réécrire un texte, ont même donné des idées, et ont inspiré des phrases ? Pourquoi avoir honte de travailler avec l'IA ? Pourquoi mener une cabale contre un auteur racisé, pas choisi au hasard, cabale qui paraîtra ridicule dans quelques années, quand tout le monde travaillera avec l'IA ? Cabale qui le force à nier, car il n'a pas les armes sociales pour assumer, sous peine d'être exclu du monde de l'édition.
"L'IA, je pense que c'est un outil fantastique pour la créativité, et pour que les machines aident à la créativité", disait David Lynch, deux mois avant sa mort.
Quand Eugénie Bastié travaille ses textes avec ChatGPT, ça ne vous dérange pas trop. Et elle ment en disant que c'est seulement pour l'orthographe. C'est déjà scandaleux qu'une journaliste du Figaro ait besoin de ChatGPT pour l'orthographe et la grammaire ! Le niveau ! Tartuffe !
Replying to @SamuelFitouss10
@SamuelFitouss10 qui a subi les insultes et les menaces pour avoir révélé la vérité sur cette affaire a fait un travail salutaire pour la littérature et pour la vie de l'esprit. Tous ceux qui aiment lire et écrire devraient l'en remercier.
Thélyson Orélien n'avait pas les armes sociales pour résister au terrorisme anti-IA, qui exclut du système officiel de publication et de promotion.
Il ne faut pas seulement du courage, mais être un peu kamikaze pour reconnaître qu'on travaille avec l'IA, dans le climat hostile actuel. Mais dans quelques années tout le monde travaillera avec l'IA et on se souviendra de cette polémique ridicule comme révélatrice d'une époque de transition.













