tamurt.info/said-sadi-dispar…
Saïd Sadi disparaît des radars
KABYLIE (TAMURT) – Voilà près d’un mois que Saïd Sadi n’a plus donné signe de vie publiquement. Son départ pour la France, presque en catimini, se prolonge. Son silence intrigue ses partisans et les militants de son mouvement politique, Assirem. Sadi n’a même pas réagi au décès de son ami Hamid Lounaouci, conseiller spécial de Tebboune.
Où est passé Saïd Sadi ? Cette question revient sans cesse dans les discussions de ses militants, de ses sympathisants et, surtout, des candidats du mouvement Assirem, qui a décidé de prendre part aux prochaines élections locales en Kabylie. Même ses adversaires s’interrogent sur son absence. « Dans le milieu de la presse, on parle d’un départ de Saïd Sadi à l’étranger par crainte d’une éventuelle arrestation », nous confie un ancien journaliste proche du mouvement Assirem.
L’ancien président du RCD se trouve, en effet, à Marseille depuis près d’un mois. Il garde le silence. Personne ne sait vraiment pourquoi il ne s’exprime pas ni pourquoi il prolonge son séjour sur l’autre rive de la Méditerranée. Pourtant, son retour en Kabylie, en juillet dernier, après six longues années d’exil, avait suscité de nombreuses réactions et alimenté les débats. Saïd Sadi avait alors promis de reprendre le combat démocratique en Kabylie.
Est-il contraint de quitter de nouveau le pays ? Une telle éventualité serait redoutée par ses partisans, qui espèrent le retrouver sur le terrain des luttes politiques. L’actualité est pourtant en pleine effervescence en Kabylie, à l’approche des élections locales prévues le 28 novembre prochain.
Au Salon international du livre d’Alger (SILA), où les mémoires de Saïd Sadi doivent être mises en vente dans les prochains jours, sa présence n’a pas encore été confirmée par son éditeur, Frantz Fanon.
Idir Yatafen
tamurt.info/elections-locale…
Élections locales en Kabylie : les candidats triés sur le volet par les services de sécurité !
KABYLIE (TAMURT) – Le régime algérien ne se contente pas de pousser les partis politiques kabyles à participer aux élections locales : il intervient également dans la sélection des candidats. Selon plusieurs sources locales, une grande partie des candidats sont convoqués par la Gendarmerie nationale pour des enquêtes approfondies.
Parmi les questions que les enquêteurs posent aux candidats figure notamment : « Avez-vous des amis ou des proches indépendantistes ? », « Avez-vous un copain ou une copine ? », « Buvez-vous de l’alcool ? », « Êtes-vous musulman ? », « Avez-vous des amis étrangers à l’étranger ? » ou encore « Que pensez-vous de Tebboune ? ».
Ces questions font partie des interrogatoires menés auprès de candidats aux élections locales prévues le 28 novembre prochain.
L’une des questions les plus surprenantes était adressée à un militant du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), candidat dans une commune de Haute-Kabylie : « Que feriez-vous en tant que maire si le Maroc attaquait militairement l’Algérie ? »
Selon un militant du RCD de cette localité, le candidat a répondu : « Au RCD, nous sommes des militants culturels et politiques. Les partis islamistes sont plus expérimentés dans le maniement des armes ! » Une réponse ironique qui illustre, selon des militants locaux, le caractère parfois surprenant des questions posées lors de ces enquêtes.
L’ANIE, dernière étape avant la validation des candidatures
Les enquêtes de la Gendarmerie nationale ne suffisent pas à elles seules à valider les listes et les candidatures. Les candidats doivent également attendre la décision de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).
Selon nos sources, des centaines de candidatures ont été rejetées à Bgayet (Béjaïa), Tizi Ouzou, Tuvirett (Bouira) et Boumerdès. Les personnes concernées sont notamment des candidats ayant exprimé leur opposition au régime.
D’autres informations font état du rejet de candidatures d’enseignants de tamazight, en Kabylie comme dans d’autres régions du pays.
Ces informations soulèvent des interrogations sur les critères appliqués lors de la validation des candidatures et sur la place accordée aux opinions politiques des postulants. Les motifs officiels des éventuels rejets restent toutefois déterminants pour établir si les décisions reposent sur des critères légaux ou sur des considérations politiques.
« Autant laisser les chefs de daïra gérer les communes »
Dans ce contexte, des citoyens s’interrogent sur la portée démocratique d’élections dont les candidats sont, selon les témoignages recueillis, soumis à des enquêtes sécuritaires approfondies avant même de pouvoir briguer un mandat.
« Autant fermer les mairies et laisser les chefs de daïra gérer directement les municipalités. Au moins, les choses seraient plus claires », fulmine une militante de l’Union pour la République kabyle (URK) à Tizi Ouzou.
Ces témoignages alimentent les critiques sur le processus électoral et sur le rôle des services de sécurité dans la vie politique en Kabylie. La publication des motifs officiels des rejets de candidatures permettrait de mieux comprendre les décisions prises et de déterminer si les règles électorales sont appliquées de manière transparente.
Idir Yatafen
tamurt.info/les-archives-con…
Les archives confirment le soutien d’Israël à l’indépendance de l’Algérie
ALGÉRIE (TAMURT) – Alors que la Turquie s’opposait publiquement à l’indépendance de l’Algérie et votait contre aux Nations unies, Israël soutenait la libération du peuple algérien, de novembre 1954 à juillet 1962. Les archives de l’ONU ainsi que des articles publiés dans la presse israélienne témoignent de cette réalité historique.
La Turquie a attendu 1970 pour reconnaître la souveraineté de l’Algérie, devenant ainsi le dernier pays au monde à le faire. Il a fallu attendre 1986 pour que le gouvernement turc présente officiellement ses excuses aux Algériens. C’était trop tard : le mal était déjà fait.
L’histoire finit toujours par resurgir et imposer ses vérités. Elle rappelle aujourd’hui le contraste entre les positions adoptées par les deux pays durant la guerre de Libération nationale : Israël était du côté du peuple algérien, tandis que la Turquie s’opposait à son indépendance et soutenait le colonialisme français.
Plus de six décennies après l’indépendance, ce contraste reste frappant. L’Algérie continue de considérer la Turquie comme un pays frère, tandis qu’Israël demeure considéré par les autorités algériennes comme un État ennemi. Depuis des décennies, les entreprises turques accumulent les contrats et les investissements en Algérie. L’influence d’Ankara s’étend également aux domaines politique, économique et diplomatique.
Cette situation soulève une question fondamentale : pourquoi la mémoire historique occupe-t-elle si peu de place dans les relations actuelles de l’Algérie avec ces deux pays ?
Notre rédaction a obtenu un article publié dans un journal israélien à l’occasion de l’annonce de l’indépendance de l’Algérie, dans le contexte de la signature des accords d’Évian, le 18 mars 1962. La presse israélienne y évoquait les sacrifices consentis par le peuple algérien, dénonçait les crimes commis par les forces coloniales françaises contre les civils et rendait hommage aux dirigeants de la Révolution algérienne.
Ce document historique apporte un éclairage sur la manière dont la lutte du peuple algérien était présentée dans une partie de la presse israélienne à la veille de l’indépendance. Il invite à revisiter cette période et à confronter les discours politiques actuels aux positions exprimées à l’époque.
L’histoire ne se réécrit pas au gré des alliances du moment. Les archives restent des témoins précieux des positions adoptées par les États et des discours tenus durant les grandes étapes de la lutte des peuples pour leur liberté.
Idir Yatafen
tamurt.info/commemoration-du…
Commémoration du 20e anniversaire de l’assassinat de Rabah Aïssat : le FFS se recueille sur sa tombe
KABYLIE (TAMURT) – Le 12 octobre 2006, Rabah Aïssat, président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi Ouzou et élu du Front des forces socialistes (FFS), a été assassiné de trois balles dans un café situé non loin de son domicile, à Aïn Zaouia. Vingt ans après cet assassinat lâche, le souvenir de cet homme, très respecté en Kabylie, reste vivace. Même Hocine Aït Ahmed, pourtant son aîné, l’appelait affectueusement « Ra Babah ».
La vérité sur l’assassinat de Rabah Aïssat n’a jamais été établie publiquement, comme c’est malheureusement le cas dans plusieurs affaires d’assassinats politiques en Kabylie. « Da Rabah a été tué par la mafia du foncier de Tizi Ouzou. Les services de sécurité n’ont jamais mené d’enquête sérieuse. Les assassins, comme leurs commanditaires, n’ont jamais été inquiétés à ce jour. Même les responsables du FFS à Tizi Ouzou préfèrent encore se taire. Une chose est certaine : Da Rabah n’a pas été tué par des terroristes islamistes », affirme un ancien élu du FFS à l’APW de Tizi Ouzou, qui a travaillé sous sa présidence.
Ce vendredi, la direction nationale du FFS et plusieurs centaines de militants se sont recueillis sur la tombe de Rabah Aïssat, au cimetière de son village natal, Aïn Zaouia, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville de Tizi Ouzou.
« L’assassinat de Rabah Aïssat avait profondément affecté Hocine Aït Ahmed, selon ses proches à l’époque. À chaque décennie, le régime algérien lui arrachait l’un de ses proches collaborateurs », confie le même ancien élu.
Aujourd’hui encore, le nom de Rabah Aïssat résonne en Kabylie, bien au-delà des rangs de son parti, le FFS. Il est notamment à l’origine du concours du village le plus propre de la wilaya de Tizi Ouzou, organisé chaque année et qui porte désormais son nom.
Son engagement et son souvenir restent associés à cette initiative citoyenne, qui encourage les villages à préserver leur environnement et leur cadre de vie. Un héritage qui correspond à l’image d’un homme dont la simplicité, la proximité avec les citoyens et le dévouement restent gravés dans la mémoire de nombreux Kabyles.
Idir Yatafen
tamurt.info/algerie-quatre-a…
Algérie : quatre ans de prison pour un économiste qui a critiqué un projet minier !
ALGERIE (TAMURT) - Le tribunal de Dar El-Beïda, à Alger, a condamné ce jeudi 15 octobre 2026 le professeur d’économie et expert financier Djelloul Slama à quatre ans de prison ferme. Son tort : avoir remis en cause la rentabilité du projet minier de Gara Djebilet, présenté par les autorités algériennes comme un chantier stratégique pour l’économie nationale.
L’économiste est poursuivi sur le fondement de l’article 196 bis du Code pénal algérien, relatif à la diffusion volontaire de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte à l’ordre public. Les accusations portées contre lui évoquent également une entrave à l’investissement dans le but de nuire à l’économie nationale.
Les poursuites font suite à une intervention sur la chaîne privée El Hayat TV, en janvier 2026. Lors de cette émission, Djelloul Slama a exprimé ses réserves sur la viabilité économique de la mine de fer de Gara Djebilet, située dans la wilaya de Tindouf. Il a notamment soulevé des questions liées aux coûts d’exploitation, à la qualité du minerai, aux contraintes de transport et à la rentabilité des investissements engagés.
« Le projet a englouti 3,5 milliards de dollars. Sa rentabilité n’est pas assurée », a-t-il déclaré au cours de cette intervention.
Ces propos, qui relèvent de l’analyse économique d’un projet public majeur, ont déclenché une procédure judiciaire contre l’expert. Arrêté le 24 janvier 2026, Djelloul Slama a été placé en détention provisoire le 5 février par le juge d’instruction du tribunal de Dar El-Beïda. Son procès a été reporté à deux reprises pour des raisons de santé.
La critique économique sanctionnée par la prison
Cette condamnation illustre la pression exercée sur les voix critiques en Algérie, y compris lorsque celles-ci interviennent dans le débat sur les choix économiques du pays. Au lieu de répondre aux arguments de l’expert par des données, des études de rentabilité et un débat contradictoire, les autorités ont recours à la justice pénale.
Gara Djebilet occupe une place centrale dans la stratégie économique officielle. Les autorités présentent cette exploitation de minerai de fer comme un levier de développement industriel et de diversification de l’économie nationale. Mais l’importance stratégique d’un projet ne le soustrait pas à l’examen critique de ses coûts, de ses contraintes techniques et de ses perspectives de rentabilité.
En condamnant Djelloul Slama à quatre ans de prison ferme, la justice algérienne envoie un signal inquiétant aux économistes, aux universitaires, aux journalistes et à tous ceux qui entendent exercer leur droit de questionner les décisions publiques. L’expertise économique ne saurait être assimilée à une atteinte à l’ordre public simplement parce qu’elle contredit le discours officiel.
Cette affaire relance ainsi la question de la liberté d’expression en Algérie et de la place accordée au débat contradictoire dans la gestion des grands projets nationaux. La critique des politiques publiques est indispensable à la transparence et à la responsabilité des dirigeants. Elle ne devrait pas conduire à une lourde peine de prison.
La condamnation de Djelloul Slama suscite l’indignation de ceux qui dénoncent la criminalisation des opinions dissidentes. Elle rappelle que la liberté d’expression doit également protéger les analyses économiques qui dérangent le pouvoir, particulièrement lorsqu’elles portent sur des projets financés par des fonds publics.
Idir Yatafen
tamurt.info/lenieme-appel-de…
L’énième appel de détresse de Slimane Bouhafs
ALGÉRIE (TAMURT) – Slimane Bouhafs, militant kabyle chrétien qui affirme être victime de persécutions de la part des autorités algériennes depuis de nombreuses années, vient de lancer un nouvel appel de détresse. Il sollicite une protection internationale, craignant pour sa sécurité et sa santé.
Selon ses déclarations, il se trouve dans une situation particulièrement difficile et affirme ne pas être libre de quitter le territoire algérien. Il estime avoir déjà purgé les peines auxquelles il a été condamné en lien avec ses convictions religieuses.
« J’ai déjà adressé plusieurs demandes aux institutions nationales et internationales, mais je n’ai toujours pas obtenu de solution concrète. Je me sens abandonné face à une situation qui dépasse mes forces. Je suis profondément affecté par ce que j’ai vécu et par l’absence de réponse à mes appels répétés », écrit Slimane Bouhafs dans une déclaration publique adressée à la communauté internationale et aux instances des Nations unies.
Le militant kabyle dit ne plus savoir vers qui se tourner pour faire entendre sa voix. Il affirme se sentir livré à lui-même, malgré ses démarches répétées auprès de différentes institutions.
« Je ne demande aucun privilège. Je demande simplement de pouvoir vivre en sécurité, de recevoir les soins nécessaires et de retrouver ma dignité. Ma détresse psychologique est devenue extrêmement grave. Je vous demande de prendre mon appel au sérieux et de m’indiquer, dans la mesure du possible, quelles mesures concrètes pourraient être envisagées pour m’aider », écrit-il encore.
Aujourd’hui, Slimane Bouhafs affirme se trouver dans une situation de grande détresse. Il alerte également sur la dégradation de son état de santé et sur les risques qui pèseraient sur sa vue.
Face à cet appel, la question demeure : qu'attendent les institutions nationales et internationales pour intervenir ? Que l'irréversible se produise ? Pour Slimane Bouhafs, une réponse concrète et rapide est devenue urgente.
Idir Yatafen
tamurt.info/bgayeth-sapprete…
Bgayeth s’apprête à vivre au rythme de la 20e édition de son Semi-Marathon international
BGAYET (TAMURT) - La ville de Béjaïa sera au rendez-vous du sport et de la convivialité ce vendredi 16 octobre avec l’organisation de la 20e édition du Semi-Marathon international de Béjaïa, un événement devenu au fil des années l’une des compétitions de course sur route les plus prestigieuses et les plus populaires en Kabylie.
Organisée par le Semi-Marathon International de la Ville de Béjaïa, cette édition anniversaire devrait rassembler des milliers de participants venus des différentes régions de la Kabylie ainsi que plusieurs athlètes étrangers, confirmant ainsi le rayonnement international de cette manifestation sportive. Cette année encore, l’épreuve phare sera le semi-marathon sur la distance officielle de 21,098 kilomètres, un parcours homologué qui traversera les principales artères de la cité des Hammadites dans un décor mêlant mer, montagne et patrimoine urbain. Une course populaire de 7 kilomètres figure également au programme afin de permettre à un public plus large de prendre part à la fête. Avec près de 8 000 participants annoncés par les organisateurs, cette vingtième édition s’annonce comme l’une des plus importantes jamais organisées.
Au-delà de l’enjeu sportif, l’événement constitue un formidable vecteur de promotion touristique pour Béjaïa, mettant en valeur les richesses naturelles et culturelles de la région auprès des visiteurs et des médias. Les organisateurs ont également prévu des récompenses conséquentes destinées à attirer les meilleurs spécialistes de la discipline. Les vainqueurs des classements masculin et féminin bénéficieront de primes importantes, tandis que des récompenses seront attribuées dans différentes catégories d’âge, témoignant de la volonté d’encourager la pratique sportive à tous les niveaux. Vingt éditions après son lancement, le Semi-Marathon international de Béjaïa s’est imposé en Kabylie comme un rendez-vous d’athlétisme incontournable. Année après année, il a contribué à populariser la course à pied en Kabylie et à faire de Béjaïa une destination de référence pour les amateurs de sport et de grands événements populaires.
À quelques heures du départ, tous les regards seront tournés vers les rues de Béjaïa où coureurs, bénévoles et milliers de spectateurs s’apprêtent à célébrer ensemble la passion du sport, dans une ambiance qui promet d’être à la hauteur de cet anniversaire exceptionnel.
Lyes B.
tamurt.info/aguemoune-at-ame…
Aguemoune At Amer remporte la 4e édition du concours du village le plus propre de Bgayet
KABYLIE (TAMURT) - Le village d’Aguemoune At Amer, relevant de la commune de Thaourirt Ighil dans la circonscription d’Adékar, a remporté la 4e édition du concours des villages et quartiers les plus propres de Bgayet, en Kabylie, organisée par l’Assemblée populaire de wilaya (APW) sous le slogan « Pour une éco-citoyenneté participative ». La mobilisation citoyenne, qui repose sur une forte tradition kabyle d’entraide et de participation communautaire, a été l’un des principaux atouts du village dans cette compétition.
Cette distinction récompense les efforts consentis tout au long de l’année par les habitants, le comité de village et les associations locales pour préserver leur cadre de vie, améliorer les espaces publics et promouvoir les valeurs de solidarité et de civisme qui caractérisent la région. La cérémonie de remise des prix s’est déroulée, ce lundi 12 octobre, dans une ambiance festive marquée par des animations folkloriques et la présence d’élus, d’universitaires, d’acteurs associatifs et de nombreux citoyens venus célébrer les lauréats de cette édition. À l’issue des délibérations, le jury, composé d’élus, d’universitaires et de cadres de l’administration, a attribué la première place à Aguemoune At Amer, qui s’est distingué par la qualité de son environnement, l’entretien de ses espaces communs, la préservation de son patrimoine matériel et immatériel, ainsi que par l’implication remarquable de ses habitants dans les actions collectives.
Grâce à cette première place, le village a bénéficié d’une récompense financière de 5 millions de dinars, destinée à soutenir de futurs projets d’amélioration du cadre de vie et de développement local. Sur le podium, il devance le village de Ziwi (commune d’Akfadou), classé deuxième avec une dotation de 3,5 millions de dinars, et Ighil Ntala (commune d’Amalou), troisième avec une récompense de 2,5 millions de dinars. Pour les habitants d’Aguemoune At Amer, cette consécration constitue une reconnaissance du travail bénévole accompli depuis plusieurs années à travers des opérations de nettoyage, de fleurissement, d’entretien des infrastructures collectives et de sensibilisation à la protection de l’environnement. La mobilisation citoyenne, qui repose sur une forte tradition kabyle d’entraide et de participation communautaire, a été l’un des principaux atouts du village dans cette compétition.
📷
Cette victoire revêt également une dimension symbolique. Aguemoune At Amer avait déjà marqué l’histoire de ce concours en remportant la toute première édition organisée en 2020. Son sacre lors de cette 4e édition confirme la constance de son engagement en faveur de la propreté, de l’embellissement du cadre de vie et du développement durable.
À travers cette distinction, c’est toute la commune de Thaourirt Ighil qui est mise à l’honneur. Le succès d’Aguemoune At Amer illustre la capacité des villages kabyles à mobiliser leurs habitants autour de projets d’intérêt collectif et à faire de la préservation de l’environnement un véritable levier de développement local.
Aksil K.
tamurt.info/oran-61-ressorti…
Oran : 61 ressortissants marocains arrêtés, des accusations d’espionnage évoquées
ALGÉRIE (TAMURT) – Les services de sécurité algériens ont procédé, le 11 octobre dernier à Oran, à l’arrestation de 61 ressortissants marocains, accusés notamment d’être entrés illégalement sur le territoire algérien et d’avoir projeté de déstabiliser le pays.
Selon la version algérienne, les 61 ressortissants seraient arrivés en Tunisie par avion avant de rejoindre l’Algérie par des voies clandestines, avec l’aide présumée de réseaux de passeurs et de contrebandiers opérant dans la région frontalière d’El Kala. Ils seraient entrés sur le territoire algérien en petits groupes avant de se retrouver à Oran.
Les autorités n’ont pas communiqué, pour le moment, l’identité des personnes arrêtées ni fourni de précisions détaillées sur les éléments matériels qui leur sont reprochés. Selon les informations relayées par les médias algériens, les intéressés ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal d’Oran. Des accusations particulièrement graves, notamment d’espionnage et de terrorisme, sont évoquées.
Certains médias algériens avancent également l’hypothèse d’une opération liée aux services secrets israéliens, le Mossad, affirmant que le Maroc aurait accordé des passeports à des personnes travaillant pour ces services. Des photographies montrant les personnes arrêtées de dos circulent par ailleurs dans les médias algériens.
Silence du côté marocain
Présentée sous cet angle, l’affaire est susceptible d’avoir des répercussions sur les relations déjà tendues entre Alger et Rabat. Toutefois, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sans davantage d’informations, notamment sur l’identité des personnes interpellées, les faits qui leur sont précisément reprochés et les éléments retenus par la justice.
Du côté marocain, aucune réaction officielle n’est rapportée dans les informations dont nous disposons au moment de la rédaction de cet article.
Un journaliste marocain contacté par nos soins s’interroge sur la version relayée par les médias algériens. Selon lui, le scénario présenté soulève plusieurs questions, notamment sur le trajet qu’auraient emprunté les ressortissants arrêtés et sur la nature des accusations portées contre eux.
« Il paraît surprenant que 61 ressortissants marocains aient choisi de passer par la Tunisie pour rejoindre Oran. Il faut aussi se demander sur quels éléments reposent les accusations d’espionnage et de terrorisme. À ce stade, rien ne permet de conclure que les personnes arrêtées sont des agents secrets marocains ou israéliens », estime notre interlocuteur.
Le journaliste n’exclut pas que les personnes interpellées puissent être impliquées dans des activités de migration clandestine ou de passage de migrants vers l’Espagne, mais cette hypothèse reste, elle aussi, à vérifier.
Notre interlocuteur estime par ailleurs que la prudence s’impose avant d’interpréter cette affaire comme une opération d’espionnage. Il considère qu’une communication officielle plus détaillée permettrait de mieux comprendre les faits et d’éviter les spéculations susceptibles d’aggraver les tensions entre les deux pays.
Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions entre l’Algérie et le Maroc, notamment autour du dossier du Sahara occidental. Certains observateurs pourraient y voir un nouvel élément de crispation entre les deux pays, mais aucun lien de causalité ne peut être établi à ce stade entre ces arrestations et les développements diplomatiques attendus sur ce dossier.
En attendant d’éventuelles précisions des autorités algériennes et une réaction officielle marocaine, de nombreuses questions demeurent sans réponse. La présomption d’innocence doit également être respectée à l’égard des personnes arrêtées.
Idir Yatafen
tamurt.info/elections-locale…
Élections locales : le RCD en rangs dispersés
KABYLIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) traverse une période difficile et semble perdre du terrain en Kabylie. Après ses résultats décevants aux dernières élections législatives, à l’issue desquelles il n’a obtenu que quatre sièges, le parti aborde les élections locales, prévues le 28 novembre prochain, dans une position délicate.
À titre d’exemple, le RCD n’aurait réussi à confectionner que 28 listes dans la wilaya de Tizi Ouzou, considérée comme l’un de ses bastions historiques. Un chiffre qui, s’il se confirme, témoigne des difficultés rencontrées par la formation politique dirigée par Athmane Mazouz. Dans ce contexte, un nouveau recul électoral semble possible, alors que le Front des forces socialistes (FFS) apparaît mieux placé pour tirer son épingle du jeu en Kabylie.
Les raisons de l’affaiblissement du RCD sont multiples. La création du mouvement Assirem, associé à Saïd Sadi, a constitué un facteur supplémentaire de division. Selon certaines estimations, une partie importante des militants du RCD aurait rejoint ce nouveau mouvement. Toutefois, Assirem peine lui aussi à s’imposer durablement sur la scène politique.
Ces divisions ont contribué à fragiliser les deux formations. Ni le RCD ni Assirem ne semblent aujourd’hui en mesure de s’imposer clairement sur l’échiquier politique kabyle. À chaque échéance électorale, les deux camps risquent ainsi de se retrouver marginalisés, au grand dam de leurs militants, dont certains continuent d’espérer une réconciliation.
Cette situation pourrait profiter au FFS, régulièrement présenté comme l’un des principaux favoris en Kabylie. Le recul du RCD et les divisions au sein de son ancien espace politique constituent, en effet, une opportunité pour son concurrent historique.
Certains observateurs estiment également que le pouvoir algérien serait davantage disposé à composer avec le FFS, qu’ils jugent plus conciliant, tandis que le RCD conserve une posture d’opposition plus affirmée.
Le RCD est un parti qui a historiquement défendu la démocratie, la laïcité, la promotion de la langue amazighe ainsi que les droits humains et les droits des femmes. Son affaiblissement suscite donc des interrogations sur l’avenir de son courant politique en Kabylie. Il laisse aussi davantage d’espace à des listes indépendantes dont l’autonomie politique est souvent contestée.
Malgré ces difficultés, les militants du RCD ne semblent pas avoir renoncé. Certains continuent d’espérer redresser leur parti et préserver son ancrage politique en Kabylie. Reste à savoir si la formation pourra surmonter ses divisions et retrouver la confiance d’une partie de son électorat lors des prochaines élections locales.
Idir Yatafen
tamurt.info/a-ain-turk-les-c…
À Aïn Turk, les chrétiens de nouveau dans le viseur de la police algérienne
ORAN (TAMURT) - La communauté chrétienne de la wilaya d'Oran, en Algérie, dénonce une nouvelle intervention des forces de sécurité dans un lieu de culte à Aïn Turk, survenue le 4 octobre, un mois seulement après une opération similaire qui avait conduit à l'arrestation et à l'interrogatoire prolongé de douze fidèles. Plusieurs kabyles figurent parmi les personnes arrêtées.
Selon des informations rapportées par des membres de la communauté chrétienne locale, des policiers se sont rendus dans une église d'Aïn Turk le 4 octobre, suscitant une nouvelle vague d'inquiétude parmi les croyants. Cette intervention fait écho à celle du 4 septembre dernier, au cours de laquelle douze personnes avaient été appréhendées avant d'être soumises à de longs interrogatoires. Pour les chrétiens de la région, ces opérations répétées traduisent une pression croissante exercée sur les fidèles et sur les activités des églises. Plusieurs observateurs y voient également un signe de la persistance des restrictions auxquelles sont confrontées les communautés chrétiennes protestantes en Algérie et en Kabylie.
La situation s'est encore tendue, ce 04 octobre. En effet, une femme chrétienne a été conduite dans un commissariat où elle a été interrogée par les services de police. Selon des proches, cette audition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté, qui s'interroge sur les motifs de cette convocation et redoute de nouvelles mesures de harcèlement. Face à ces événements, des responsables chrétiens appellent les autorités algériennes à respecter pleinement la liberté de religion et de conscience garantie par les textes nationaux et les engagements internationaux du pays. Ils demandent également que les fidèles puissent exercer leur culte dans un climat de sérénité, sans crainte d'interventions policières ou de pressions administratives.
Ces nouveaux incidents, survenus à seulement un mois d'intervalle, renforcent le sentiment d'insécurité ressenti par une partie des chrétiens de la région d'Oran. Beaucoup espèrent désormais que des clarifications officielles seront apportées sur les circonstances de ces interventions et sur le traitement réservé aux personnes interrogées. Pour rappel, le régime algérien a procédé à la fermeture des églises protestantes en Kabylie, privant ainsi des milliers de croyants chrétiens de lieux de culte. A noter que la constitution algérienne stipule dans son article 2 que l’Islam est la religion de l’Etat.
Lyes B.
tamurt.info/elections-locale…
Élections locales à Vgayet : au FFS, les jeunes dénoncent la place accordée aux anciens
KABYLIE (TAMURT) – Fief historique du Front des forces socialistes (FFS) en Kabylie, la wilaya de Vgayet pourrait connaître des surprises lors des prochaines élections locales. Les premières contestations suscitées par la confection des listes électorales du parti concernent notamment la place accordée aux jeunes militants, dont plusieurs dénoncent la reconduction de figures politiques déjà présentes depuis de nombreuses années dans les institutions élues.
Pour une partie de la jeunesse militante du FFS, les listes établies pour les élections locales du 28 novembre prochain illustreraient la difficulté du parti à renouveler ses représentants. À leurs yeux, les anciens responsables continuent d’occuper les premières places, au détriment d’une nouvelle génération qui aspire à accéder aux responsabilités.
À l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Vgayet, Brahim Meziani, ancien sénateur et élu à cette même assemblée, figure de nouveau en tête de la liste du FFS, selon les informations recueillies. Ce choix suscite des critiques chez des militants qui espéraient un renouvellement des candidatures.
La situation est également dénoncée dans la région d’Ichalladhen, dans la daïra d’Akbou. Selon les témoignages recueillis, le parti n’aurait pas réussi à présenter de liste dans cette localité, ni dans la commune d’Akbou, pourtant considérée comme l’un de ses bastions historiques.
« Comment peut-on continuer à présenter les mêmes responsables alors que les jeunes militants sont écartés ? Je suis un jeune militant du FFS à Akbou et j’envisage désormais de voter pour le RCD. Nous en avons assez de ces pratiques », fulmine un militant qui exprime son désaccord avec les choix opérés par la direction du parti.
À Béjaïa, la candidature de Chabati, ancien député, à la tête de la liste pour la mairie suscite également des interrogations parmi ceux qui réclament un renouvellement de la classe politique locale.
À Aït Smaïl, c’est la candidature de Nacer Abdoun, ancien maire, ancien député et actuel élu à l’APW de Vgayet, qui alimente la contestation. Il briguerait ainsi un nouveau mandat à la tête de la commune, après plusieurs responsabilités électives exercées au cours des dernières décennies.
« Il a été maire, député et élu à l’APW pendant de nombreuses années. Qu’a-t-il réellement apporté à la région ? Le voir encore candidat est incompréhensible », déplore un jeune militant et étudiant d’Aït Smaïl, qui affirme avoir décidé de quitter définitivement le FFS.
Ces contestations illustrent un malaise qui semble gagner une partie de la jeunesse militante du parti dans plusieurs localités de la wilaya. Le maintien de responsables politiques déjà longuement présents dans les institutions nourrit les critiques de ceux qui réclament davantage de renouvellement, de transparence dans la confection des listes et une meilleure représentation des jeunes.
La polémique concerne également la représentation parlementaire du parti. Abdenour Derguini, présenté comme le chef du groupe parlementaire du FFS, entame un deuxième mandat de député. Son parcours et sa désignation à cette fonction font l’objet de critiques de beaucoup de militants. Les informations relatives à son parcours scolaire et aux conditions de sa désignation doivent tout de même être vérifiées.
Au-delà des candidatures individuelles, une question se pose : après plusieurs décennies de présence politique du FFS à Vgayet, quel bilan le parti peut-il présenter aux citoyens de la wilaya ? Les jeunes militants qui contestent les listes attendent des réponses sur le renouvellement des responsables, la gestion des collectivités locales et les résultats obtenus au bénéfice de la population.
À l’approche du scrutin, le mécontentement exprimé par certains militants pourrait ainsi mettre à l’épreuve la capacité du FFS à préserver ses positions historiques tout en répondant aux aspirations d’une nouvelle génération.
Idir Yatafen
tamurt.info/said-sadi-a-t-il…
Saïd Sadi a-t-il de nouveau quitté le pays ?
KABYLIE (TAMURT) – Rentré au pays en juillet dernier, après six longues années d’exil, Saïd Sadi aurait-il déjà repris le chemin de la France ? Selon des informations qui circulent dans son entourage, l’ancien responsable politique aurait quitté le pays la semaine dernière à destination de Marseille. Si certains de ses proches évoquent un simple déplacement de quelques jours, d’autres affirment que son séjour dans la cité phocéenne durerait déjà depuis près de deux semaines.
Ces informations, qui restent à confirmer, alimentent les interrogations sur la présence de Saïd Sadi en Kabylie, à un moment où son mouvement politique, Assirem, aurait besoin de son implication, notamment dans la perspective de la préparation des listes pour les prochaines élections locales.
« Je suis un élu d’Assirem et, au moment où nous avons besoin de l’aide de Saïd Sadi pour l’élaboration des listes électorales, on nous dit qu’il n’est pas là. Non seulement il est absent, mais même depuis la France, il est difficile à joindre. Ce n’est pas normal dans une période aussi cruciale que celle que nous vivons actuellement », confie un élu du mouvement.
Les interrogations autour du départ supposé de Saïd Sadi se multiplient ainsi au sein de son entourage politique. Son mouvement, Assirem, serait lui-même traversé par une crise interne. Plusieurs de ses membres fondateurs auraient déjà quitté le mouvement, tandis que l’absence et le silence de son principal dirigeant ne semblent pas contribuer à apaiser les tensions.
Le retour de Saïd Sadi en Kabylie, en juillet dernier, avait suscité de nombreux commentaires et fait naître des espoirs chez une partie des milieux démocratiques. Certains y voyaient la possibilité d’un nouvel engagement politique dans un contexte marqué par de fortes contraintes sur l’activité politique en Algérie.
Toutefois, les conditions dans lesquelles évoluent les formations politiques indépendantes et les militants démocrates continuent de susciter des inquiétudes. Dans ce contexte, la présence effective de Saïd Sadi auprès de ses partisans apparaît comme un enjeu pour un mouvement qui semble confronté à des difficultés internes.
En attendant une éventuelle clarification de l’intéressé sur la durée de son séjour en France et ses intentions politiques, des militants d’Assirem espèrent le retour rapide de leur dirigeant en Kabylie.
Idir Yatafen
tamurt.info/apres-boualem-bo…
Après Boualem Boualem, la disparition de Hamid Lounaouci ravive les interrogations au sommet de l'État algérien
ALGER (TAMURT) - Quelques jours seulement après la disparition de Boualem Boualem, directeur de cabinet du président algérien Abdelmadjid Tebboune, la Présidence algérienne a annoncé, ce jeudi 08 octobre, le décès d’une autre personnalité de premier plan. Il s’agit de Hamid Lounaouci, conseiller du président Tebboune, décédé à l’âge de 71 ans. La succession de ces deux pertes au sein du premier cercle présidentiel alimente les commentaires et les interrogations dans la classe politique et l’opinion publique.
La Présidence algérienne a annoncé, ce jeudi 08 octobre, la disparition de celui qui occupait depuis juin 2021 les fonctions de conseiller chargé notamment des organisations non gouvernementales et des questions liées aux droits de l’homme. Ancien député, ex-ministre des Transports et figure connue de la mouvance démocratique kabyle, Hamid Lounaouci avait traversé plusieurs étapes majeures de la vie politique algérienne.
D’abord militant au sein du Front des Forces Socialistes (FFS), puis cadre du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), deux partis politiques kabyles, il avait ensuite rejoint les institutions de l’État algérien avant d’être nommé conseiller présidentiel, au moment où la répression du régime algérien battait son plein en Kabylie. Cette disparition intervient dans un contexte particulier. Elle survient à peine trois jours après le décès de Boualem Boualem, figure influente de la Présidence et directeur de cabinet du chef de l’État, décédé le 5 octobre 2026, ce qui n’a pas manqué de susciter des interrogations.
En effet, l'enchaînement de ces deux décès en moins d'une semaine intervient dans un contexte marqué par des rivalités réelles ou supposées entre différents centres d'influence au sein du système politique algérien.
Sur les réseaux sociaux comme dans certains cercles politiques, plusieurs observateurs s'interrogent sur les conséquences de ces disparitions pour les équilibres internes du pouvoir algérien. Par ailleurs, perçu par des militants indépendantistes kabyles comme un relais du pouvoir central en Kabylie, on a reproché à Hamid Lounaouci notamment son silence lors de crises ayant touché la Kabylie, comme les incendies de 2021.
Arezki Massi
tamurt.info/deces-de-hamid-l…
Décès de Hamid Lounaouci
KABYLIE (TAMURT) - Le conseiller spécial du chef de l’État algérien, Hamid Lounaouci, 71 ans, vient de rendre l’âme à Alger, selon la presse algérienne. Originaire de Larbaa Nath Irathen, Hamid Lounaouci était un haut responsable du FFS, puis du RCD. Il a été nommé conseiller spécial auprès du président algérien Abdelmadjid Tebboune dès 2019.
« Hamid Lounaouci, à vrai dire, est chargé par la présidence algérienne du suivi des activités politiques en Kabylie », nous confie une source au Parlement algérien. Très discret, Hamid Lounaouci était néanmoins toujours proche d’Abdelmadjid Tebboune. Selon certaines informations, c’est lui qui aurait arrangé le retour de Saïd Sadi en Kabylie, l’été dernier.
Hamid Lounaouci était considéré comme un proche et un fidèle de Tebboune. Même durant les incendies qui ont ravagé la Kabylie, notamment Larbaa Nath Irathen, en 2021, il n’aurait soufflé mot et aurait préféré rester aux côtés du régime algérien.
« Il avait même des proches parmi les victimes de ces incendies, mais il a gardé le silence. Il n’a jamais défendu ni Larbaa Nath Irathen ni la Kabylie, ce qui a rassuré les décideurs, qui l’ont maintenu depuis à la présidence », nous précise un député kabyle de Michelet.
Par ailleurs, le décès de Hamid Lounaouci intervient quelques jours après celui de Boualem Boualem, décédé avant-hier dans un hôpital en Suisse. Ce dernier était le chef de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune.
Idir Yatafen
voir la video: tamurt.info/wp-content/uploa…
tamurt.info/algerie-deces-de…
Algérie : décès de Boualem Boualem, l'homme de l'ombre d'un système répressif
GENEVE (TAMURT) - Boualem Boualem, directeur de cabinet de la Présidence algérienne et proche collaborateur du président Abdelmadjid Tebboune, est décédé lundi 05 octobre dans un hôpital de Genève, en Suisse, où il recevait des soins médicaux pour une longue maladie, a annoncé la Présidence dans un communiqué officiel. Proche du chef de l'État et membre de son premier cercle, il aura été pendant plusieurs années l'un des principaux artisans du fonctionnement d'un système accusé par les organisations de défense des droits humains de réprimer les libertés politiques et citoyennes.
Magistrat de formation, ancien sénateur RND puis conseiller juridique de la présidence, Boualem Boualem accède progressivement au cœur du pouvoir avant d'être nommé directeur de cabinet de la présidence en 2024. Cette fonction, parmi les plus stratégiques de l'État, lui confère un rôle central dans le suivi des dossiers sécuritaires, institutionnels et politiques au sommet du régime. Son ascension coïncide avec une période marquée par le recul des libertés publiques en Algérie. Depuis l'essoufflement du mouvement du Hirak, des centaines de militants, journalistes, avocats et opposants ont fait l'objet de poursuites judiciaires ou d'incarcérations dénoncées par des ONG internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch. Ces organisations ont régulièrement accusé les autorités algériennes d'utiliser l'arsenal judiciaire et sécuritaire pour réduire au silence les voix dissidentes.
Conseiller juridique de Tebboune en 2020, il était l’un des artisans de l’article controversé 87 bis du code pénal, utilisé par le régime algérien pour incriminer le militantisme pacifique kabyle en faveur de l’indépendance de la Kabylie. Justement, la politique de répression menée par le régime algérien en Kabylie s’est accentuée après le classement du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) comme organisation terroriste, en mai 2021. Cette répression s’est traduite par des arrestations arbitraires de militants politiques kabyles - toutes tendances confondues - et des poursuites pour atteinte à la pseudo unité nationale et restrictions des activités politiques.
Arezki Massi
tamurt.info/elections-locale…
Élections locales : la direction du FFS impose des candidats corrompus !
KABYLIE (TAMURT) – Rien ne va plus au FFS. La confiscation des listes pour les prochaines élections locales, prévues le 28 novembre prochain, se prépare en dehors des sections du parti. Un parti présent essentiellement en Kabylie, ainsi que, dans une moindre mesure, dans l’Algérois au sein de la communauté kabyle.
Pour le premier secrétaire, Youcef Aouechiche, très contesté par une partie des militants, les candidats seraient triés sur le volet. Il choisirait ceux qui seront à ses côtés lors du prochain congrès.
Pour le fédéral de Tizi Ouzou, Klaleche, surnommé « El Hadj » par ironie par certains militants, ses détracteurs l’accusent d’être proche des services de sécurité et évoquent des scandales de corruption et de mœurs, sans que ces accusations ne soient établies ici. Selon plusieurs militants, il aurait imposé ses propres candidats dans les sections.
« El Hadj veut des élus à sa solde. Des élus avec lesquels il aurait droit à un pourcentage pour chaque projet accordé. Toutes les fiches techniques de l’APW passeraient par son approbation. Il veut maintenir cette politique pour le prochain mandat, quitte à sacrifier les militants honnêtes du FFS.
Par exemple, à Ath Yahia, où Hocine Aït Ahmed a vu le jour et où il repose en paix, figurez-vous que c’est le frère d’El Hadi Ould Ali, Ould Ali Khaled, que certains militants présentent comme un symbole de la corruption en Kabylie. Cette famille aurait toujours combattu le FFS du vivant de Hocine Aït Ahmed. C’est un scandale ! », regrette un militant du FFS de Michelet.
Toutes les sections du FFS à Tizi Ouzou et à Vgayet se plaindraient de candidats contestés, que la direction nationale aurait imposés.
« Les responsables du FFS savent qu’ils seront privilégiés par le pouvoir, qui leur accorderait la majorité des mairies en Kabylie afin de combattre les indépendantistes kabyles et les véritables opposants. Ils profiteraient donc de cette conjoncture pour remplir leurs poches. Les militants et les candidats honnêtes n’arrangeraient pas leurs plans ni leurs intérêts », analyse un élu du FFS qui a décidé de prendre définitivement ses distances avec le parti.
Idir Yatafen
tamurt.info/votre-silence-ne…
Votre silence ne nous effacera pas
ALGER (TAMURT) - En écoutant la dernière interview du président Abdelmadjid Tebboune, accordée samedi dernier à une presse « nationale » apprivoisée et assujettie, on a eu l'impression d'assister à la présentation d'une Algérie imaginaire : un pays où les principaux problèmes se résument à la spéculation, à la numérisation et aux équilibres économiques. Une Algérie paisible, unie, tournée vers l'avenir. Pas un mot sur les détenus d'opinion. Pas un mot sur les militants emprisonnés. Pas un mot sur la répression qui frappe les voix dissidentes. Pas un mot sur la Kabylie, sinon ce silence glacé auquel le pouvoir nous a habitués.
Depuis des décennies, le régime colonial algérien refuse d'affronter la question kabyle. Il préfère l'étouffer et la criminaliser. Il présente l'unité comme un dogme, exige l'adhésion mais refuse le débat. Le plus révélateur n'est pourtant pas ce qu'a dit le président algérien. C'est ce qu'aucun journaliste n'a osé demander. Où sont les libertés promises ? Pourquoi des citoyens sont-ils poursuivis pour leurs opinions ? Pourquoi la Kabylie continue-t-elle d'être traitée comme un problème sécuritaire plutôt que comme une réalité politique ?
Aucune de ces questions n'a franchi le mur du conformisme médiatique. Le président algérien a parlé longuement et tranquillement comme parlent les dictateurs qui savent qu'ils ne seront pas contredits. Face à lui, une presse réduite au rôle de figurante a accompagné le récit officiel sans jamais le mettre à l'épreuve. Le président algérien n’a pas été interrogé sur les détenus d'opinion. Personne n'a évoqué les poursuites visant des militants, des journalistes ou des acteurs de la société civile. Personne n'a demandé si la promesse d'ouverture politique formulée après 2019 avait réellement été tenue. Aucun journaliste n'a semblé considérer ces questions suffisamment importantes pour troubler la quiétude de Tebboune.
Toutefois, les prisonniers d'opinion majoritairement kabyles ne cessent pas d'exister parce que les journalistes inféodés à la junte militaire les ignorent. Les aspirations d'un peuple ne meurent pas parce qu'elles sont censurées. Car au fond, la question kabyle demeure la fracture la plus persistante pour l’Algérie, la plus vivante et la plus redoutée. Voilà pourquoi le pouvoir refuse de la nommer. Voilà pourquoi son silence est devenu un aveu. Le régime algérien peut choisir d'ignorer la question kabyle. Il peut éviter de la nommer, la réduire au silence ou la traiter comme un sujet interdit. Mais aucune question politique ne disparaît parce qu'elle est absente d'une interview présidentielle.
Tôt ou tard, parce qu'elle renvoie à une réalité historique, identitaire et politique persistante, la question kabyle s'imposera dans le débat national algérien. Et ce jour-là, le président de l'Algérie, quel qu'il soit, sera contraint non plus de l'ignorer, mais d'y répondre.
Lyes B.
tamurt.info/ferhat-mehenni-n…
Ferhat Mehenni nomme un ancien ministre israélien comme conseiller présidentiel
PAPRIS (TAMURT) – Le président du Gouvernement kabyle en exil (Anavad), Ferhat Mehenni, a nommé l’ancien ministre israélien des Communications et ex-député du Likoud, Ayoob Kara, au poste de conseiller présidentiel chargé des Relations internationales. Cette décision a été officialisée par un décret publié le 30 septembre 2026.
Selon le texte du décret, Ayoob Kara exercera cette fonction « à titre gracieux et bénévole ». Sa mission consistera à conseiller la présidence de l’Anavad sur les questions internationales et à établir des contacts diplomatiques susceptibles de soutenir la stratégie de reconnaissance internationale de la cause kabyle. Dans son décret, Ferhat Mehenni justifie cette nomination par la nécessité de « renforcer la diplomatie kabyle » et de promouvoir la reconnaissance internationale de la déclaration d’indépendance de la Kabylie proclamée par le mouvement ; le 14 décembre dernier.
Une personnalité politique israélienne expérimentée
Né en 1955 à Daliyat al-Karmel, près de Haïfa, Ayoob Kara est une figure politique connue en Israël. Membre de la communauté druze, il a été élu à la Knesset en 1999 sous les couleurs du Likoud avant d’occuper plusieurs fonctions gouvernementales, notamment celle de ministre des Communications entre 2017 et 2019. Au cours de sa carrière, il s’est investi dans plusieurs initiatives de coopération régionale et de dialogue au Moyen-Orient, notamment avec les Émirats arabes unis avant même la normalisation officielle des relations entre Israël et les Émirats.
Une orientation diplomatique assumée
Cette nomination intervient après plusieurs échanges publics entre Ferhat Mehenni et Ayoob Kara. Les deux hommes s’étaient récemment rencontrés à Paris lors d’un événement consacré à la cause druze. Leurs discussions ont porté sur les aspirations nationales de la Kabylie et du peuple druze. Pour le président de l’Anavad, l’arrivée de Ayoob Kara vise à donner davantage de visibilité internationale au dossier kabyle et à élargir les réseaux diplomatiques de son mouvement.
Une décision susceptible de susciter des réactions
La désignation d’une personnalité israélienne à un poste de conseiller présidentiel constitue une étape politique notable pour le mouvement conduit par Ferhat Mehenni. Dans un contexte marqué par l’absence de relations diplomatiques entre l’Algérie et Israël, cette nomination devrait alimenter les débats et les controverses autour de la stratégie internationale du MAK et de l’Anavad. Cette décision illustre également la volonté du mouvement de rechercher de nouveaux relais diplomatiques à l’étranger afin de soutenir ses revendications politiques. Cette nomination confirme ainsi l’orientation internationale poursuivie par Ferhat Mehenni, qui mise sur le développement de partenariats extérieurs pour porter la question kabyle sur la scène internationale.
Arezki Massi



















