5 000 £ en 1988.
1 007 050 £ en 2022.
Entre les deux, le propriétaire avait oublié qu'il possédait ce fût.
C'est un cas exceptionnel, pas un plan d'investissement.
Mais ça rappelle un truc : on parle toujours d'investir dans des bouteilles. Le marché des fûts existe aussi, avec ses propres règles. Stockage, évaporation, qualité du fût, réputation de la distillerie.
Mai 1988. Un expatrié en Écosse achète un fût de Macallan sur un coup de tête. 5 000 £.Le fût reste à la distillerie pour vieillir. Lui repart vivre sa vie.
10 ans. 20 ans. 30 ans. Il n'y pense plus. Le whisky, lui, continue.
En 1960, un Français buvait 100 litres de vin par an.
Aujourd'hui : 33.
Le produit ne s'est pas dégradé. C'est le discours autour qui n'a pas bougé d'un millimètre.
On a probablement la meilleure matière première narrative de toute l'industrie des boissons.Des familles sur six générations. Des domaines qui ont traversé le phylloxéra et deux guerres. Des successions, des trahisons, des millésimes mythiques.
Il vendait des bouteilles à 30 000 dollars aux plus grands collectionneurs américains.
Le FBI a découvert qu'il les fabriquait dans sa cuisine.
Et le plus fou, c'est la fin.
Il en purge sept, sort en 2020, se fait expulser vers l'Indonésie.
Et aujourd'hui, des milliardaires le paient pour refaire ses copies. Légalement, en dégustation comparative face aux vraies bouteilles.
Ils préfèrent souvent les fausses.


