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🇳🇱 L’immigration explique-t-elle l’effondrement de l’acceptation de l’homosexualité chez les adolescents néerlandais ?
Commençons par les chiffres du secondaire :
📉 Attitude positive : 59,1 % → 36,5 %
👦 Garçons : 40,3 % → 22,3 %
👧 Filles : 78,1 % → 51,3 %
🏫 Possibilité d’être ouvertement gay à l’école : 59,6 % → 44,9 %
Soit une chute générale de 22,6 points entre 2021 et 2025.
L’origine migratoire est bien associée à un écart. En 2025, dans l’échantillon réunissant dernière année du primaire et secondaire :
→ sans origine migratoire : 40,1 % d’attitudes positives ;
→ avec origine migratoire : 31 %.
Mais le HBSC constate une forte baisse dans les deux groupes.
Et le calcul est assez parlant : la part d’élèves d’origine migratoire dans l’échantillon du secondaire passe de 23,7 % à 28,4 %. En conservant les attitudes de 2021, cette évolution n’aurait fait baisser la moyenne que d’environ 0,5 point.
Pas 22,6 points.
☪️ La religion compte également : dans une enquête distincte, les réponses classées conservatrices sur la Journée violette atteignent 71 % chez les musulmans, contre 56 % chez les chrétiens et 36 % chez les non-religieux — avec un échantillon non représentatif et un indicateur différent.
Les écarts selon l’origine ou la religion sont donc réels.
Mais en faire la cause majeure du décrochage de 2021 à 2025 ? Les chiffres disponibles ne le permettent pas.
Sources : HBSC 2021 et 2025 ; Université d’Amsterdam, 2026.
🇳🇱 Aux Pays-Bas, l’acceptation de l’homosexualité recule fortement chez les ados de 12 à 16 ans.
📉 Chez les garçons scolarisés dans le secondaire, la proportion ayant une attitude positive est passée de 40 % en 2021 à 22 % en 2025 : presque divisée par deux.
Chez les filles, elle passe de 78 % à 51 %.
La visibilité à l’école recule également : seuls 45 % des élèves estiment désormais qu’un camarade gay ou lesbien peut parler ouvertement de son orientation sexuelle dans son établissement, contre 60 % en 2021.
Les chercheurs évoquent plusieurs pistes, notamment le climat du débat public, les réseaux sociaux et la diffusion de discours plus conservateurs. Aucune cause unique n’est toutefois établie.
Un signal à prendre au sérieux pour les écoles et pour la prévention des LGBTphobies.
🔗 stophomophobie.com/pays-bas-…
#PaysBas #Homosexualité #LGBT #LGBTQIA #Homophobie #LGBTphobie #JeunesLGBT #Adolescents #École #Égalité #DroitsLGBT #Prévention #LutteContreLesDiscriminations
🔎 « Les étudiants de Rennes 2 » ont voté le blocage… combien, exactement ?
📊 Le tweet évoque plusieurs centaines d’étudiants, pour une université d’environ 20000 inscrits. Cela représente quelques pourcents de l’effectif total.
De quoi bloquer un campus, manifestement. De quoi démontrer un soutien majoritaire dans l’université ? Beaucoup moins.
Une majorité en AG reste une majorité parmi les présents. Pour connaître l’avis des milliers d’autres étudiants, il faudra davantage qu’un titre en majuscules. 🗳️
🚨 ALERTE - Les étudiants REJOIGNENT les lycéens et bloquent Renne 2
La présidence de l’université Rennes 2 a indiqué SUSPENDRE les cours.
Plusieurs centaines d’étudiants de l’Université Rennes 2 ont voté le blocage de la faculté, en soutien à la mobilisation lycéenne et contre le décret concernant les droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires.
La réponse policière aux blocus lycéens est-elle discriminatoire ? C’est une question sérieuse. « Il suffit de le voir » ne suffit pourtant pas à y répondre. 🔎
Un lycéen a été blessé par un tir policier lundi : l’IGPN enquête. Et le Défenseur des droits documente, plus largement, des écarts de traitement selon l’origine perçue et la précarité. Ces faits justifient d’examiner les interventions de près.
Mais pour établir une répression raciste ou classiste dans ce mouvement, il faut comparer les réponses policières à des blocages et incidents comparables, selon les lycées.
La circulaire prévoit une intervention en cas de blocage total, après concertation avec la direction. On peut contester cette consigne. Quant au « sans précédent », la police est déjà intervenue lors de mobilisations lycéennes : 102 personnes ont été interpellées dans un lycée parisien en 2018.
Soutenir les lycéens n’oblige pas à transformer une hypothèse en fait établi.
La répression qui s'exerce sur le mouvement lycéen a des dimensions raciste et classiste évidentes. Il suffit de le voir pour s'en persuader. La circulaire demandant aux établissements de débloquer les lycées par la police est inique, sans précédent. Soutien total aux lycéens et lycéennes mobilisés.
100 000 travailleurs détachés dans le BTP : cela veut-il dire 100 000 emplois occupés en permanence ?
Non. Selon la Dares, environ 102 000 personnes sont intervenues au moins une fois dans la construction en 2024. En moyenne, 26 900 salariés détachés y étaient présents, soit un taux de recours de 1,7 %. 📊
Mélenchon a raison sur les cotisations : sous conditions, elles peuvent être versées dans le pays d’envoi. Mais le salarié doit percevoir au moins la rémunération française applicable à son activité.
La concurrence liée aux écarts de cotisations mérite un débat. Le chiffre de 100 000, à lui seul, n’en mesure ni le coût ni l’effet sur l’emploi.
Il y a 100 000 travailleurs détachés dans le secteur du BTP.
Ce statut permet de payer les cotisations sociales dans un autre pays que celui où la personne travaille. C'est de la délocalisation à domicile.
Nous mettrons fin à ce statut. Si les gens ont besoin d'employer des gens venus d'autres pays, il faudra payer les cotisations sociales en France comme tout le monde.
Deux populations séparées, l’une qui ferait « ZÉRO bébé », l’autre « plein » ? 📊 Les chiffres racontent une histoire moins commode.
En 2025, la France a enregistré 643 905 naissances. Pour 421 871 d’entre elles (65,5 %), les deux parents sont nés en France. Cela ne mesure ni leur couleur de peau ni leur religion.
Un écart de fécondité existe : parmi les femmes nées entre 1960 et 1974, les immigrées du Maghreb ont eu 2,82 enfants en moyenne, celles des autres pays d’Afrique 2,93, contre 1,9 pour les femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés. Mais l’Ined observe un rapprochement dès la génération suivante.
Et dans quelle « France » ranger les familles aux origines mêlées ? Parmi les descendants d’immigrés originaires d’Afrique, 51 % ont un seul parent immigré. Toutes origines confondues, 59 % des descendants d’immigrés vivant en couple ont un conjoint d’une autre origine. Ces chiffres ne mesurent pas le métissage ethnique, mais montrent combien l’image de deux blocs étanches est fragile.
Quant au « futur », l’Insee obtient entre 61,3 et 70,8 millions d’habitants en 2070 selon ses hypothèses de fécondité. Des scénarios, pas une prophétie. 🔎
Sources : Insee, Ined.
Peut-on déjà parler d’un basculement électoral… avant même d’avoir vu le sondage ? 📊
Le signal est potentiellement important : d’après cette annonce, même Édouard Philippe, testé comme seul candidat du bloc central, ne devancerait plus Jean-Luc Mélenchon.
Mais le sondage complet ne sera publié que lundi. Pour l’instant, nous ne connaissons ni les scores exacts, ni l’écart entre les candidats, ni les dates du terrain, ni l’échantillon, ni le détail des scénarios testés.
Et ces précisions peuvent tout changer : une égalité à 16 % n’a pas la même portée qu’un écart de plusieurs points.
Début septembre, Ipsos plaçait encore Édouard Philippe entre 19 % et 22,5 % lorsqu’il était testé seul, contre 15 % à 17 % pour Jean-Luc Mélenchon selon les différentes configurations.
Cela n’invalide pas cette nouvelle enquête : les instituts, les scénarios et l’opinion peuvent évoluer. Mais cela rappelle une règle assez simple :
📍 Un sondage constitue un point de mesure.
📈 Pour parler de dynamique, il faut encore une trajectoire.
Le résultat mérite donc d’être suivi de très près. Mais à cette heure, nous avons l’annonce d’un possible basculement — pas encore les données permettant de l’établir.
Rendez-vous lundi pour lire les tableaux, pas seulement le titre. 🔎
🚨🇫🇷 FLASH - Pour la première fois, aucun candidat du bloc central ne devance Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle de 2027. Même Édouard Philippe, testé seul, ne fait plus mieux que l’Insoumis, désormais en position d’accéder au second tour. (via @clement_mci)
Assiste-t-on vraiment à une « rechristianisation » de la France ? ✝️
Le rebond est incontestable :
📈 13 234 adultes baptisés en 2026, soit +28 % en un an et plus de trois fois plus qu’en 2016.
Mais l’autre courbe raconte une histoire bien différente :
📉 458 626 baptêmes d’enfants de 0 à 7 ans en 1990
📉 150 182 en 2024
➡️ soit une chute de 67 %.
La baisse de la natalité n’explique pas tout : entre 2010 et 2024, les naissances ont reculé d’environ 21 %, contre 47 % pour ces baptêmes.
On observe donc bien un réveil chez certains jeunes et adultes. Mais cela ressemble davantage à une recomposition du catholicisme — moins transmis, davantage choisi — qu’à une rechristianisation générale du pays.
🇫🇷✝️ FLASH | Les baptêmes d'adolescents et d'adultes connaissent une FORTE HAUSSE en France.
À Pâques 2026, 13 234 adultes ont été baptisés dans l’Église catholique, soit une hausse de 28 % en un an. Leur nombre a plus que triplé en dix ans, contre un peu plus de 4 100 en 2016.
Au total, près de 21 400 adolescents et adultes ont été baptisés cette année.
Mélenchon a-t-il vraiment franchi les 20 % ? 📊
Oui… si l’on laisse l’arrondi parcourir les 0,2 point restants.
Dans le détail, Cluster17 le mesure à :
→ 19,1 % avec Édouard Philippe candidat
→ 19,8 % avec Gabriel Attal
→ 19,6 % dans l’hypothèse Hollande
C’est objectivement un très bon sondage : Mélenchon est soit deuxième, soit à égalité statistique avec Philippe.
Mais le « total gauche historiquement haut, tiré par la dynamique insoumise » mérite quelques nuances.
Avec Philippe candidat, la gauche totalise 36,1 %.
Avec Attal, elle atteint 39,3 %.
Sur ces 3,2 points supplémentaires :
→ Glucksmann en gagne 2,2
→ Mélenchon seulement 0,7
Le meilleur total de la gauche vient donc surtout de la faiblesse d’Attal face à Glucksmann.
Et « historiquement haut » ? La gauche avait réuni environ 43,8 % au premier tour de 2012.
Enfin, ce sondage ne teste aucun second tour. La dernière enquête Harris donnait encore Le Pen gagnante face à Mélenchon : 67–33.
🔎 Bon sondage pour Mélenchon, qualification crédible. Mais le « cap historique » et la victoire relèvent encore davantage du récit de campagne que des statistiques.
Un cap est franchi.
Un sondage donne ce matin Jean-Luc Mélenchon à 20% au premier tour de l'élection présidentielle.
C'est excellent, et c'est le fruit d'un travail et d'une préparation intense.
Le total "gauche" est également historiquement haut, tiré par la dynamique insoumise. Le second tour est à notre portée, la victoire est possible.
Préparez-vous : nous allons l'emporter.
La laïcité interdit-elle au président de la République d’assister à une messe ? 🤔
Non.
La loi de 1905 impose la neutralité de l’État. Elle n’interdit nullement à un président ou à un élu d’assister à une cérémonie religieuse.
La distinction est simple :
→ assister officiellement : possible ;
→ prendre personnellement part au rite : non, lorsqu’on représente les pouvoirs publics.
Deux détails fragilisent encore le propos :
→ Emmanuel Macron avait assisté à la messe du pape François à Marseille en 2023 ;
→ cette fois, il sera officiellement représenté à la messe par le Premier ministre.
On peut préférer son absence. Mais il s’agit d’un choix politique ou protocolaire, pas d’une obligation juridique.
Confondre la neutralité de l’État avec l’évitement du religieux, c’est précisément… tout mélanger. 🔎
Sources : loi du 9 décembre 1905 ; Assemblée nationale, 4 février 2021 et 16 janvier 2025.
🔴🗣 Visite du pape : Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'assisterait pas aux messes du Pape lors de sa visite en France. Manon Aubry, eurodéputée LFI affirme qu'il s'agit "du respect strict de la laïcité". L'eurodéputée ajoute que "c'est bien de ne pas tout mélanger". #canal16
📊 5,5 millions de Français aidés ? Pas exactement.
Le mot important dans cette annonce est « pourront ».
Le précédent dispositif était ouvert à près de 3 millions de personnes. Au 3 septembre, seulement 1,4 million de demandes avaient été déposées, soit environ 47 % des éligibles.
On compare donc deux populations théoriquement éligibles, pas 3 millions d’anciens bénéficiaires à 5,5 millions de futurs bénéficiaires.
🔎 Pour toucher les 100 €, il faut notamment :
→ parcourir plus de 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km professionnels par an ;
→ utiliser un véhicule personnel thermique ou hybride non rechargeable ;
→ respecter le plafond de ressources calculé sur les revenus de 2024 ;
→ ne demander qu’une aide par personne et par véhicule.
🚗 En revanche, nul besoin de démontrer que la voiture est réellement indispensable : la distance lui sert de substitut.
Un salarié habitant à 16 km avec un train disponible peut être éligible. Un autre à 14 km sans aucun transport collectif peut ne pas l’être.
💶 Les « 40 centimes par litre » méritent également une précision :
100 € ÷ 250 litres = 40 c€/L.
Mais l’aide reste forfaitaire. Avec 500 litres consommés, elle ne représente plus que 20 c€/L.
Enfin :
5,5 millions × 100 € = 550 millions d’euros.
Or l’ensemble du nouveau paquet est annoncé à 450 millions, autres aides comprises.
La mesure est réelle et renforcée. Mais son efficacité se jugera sur le nombre de versements effectifs, pas sur le nombre maximal de personnes susceptibles d’en bénéficier.
📚 Sources : Gouvernement, Bercy et décret n° 2026-333.
Pour des millions de Français, prendre sa voiture pour aller travailler est une obligation. Ils ne peuvent pas subir seuls la hausse du prix des carburants.
D’octobre à décembre, nous doublons l’aide « grands rouleurs » : elle passe de 50 à 100 euros, soit l’équivalent de 40 centimes par litre.
Et nous l’élargissons : 5,5 millions de Français pourront désormais en bénéficier, contre 3 millions jusqu’ici.
Concrètement, elle sera accessible jusqu’à 2 050 euros par mois pour une personne seule, 4 070 euros pour un couple et 6 100 euros pour un couple avec deux enfants.
Une aide plus forte, pour davantage de Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.
🎓 Sur le papier, on protège les diplômés. En pratique, on risque surtout d’en rendre certains trop chers à embaucher.
📊 Avec le SMIC actuel de 1 867 € brut, ce barème imposerait déjà :
→ Bac+2 : 2 614 €
→ Bac+3 : 2 987 €
→ Bac+5 : 3 734 €
→ Bac+8 : 4 668 €
🤔 Prenons une PME qui recrute un commercial B2B :
• candidat A : BTS et cinq ans d’expérience commerciale ;
• candidat B : master en marketing et premier emploi.
Même poste, mêmes objectifs.
Selon ce barème, le salaire minimum du second serait pourtant supérieur de 43 % : 3 734 €, contre 2 614 € pour le premier — avant même les commissions.
Rien ne permet pourtant d’affirmer qu’il vendra 43 % de plus. Il pourrait même être moins immédiatement opérationnel.
Si l’entreprise dispose d’un budget maximal de 3 200 €, le diplôme du candidat Bac+5 ne lui apporte pas une augmentation : il lui interdit simplement d’accepter le poste.
📉 Ce n’est pas un cas marginal : 22 % des salariés sont « déclassés » au sens de l’Insee, c’est-à-dire plus diplômés que le niveau habituellement observé dans leur profession.
Un diplôme augmente les chances d’accéder à certains emplois. Il ne rend pas automatiquement son titulaire plus productif dans tous les emplois.
⚖️ Fixer un minimum selon la qualification du poste ? Les conventions collectives le font déjà.
Le fixer selon le diplôme personnel ? C’est parfois transformer le diplôme en barrière à l’embauche.
Et encore : ces calculs utilisent le SMIC actuel, pas le « SMIC plus haut » proposé.
1/6 ⛽ 2,29 € le litre de gazole : que paie-t-on réellement ?
On accuse spontanément le baril, les taxes ou les marges.
Pourtant, aucun de ces éléments n’explique seul le prix à la pompe.
Décomposons la facture, poste par poste. 👇
5/6 📉 Le baril est moins cher qu’en 2008… mais surtout en dollars
Brent :
→ 147,50 $ en 2008
→ 100,01 $ en 2026
→ soit −32 %
Converti en euros, l’écart tombe à environ −8 %.
Pendant ce temps, le gazole est passé, en valeur nominale, d’environ 1,50 € à 2,29 € le litre.
6/6 Ni les taxes seules. Ni le baril seul.
Un litre de gazole à 2,29 €, c’est :
→ 46,4 % de produit raffiné
→ 10,4 % de transport-distribution
→ 43,2 % de fiscalité
Le débat cherche souvent un coupable unique. La facture, elle, additionne plusieurs mécanismes.
Sources : DGEC, Reuters, BCE et EIA — septembre 2026.
📊 70,4 milliards de dollars de dividendes : mais que mesure réellement ce chiffre ?
Il est exact. L’interprétation l’est beaucoup moins.
Les dividendes comptabilisés sont ceux versés par des entreprises françaises, pas nécessairement issus de richesse produite en France.
🌍 Les grands groupes du CAC 40 réalisent l’essentiel de leur activité à l’étranger.
Et 50 % du capital des sociétés françaises du CAC 40 est détenu par des non-résidents.
Présenter ces 70,4 Md$ comme un « siphonage de la richesse produite en France » mélange donc trois choses différentes : le siège de l’entreprise, le lieu où ses profits sont réalisés et la nationalité de ses actionnaires.
Le chiffre mérite mieux qu’un raccourci.
Source : Janus Henderson / Banque de France.
Un économiste met en cause ma proposition de décréter un état d'urgence sociale. Il m'accuse de vouloir attenter aux libertés. Il ne propose rien, évidemment, pour répondre à la détresse sociale actuelle.
Pourtant, le moyen de faire face à la situation actuelle existe : blocage des marges et des prix, partage de la richesse produite. Car la crise sociale a son origine dans le siphonage de la richesse produite en France vers les dominants.
Les grandes entreprises françaises ont versé, au deuxième trimestre 2026, le montant de dividendes le plus élevé d’Europe, se classant au deuxième rang mondial derrière les États-Unis.
Les principales entreprises cotées dans l’Hexagone ont distribué 70,4 milliards de dollars à leurs actionnaires entre avril et juin. Qui menace l'ordre public social sinon les profiteurs de crise ?
💰 61 milliards d’euros de dividendes : que signifie réellement ce chiffre ?
Au deuxième trimestre 2026, les grandes entreprises françaises ont distribué 61 Md€ de dividendes.
🥇 1res en Europe
🥈 2es au monde derrière les États-Unis
Un chiffre spectaculaire, souvent présenté comme un symbole.
Mais que mesure-t-il réellement ?
👉 1 — Pourquoi autant de dividendes en seulement trois mois ?
Parce que le deuxième trimestre est traditionnellement LE trimestre des dividendes en Europe.
Les assemblées générales ont lieu au printemps et une grande partie des distributions annuelles intervient à cette période.
Au T2 2026 :
🇫🇷 France : 70,4 Md$
🇩🇪 Allemagne : 51,3 Md$
🇺🇸 États-Unis : 177,2 Md$
Et l’Europe hors Royaume-Uni a distribué à elle seule 242,3 Md$ sur le trimestre.
Le chiffre français est donc considérable, mais sa concentration sur avril-juin n’a rien d’anormal.
👉 2 — 61 Md€ versés par des entreprises françaises ne signifie pas 61 Md€ versés à des Français.
Les grands groupes français sont extrêmement internationalisés.
🌍 Plus des trois quarts de l’activité du CAC 40 est réalisée hors de France.
Et fin 2024, environ 50 % du capital des sociétés françaises du CAC 40 était détenu par des investisseurs non-résidents.
Une grande partie des profits est donc générée à l’étranger… et une partie des dividendes est également versée à l’étranger.
Le classement mesure avant tout la nationalité des entreprises qui versent, pas celle de leurs actionnaires ni l’origine géographique de leurs bénéfices.
👉 3 — Ces 61 Md€ ne correspondent pas uniquement à des dividendes ordinaires.
Bolloré représente à lui seul environ 4,2 Md€ de dividende exceptionnel.
Soit près de 7 % du total français.
Un seul événement exceptionnel suffit donc à gonfler sensiblement le chiffre du trimestre.
👉 4 — Et lorsqu’un dividende arrive chez un actionnaire français, tout ne reste pas dans sa poche.
Prenons le cas classique d’un particulier résident fiscal français détenant ses actions sur un compte-titres.
En 2026, ses dividendes sont soumis par défaut à 31,4 % de prélèvements :
💶 12,8 % d’impôt sur le revenu
🏛️ 18,6 % de prélèvements sociaux
Autrement dit :
100 € de dividendes bruts → 68,60 € nets dans ce cas de figure.
Le reste alimente les recettes publiques et sociales.
Et même les dividendes versés à certains actionnaires étrangers peuvent supporter une retenue à la source française — 12,8 % pour un particulier non-résident, sous réserve des conventions fiscales.
⚠️ Impossible pour autant d’appliquer simplement 31,4 % aux 61 Md€ : PEA, fonds, entreprises, investisseurs étrangers ou conventions fiscales répondent à des régimes différents.
📊 Alors, que nous dit vraiment ce record ?
Oui, les grandes entreprises françaises distribuent énormément de dividendes.
Mais ces 61 Md€ ne sont ni 61 Md€ prélevés sur l’économie française, ni 61 Md€ qui disparaissent à l’étranger, ni 61 Md€ intégralement empochés par des particuliers.
Une partie revient aux épargnants français.
Une partie rémunère des investisseurs étrangers.
Une partie est prélevée par la puissance publique.
Et surtout, ce record illustre une particularité française souvent oubliée :
🇫🇷 la France accueille le siège d’un nombre exceptionnellement important de multinationales de taille mondiale.
Parler de leurs dividendes, c’est donc parler d’entreprises françaises… mais d’une activité, d’un capital et d’actionnaires largement mondialisés.
Sources : Janus Henderson Global Dividend & Buyback Index ; Banque de France ; DGFiP.



















