O. Lesbre retweeted
C’est en fait le paradoxe de Tocqueville qui nous éclate à la figure.
Dans l’un des pays qui redistribue le plus au monde, le pays qui égalise le plus les conditions objectives d’existence, qui donnent le plus de chance à tous, qui donne culture, éducation et enseignement supérieur gratuitement à tous, qui respecte le plus les droits de l’homme, dans ce pays de cocagne donc, une part significative de la population est persuadée qu’elle vit dans un enfer d’injustices et de violences systémiques.
Comme l’avait très bien montré Tocqueville, plus il y a d’égalité, plus les inégalités qui restent deviennent insupportables. Notamment parce que la société méritocratique, par rapport à l’ancien régime fondé sur la naissance, a cela de terrible qu’elle rend les gens responsables de leurs conditions.
O. Lesbre retweeted
Lola-Fleur Whittaker et sa tartuferie, présentée hier sur LCI comme « créatrice de contenu politique ».
Son parcours, lui, est celui d’une intégration méthodique et sans aspérités.
• Lycée Camille-Sée,un lycée parisien sélectif, option internationale britannique.
• Licence de politique et relations internationales à Manchester, mention très bien, avec une spécialité consacrée à la lutte contre le capitalisme et un mémoire sur l’égalité dans le monde post-capitaliste.
• Elle prépare un double master à Sciences Po et à la London School of Economics pour mieux comprendre et améliorer les institutions européennes.
• Stage au Parlement français auprès d’une députée de La France insoumise.
Elle a été candidate sur une liste de La France insoumise dans le 15e arrondissement de Paris. Elle se déclare elle-même partisane de La France insoumise.
Elle dénonce le capitalisme, les institutions, la gouvernance européenne et le système. Elle le fait depuis un parcours scolaire et militant parfaitement calibré pour y entrer, y faire carrière et y exercer de l’influence.
C’est la définition même de la tartuferie : critiquer ce que l’on s’apprête à intégrer, en prenant soin de n’en rater aucune marche. 🤡
Tout cela est grotesque.
O. Lesbre retweeted
Quelques grilles de lecture classiques pour les analyses de la violence des dernières 48 heures que je n'ai pas encore vues beaucoup mobilisées.
A. Turchin, qui identifie au cœur du réacteur de la violence collective une alliance entre une contre-élite éduquée qui se sent trop peu bénéficiaire du système et veut donc le détruire, et des masses populaires énervées mobilisables.
Chez nous, ce fut une frange de diplomés déclassés qui manient un vocabulaire révolutionnaire radical, alliée de circonstances avec la partie la plus pulsionnelle des banlieues post-coloniales.
S'il n'y a que la contre-élite, il n'y a pas la masse pour faire fléchir le pouvoir, s'il n'y a que les masses populaires, il n'y a pas de transformation politique possible. C'est l'alliance des deux qui permet la révolution.
B. Élias bien sûr, qui en 1939 identifie deux mécanismes conjoints qui mènent à la violence collective :
1. La réduction des chaînes d'interdépendance.
2. La fin du monopole de la violence.
Concernant la réduction des chaînes d'interdépendance, globalement, on est moins violents envers les gens avec qui l'on a des des relations sociales. La relative insularité sociale et économique de certains groupes de banlieue (fort taux de chômage, repli communautaire, vie en bande) permet le déchainement de violence envers un monde jugé extérieur. De même le jeune diplômé est flottant, pas intégré dans le monde du travail, souvent déraciné de son milieu social d'origine. Bien souvent il peut vivre dans un milieu militant auto-référentiel.
Le monopole de la violence est contesté en banlieue par le narcotraffic, qui crée une brèche dans l'idée que la violence ne peut émaner que de l'état. Pour les diplômés déclassés, c'est toute la thèse de la contre-violence (Foucault), selon laquelle la violence d'état au service des puissants est structurellement illégitime et que seule celles des opprimés, qui est une résistance à l'oppression, est valable.
C. Sykes, Matza et Nagin qui analysent que pour passer à l'acte violent, il faut deux choses aux groupes :
1. La conviction que l'on ne sera sans doute pas puni (parce que quand même pas grand monde n'aime la prison)
2. Une auto-justification morale. (parce que pas grand monde n'assume d'être du mauvais côté)
En France me taux de condamnation est très faible (seulement 8% des vols et cambriolages sont élucidés), particulièrement quand il y a des effets de groupe qui rendent difficiles les attributions individuelles. C'est particulièrement vrai chez les diplomés déclassés, où par exemple sur les manifs du premier mai 2018, 1200 black blocs ont été recensés, 102 mis en garde à vue, 24 seulement condamnés (et parmi les condamnés, les plus diplomés ont fait deux fois moins de prison ferme que les moins diplomés.)
Ainsi un pilleur-casseur peut raisonnablement estimer qu'il n'a pas beaucoup de risques de payer les conséquences de ses actes.
La justification morale existe également dans les deux groupes. Côté banlieue, mécanisme de condamnation des condamnants (la France est raciste et discriminatoire, donc illégitime à juger), déni de victime (on ne pille que des lieux d'exploitation capitalistes, potentiellement tenus par des racistes) et appel à une loyauté supérieure (on ne vole pas, on obtient réparation pour les crimes du colonialisme).
Côté diplomés déclassés, mêmes mécanismes : déni du dommage (la seule violence condamnable est la violence policière), déni de victime (de toutes façpons les assurances paieront), condamnation des condamnants (l'état n'est qu'un outil d'oppression au service des puissants), et enfin appel à une loyauté supérieure (on se bat pour les opprimés et la justice sociale.)
Ainsi, avec ces grilles de lecture, on peut identifier les piliers à travailler pour affaiblir les violences :
A. Par Turchin, il faut neutraliser la contre-élite en la tenant responsable des débordements des masses populaires.
B. Par Élias, il faut attaquer de front les contestations institutionnalisées du monopole de la violence qui légitiment tout le reste, donc cibler black blocs et narcotraffiquants en priorité, et réintégrer des chaînes d'interdépendance longues (ne pas laisser au chômage ou hors du système scolaire de vastes pans de la société.)
C. Par Sykes, Matza et Nagin, il faut punir de façon systématique pour supprimer la présomption d'impuntié, et lutter pied à pied contre les justifications morales de la violence (en les considérant comme des facteurs de subversion idéologique et de destabilisation sociale.)
O. Lesbre retweeted
Préfectures attaquées, mairies pillées, commerces saccagés, policiers et gendarmes blessés : ce que la France vit depuis samedi n'est plus un débordement. C'est l'autorité de l'État qui est défiée, partout, en même temps.
La colère sociale est réelle, et ceux qui manifestent pacifiquement doivent pouvoir le faire. Mais rien n'excuse de piller, d'incendier ou de s'en prendre à ceux qui nous protègent. Les casseurs ne défendent aucune cause et prennent en otage les manifestants, les commerçants et les habitants.
Face à une violence diffuse, simultanée sur tout le territoire et qui risque de se poursuivre nuit après nuit, les moyens ordinaires ne suffisent plus. Je demande au Président de la République et au Gouvernement de réunir sans délai le Conseil des ministres pour déclarer l'état d'urgence, comme cela a été fait en 2005.
L'état d'urgence permettra aux préfets et aux forces de l'ordre d'agir avant, plutôt que de constater après :
•instaurer des couvre-feux et interdire la circulation dans les zones et aux heures à risque ;
•interdire les rassemblements susceptibles de dégénérer et fermer les lieux servant de base arrière ;
•assigner à résidence les meneurs identifiés comme une menace pour l'ordre public ;
•perquisitionner de jour comme de nuit pour saisir armes, mortiers et produits incendiaires ;
•renforcer les contrôles d'identité, de bagages et de véhicules dans les périmètres définis ;
•dissoudre les groupements qui organisent ou provoquent ces violences.
Ces mesures sont prévues par la loi, limitées dans le temps et placées sous le contrôle du juge et du Parlement. En 2005, elles avaient contribué au retour au calme.
L’état d’urgence est une première réponse qui devra déboucher sur une loi permettant d’intégrer durablement dans notre droit les dispositions necessaires à la lutte contre les casseurs et les pilleurs, comme la France a pu le faire pour lutter contre le terrorisme.
L'état d'urgence devra s'accompagner d'une réponse pénale ferme et rapide : comparutions immédiates, détention pour ceux qui ont agressé policiers, gendarmes, pompiers et élus, et responsabilisation des auteurs comme des familles des mineurs.
Les Français attendent de l'État qu'il les protège, par tous les moyens. »
Bruno Retailleau
Président des Républicains
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Tout élu qui donne un parrainage à Mélenchon pour la présidentielle cautionne ce qui s’est passé aujourd’hui.
#StopLFI
O. Lesbre retweeted
Hier, j’ai publié un post très virulent contre le RN et Marine Le Pen au sujet de leur position vis-à-vis de la République islamique en Iran.
Résultat : je n’ai reçu aucun message d’insultes ou de menaces en MP sur Instagram, et un seul commentaire insultant sur X.
Et pourtant, je sais que pas mal d’électeurs du RN nous suivent. Bien souvent, ils m’ont même écrit pour me dire qu’ils me donnaient raison de dénoncer.
En revanche, quand je publie un post pour dénoncer l’extrême gauche, je reçois un déferlement de haine et d’insultes, des menaces, et même des moqueries sur l’exécution de mon oncle, la mort de mon père et le massacre de mon peuple. Sans oublier les insultes racistes les plus ignobles.
Quand je vous dis que le plus grand danger pour la France se trouve à l’extrême gauche…
O. Lesbre retweeted
Le meilleur système de retraite à ma connaissance est le système néerlandais.
3 étages :
👉Un socle universel par répartition (AOW), financé par des cotisations sociales et l’impôt. La pension dépend principalement de la durée de résidence ou d’assurance aux Pays-Bas, et non des revenus antérieurs.
👉Une retraite complémentaire collective par capitalisation, organisée principalement au niveau des branches professionnelles. Employeurs et salariés cotisent à des fonds de pension qui investissent sur les marchés financiers.
👉Une épargne retraite individuelle facultative, permettant à chacun de compléter sa pension selon ses moyens et ses choix.
Ce système combine solidarité nationale, capitalisation collective et responsabilité individuelle.
Il permet de diversifier les sources de financement des retraites et de moins dépendre exclusivement de la démographie et des cotisations des actifs.
O. Lesbre retweeted
J'ai vu une Tesla décoller. Et j'ai entendu beaucoup de bêtises.
« Ça ne sert à rien. » « Gadget de milliardaire. » « Qui a besoin d'une voiture qui vole ? »
Personne. Et c'est exactement pour ça que c'est important.
En 1978, Brabham a aligné en Formule 1 une voiture équipée d'un ventilateur géant à l'arrière. Il aspirait l'air sous le châssis et plaquait la voiture au sol. Elle a gagné sa première course avec une avance insolente. Elle a été interdite immédiatement.
Quarante-huit ans plus tard, on y revient. Un système de succion qui colle la voiture à la route et lui permet de passer sous la seconde au 0 à 100.
Personne n'a « besoin » de faire le 0 à 100 en moins d'une seconde. Comme personne n'a besoin d'une Formule 1. Et pourtant : les freins carbone de votre berline, l'hybridation de votre moteur, l'aérodynamique de votre SUV, les palettes au volant — tout ça vient de voitures de course que personne n'utilisera jamais pour aller au travail.
La Formule 1 ne sert à rien. Pourtant elle sert à tout.
En 1973, quand la France a lancé Ariane, l'Europe sortait de onze échecs consécutifs du programme Europa. La presse parlait d'argent jeté dans l'espace. Vingt ans plus tard, Ariane détenait la moitié du marché mondial des lancements commerciaux, et chaque satellite de télévision, de météo ou de GPS que vous utilisez a bénéficié de cette obstination.
Le progrès a toujours la même tête au début : un truc inutile, cher, ridicule, construit par des gens qu'on prend pour des fous.
Ce que j'ai vu à Dallas, ce n'est pas une voiture volante. C'est un châssis, une gestion de l'énergie et une maîtrise des flux d'air que l'industrie automobile mettra dix ans à digérer.
Les applications viendront : sécurité, freinage, stabilité, consommation. Elles finiront dans des voitures ordinaires conduites par des gens qui expliqueront, en 2036, que tout ça était évident.
La question n'est jamais « à quoi ça sert ».
La question est : qui ose encore construire des choses qui ne servent à rien ?
Il y a cinquante ans, c'était nous. La fusée, le TGV, le Concorde, le Minitel.
L'Europe construisait des choses absurdes et magnifiques.
Aujourd'hui, on commente depuis le siège arrière car nous sommes hors course.
Merci @elonmusk de nous faire rêver
O. Lesbre retweeted
Dans les épisodes précédents de la saga des retraites, je vous ai raconté comment Rueff avait prédit le gouffre de la retraite par répartition et comment la gauche l’avait creusé.
Aujourd’hui : Sarkozy et Fillon tuent le seul fonds de retraite par capitalisation français… après que Jospin en a saboté les fondations.👇
L'histoire du financement de nos retraites en France ressemble à un drame en deux actes : l'idéologie d'un côté, le cynisme budgétaire de l'autre.
Et au milieu, les épargnants et les futurs retraités qui trinquent.
Au début des années 1990, il devient clair que le vieillissement démographique est une bombe à retardement.
En 1997, le gouvernement Juppé fait voter la loi Thomas : un cadre vraiment pionnier pour créer de vrais fonds de pension par capitalisation à la française. Le bout du tunnel est-il proche ?
Patatras ! La même année, la gauche gagne les législatives. Porté par la « Gauche plurielle », Lionel Jospin abroge immédiatement la loi Thomas. Motif ? La capitalisation serait un outil « spéculatif et antisocial ».
Pourtant, rattrapé par la réalité des chiffres, Jospin réalise 2 ans plus tard qu'il faut bien trouver de l'argent pour le papy-boom qui s'annonce ! Sur une idée de Dominique Strauss-Kahn, il crée le FRR (Fonds de réserve pour les retraites).
L'idée est d’accumuler 150 milliards d'euros d'ici 2020 grâce à des recettes publiques (privatisations, taxes) pour placer cet argent et créer un matelas souverain par capitalisation publique.
Sauf que les gouvernements (de gauche comme de droite) vont refuser de l'abonder à la hauteur des promesses.
Le gouvernement de Lionel Jospin commence lui-même à amputer les canaux d'alimentation qu'il avait promis :
l'État devait verser au FRR le produit des ventes d'enchères des licences de téléphonie mobile (estimées à des dizaines de milliards de francs).
Mais la bulle Internet ayant éclaté, et les recettes étant plus faibles que prévues, une partie des fonds est réaffectée au désendettement général de l'État.
Autre bévue : plutôt qu’adosser le FRR à des dotations budgétaires obligatoires et sanctuarisées, Jospin l’avait fait dépendre de de rentrées trop fluctuantes : un prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine, les excédents de la CNAV, une part de la taxe sur les salaires. Le FRR fait grise mine.
Sous la présidence de Chirac, les gouvernements Raffarin et Villepin arrêtent de l’alimenter pour privilégier l’endiguement du déficit et les baisses d'impôts sur le revenu.
Alors qu’il plafonne péniblement à quelques dizaines de milliards d’euros, Sarkozy et Fillon vont lui porter le coût de grâce.
En 2010, crise financière de 2008 oblige, les comptes sociaux sont dans le rouge vif. C'est le moment que choisissent Sarkozy et Fillon (avec Woerth aux Retraites) pour porter l'estocade finale.
Au lieu de protéger cette cagnotte censée servir à partir de 2020 face au choc démographique, le gouvernement transforme le FRR en distributeur automatique de billets pour éponger la dette de court terme.
Via la loi de finances de 2010, le FRR est condamné à verser 2,1 milliards d'euros par an à la CADES pour rembourser les déficits passés de la Sécurité sociale.
Tous les abondements futurs sont stoppés.
Le fonds, déjà sous-dimensionné et anémique, est vidé de sa substance. Le seul instrument de capitalisation collective publique de la France a été transformé en simple variable d'ajustement budgétaire.
Morale de l'histoire :
1. La gauche abroge les fonds de pension privés par pure posture idéologique (1997).
2. Elle crée une réserve publique mais oublie de l'alimenter suffisamment (1999-2002).
3. La droite vide la caisse pour régler ses urgences du moment (2010).
Pendant ce temps, la Suède a voté en 1998 un système mixte combinant répartition et capitalisation qui fait aujourd'hui l'envie de l'Europe entière.
Chez nous, il ne reste que des taxes, de la dette et des réformes de l'âge légal sous tension.
Hier je vous ai raconté comment Rueff avait prédit la bombe financière de la retraite par répartition.
Aujourd’hui je vous fais le récit des occasions manquées par notre pays pour désamorcer cette bombe.
Car oui, les comptes des retraites seraient équilibrés en 2026, sans subventions ni dette, si l’on avait réagi dans les années 1970-1980. Vous allez le voir, la gauche, et les Français eux-mêmes, y ont une responsabilité conséquente.
Le basculement a lieu quand le baby-boom prend fin en 1975, alors que l’espérance de vie augmente en parallèle. La bombe démographique prédite par Rueff est amorcée.
C’est là qu’il fallait agir : maintenir l'âge légal à 65 ans, puis l'indexer progressivement sur l'espérance de vie. La quasi-totalité du déficit aurait été résorbée sans avoir à augmenter les cotisations.
C’est le contraire qui a été fait.
Lorsque Mitterrand propose la retraite à 60 ans lors de la campagne présidentielle de 1981, Giscard d'Estaing et son camp dénoncent un « faux cadeau » financièrement irresponsable ; ils préviennent que cette mesure créera un gouffre financier abyssal.
Les Français choisissent le programme socialiste, plus appétissant, et l’âge légal passe de 65 à 60 ans en 1982. Première occasion manquée.
A la même époque, il fallait injecter une part de capitalisation comme le fera la Suède en 1994, avec un système mixte consacrant une part des cotisations sociales (2 à 4 % des salaires) à un fonds de souveraineté ou capitalisation obligatoire ou collective, investi dans des actifs mondiaux.
En plaçant ces sommes pendant 30 ou 40 ans à un taux de rendement moyen supérieur à la croissance économique, la France aurait accumulé un patrimoine de plusieurs centaines de milliards d'euros.
Sous le gouvernement de cohabitation de Chirac, avec Édouard Balladur au ministère de l’Économie, la droite tente bien d'introduire des mécanismes de capitalisation ; mais le projet est axé sur l'épargne générale plutôt que sur une réforme directe et globale des retraites.
La dissolution de 1988 et le retour de la gauche au pouvoir enterrent ces pistes. Nouvelle occasion manquée.
Mais voilà Rocard, conscient du risque lié au vieillissement de la population. Il commande en 1991 un « Livre blanc sur les retraites » ; le rapport pose noir sur blanc le bon diagnostic et évoque prudemment la nécessité de diversifier les modes de financement. Mais il n’ose pas institutionnaliser la capitalisation, un gros mot pour les socialistes.
Après l’élection de Chirac en 1995, Juppé propose un plan ambitieux pour les retraites : alignement du secteur public sur le privé, réforme des régimes spéciaux, allongement de la durée de cotisation générale.
Résultat : le pays est paralysé par des grèves de 3 semaines et le gouvernement recule.
Va-t-on être sauvés par la loi Thomas adoptée par le Parlement en en février 1997, sous le gouvernement d'Alain Juppé ?
Elle crée enfin un cadre juridique clair pour les fonds de pension d'entreprise en France, par capitalisation facultative et capitalisation collective.
Badaboum ! Les législatives de 1997 amènent la gauche au pouvoir.
Fidèle à ses promesses de campagne, le gouvernement Jospin abroge purement et simplement la loi Thomas dès son arrivée en 1997, estimant que la capitalisation menace le régime par répartition et présente des risques boursiers pour les salariés.
Paradoxalement, c'est ce même gouvernement Jospin qui, conscient de la bombe démographique, crée en 1999 le Fonds de réserve pour les retraites, tentative de constituer une épargne collective par capitalisation publique pour amortir le choc du papy-boom des années 2020.
Mais c’est trop tard, trop peu abondé, et ses ressources finiront par être détournées en 2010 pour rembourser la dette sociale de court terme.
Voici comment, de clientélisme en renoncement, de dogmatisme en paresse, nous avons raté tous les trains qui menaient à l’équilibre.
O. Lesbre retweeted
Should Europe leave frontier AI to the Americans and the Chinese?
The idea has gained ground in Europe. It is a fundamental mistake.
Build or surrender: for now, the choice is still ours.
Full article below.
O. Lesbre retweeted
Allez, dernier tour sur l’histoire des retraites des fonctionnaires. Le fait que celle-ci soit calculée sur les 6 derniers mois de salaire versus les 25 meilleures années pour le privé est source d’incompréhension.
Ou plutôt de “Lé FONctiOnèrES y SE GaveNT”.
Ce serait vrai si la base des revenus des fonctionnaires était calculée et progressait comme celle du privé.
Mais comme on dit chez moi “être fonctionnaire, ça eut payé”.
Le salaire des fonctionnaires est calculé sur ce qu’on appelle le point d’indice. Qui a été gelé il y a 15 ans pour faire des économies. Comme il fallait quand même un peu motiver les gens on a mis à la place des primes.
Alors ça n’a rien changé ?
C’est là qu’est l’astuce.
Les primes ne rentrent pas en compte dans le calcul de la retraite. Or les primes c’est en moyenne 1/4 des revenus des fonctionnaires. Donc la base utilisée pour calculer leur retraite est de 75 % de leur revenu.
Deuxième astuce moins connue, le point d’indice étant gelé, il progresse moins vite que l’inflation. Cela signifie que le traitement d’un fonctionnaire moyen dans ses 6 derniers mois est bien souvent inférieur, ajusté de l’inflation, à ce qu’il était 10 ans plus tôt.
Quand on calcule dans le privé sur les 25 meilleures années, on ajuste à l’inflation.
Donc pour les fonctionnaires, 1/4 de revenus en moins + érosion de l’inflation, ont un effet dépressif sur leurs retraites.
Assez pour compenser le différentiel de calcul 6 mois versus 25 meilleures années ?
La DREES a fait le calcul.
Si on prend tous les fonctionnaires (hors police, armée) nés en 1958, en moyenne leur retraite aurait été 1,5 % plus élevée avec les règles du privé (25 meilleures années, primes comprises) qu’avec celles du public. En moyenne, les fonctionnaires sont donc désormais perdants.
Ceux qui sont le plus perdants sont les fonctionnaires les plus modestes, ceux qui ont des salaires qui progressent peu et sont beaucoup payés à la prime.
La DREES estime que 62 % des fonctionnaires sont dans ce cas et seraient gagnants avec le calcul du privé, dont plus d’un tiers avec plus de 10 % de retraite en plus.
En revanche, les 32 % des fonctionnaires les plus favorisés, notamment les catégories A et ceux qui obtiennent des grosses promotions dans les dernières années de carrière, sont eux gagnants au mode de calcul du public.
Donc oui, il y a bien une injustice si l’on veut, mais elle est entre fonctionnaires riches et fonctionnaires pauvres, pas entre fonctionnaires et personnes du privé. Là c’est vraiment kif kif, et plutôt en faveur du privé.
Globalement on se rend compte que le fait de vivre dans un système opaque et trop complexe, fait que tout le monde soupçonne tout le monde d'être un privilégié.
Surtout dans une société de caste et de statut comme la France, cela crée des rancoeurs, de la défiance, et surtout, cela cache les véritables problèmes.
Ici, on peut se bercer de l'illusion que si on alignait le régime du public sur celui du privé, on résoudrait le problème des retraites.
Et non, ça coûterait ENCORE plus.
Il n'y a pas se secret, pas de magie. Il y a un trou de 137 milliards sur les retraites, et tout le monde est concerné.
Les grosses retraites comme ceux au minimum vieillesse, les fonctionnaires comme le privé.
On distribue 30% de pensions de plus que ce que l'on collecte, et ces 30% n'ont pas de bénéficiaires uniques. Toutes les catégories de retraités palpent.
C'est donc une réfome totale du système qui est nécessaire. Pas de bouc émissaire facile.
Le rapport DREES : drees.solidarites-sante.gouv…
Initialement tout le monde s’est emballé sur le fait qu’il manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste était équilibré par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai déficit.)
Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problème des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! »
Il a fallu corriger cette erreur d’appréciation, en montrant que si le régime public était déficitaire de 50 milliards, celui du privé l’était de 77 milliards.
Maintenant la nouvelle réaction est « hahaha peut-être que le régime privé est aussi déficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public l’est deux fois plus en proportion. C’est bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! »
Navré, mais il faut encore une fois corriger cette idée reçue. L’essentiel des 27 points d’écart n’a aucun rapport avec des avantages.
17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraité dans le public est très mauvais parce qu’il y a beaucoup de retraités La Poste et France Télécom alors qu’il n’y a plus d’actifs en face à cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours à des contractuels et donc à des gens qui cotisent pour le privé, que l’invalidité est payée par la Sécu pour le privé, donc n’apparaît pas dans son déficit, mais directement par l’État pour les fonctionnaires et apparaît dans le déficit, etc. etc.
Restent 10 points.
6 points sont des avantages anciens, qui n’existent plus, comme le fait pour les mères de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimé en 2010). Aujourd’hui le système de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point d’indice n’apporte plus d’avantage (rapport DREES) et hors métiers actifs (voir point suivant), l’âge de départ à la retraite est similaire entre public et privé.
Subsistent 4 points liés à des avantages de départ anticipé et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour l’essentiel à des métiers qui n’existent pas dans le privé : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc.
On peut très bien considérer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points d’écart entre les déficits des régimes privés et publics tiennent à des avantages encore en vigueur.
Et quand on dit « il faut aligner le régime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empêcher les militaires et les policiers de partir à la retraite plus tôt. Ça ne me paraît pas être une bonne idée, mais de toutes façons ce n’est pas ça qui comblera 137 milliards.
Le problème c’est tout le système. Ce serait beaucoup plus facile si le problème était aussi circonscrit.
La réalité est simplement que nous n’avons pas assez adapté notre système de retraite à notre démographie depuis 25 ans, et qu’en conséquence, nous avons un trou immense de 137 milliards que l’on comble en ponctionnant discrètement à droite à gauche et qui petit à petit grippe tout le système et crée des pénuries un peu partout.
O. Lesbre retweeted
"Nous avons avant tout un problème de recettes publiques."
Oui ça crève les yeux:
Replying to @gabriel_zucman
D’abord, coupons court à votre argument selon lequel il y aurait avant tout un problème de dépenses publiques : contrairement à ce qu’affirment un certain nombre de médias et de responsables politiques, nous avons avant tout un problème de recettes publiques.
Depuis 2017, le gouvernement a en effet choisi de réduire les rentrées fiscales : ce sont 2 points de PIB de recettes qui manquent à l’appel, soit 60 milliards d’euros par an.
C’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale qui s’est volatilisé.
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"coupons court", mais pas trop court.
Si on ne coupe pas le graphique à partir de 2017 on voit que la différence entre dépenses et recettes vient de loin et que les recettes on augmenté de 5% depuis 1990.
x.com/sc_cath/status…
O. Lesbre retweeted
Donc, 46 % des musulmans quitteraient la France si Marine Le Pen passait en 2027... Evidemment pour la gauche, ce serait un drame, mais pour le peuple Français, c'est déjà une immense clarification. Il faut poser les mots sur ce que la bien-pensance s'acharne à cacher : être Français et être musulman pratiquant, ce sont deux allégeances qui se télescopent et se contredisent.
Je dis ça en tant que patriote français d'origine kabyle. Même si je suis né ici en France et que je n'ai jamais vécu en Kabylie, mon histoire familiale me rappelle ce que signifie la pression de l'islamisation et comment elle a cherché à effacer les cultures d'origine là-bas. Alors voir ce même mécanisme s'installer doucement chez moi, en France, sous couvert de tolérance, c'est hors de question.
Il faut toujours le rabâcher : la France n'est pas un terrain neutre ou une page blanche. C'est une civilisation façonnée par des siècles de catholicisme, émancipée par les Lumières, laïcisée par la Révolution, et qui a mis la liberté absolue de l'individu au centre de tout.
En face, l'islam sunnite orthodoxe exige la soumission à un code religieux strict qui broie ces libertés individuelles et collectives. On ne parle pas de deux cultures qui peuvent cohabiter gentiment en se tenant la main, on parle de deux visions du monde diamétralement opposées.
La preuve absolue de cette fracture, on la voit dans leur rapport à notre politique. Normalement, un citoyen français vote selon les clivages traditionnels : la droite patriote, la droite molle, le centre, la gauche sociale, la gauche radicale... On débat d'économie, d'éducation, d'Europe, d'avenir national. Mais une immense partie des musulmans s'est totalement extraite de ce logiciel français.
Leur seule et unique boussole de vote, c'est le rapport des partis à l'islam et à l'immigration. En clair, ils ne se déterminent que par ce qui sort la France de son identité historique pour épouser celle de leur pays d'origine.
En agissant comme ça, ils se mettent d'eux-mêmes hors de la communauté nationale pour devenir une clientèle électorale unique, un bloc confessionnel monnayé par la gauche. Ils faussent notre démocratie.
Un individu qui choisit de calquer toute sa vie, ses idées et ses votes sur son appartenance à l'islam plutôt que sur l'intérêt collectif de la nation française et la fidélité à son histoire, il n'a fondamentalement rien à faire chez nous. Vivre ainsi, c'est se condamner à un tiraillement permanent, à un mal-être intérieur qui se traduit inévitablement par des tensions permanentes dans notre société.
Si la simple idée qu'un pouvoir patriote applique fermement les lois de la République et défende notre souveraineté pousse près de la moitié d'entre eux à vouloir plier bagage, c'est la preuve irréfutable que le séparatisme culturel est déjà là. La France, ça s'aime, ça s'adopte et ça s'honore sans conditions. Ceux qui ne l'envisagent que si elle se soumet à leurs exigences communautaires n'y trouveront jamais leur place.
En Kabylie, le poète et chanteur Lounès Matoub, assassiné en 1998, disait à propos des activistes arabo-islamistes qu’il combattait : "Avec eux, c'est l'incompatibilité totale, ils sont comme une poussière dans l'œil."
Depuis, cette même poussière s'est invitée en France.
O. Lesbre retweeted
Bernie Sanders says the top 1% owns more than the bottom 93%, that fewer than a thousand billionaires got $2.2 trillion richer last year, and that it's "obscene."
It's the most seductive and most wrong economic argument of our time. Let me explain why.
First, wealth distribution follows a power law. Always. Everywhere. Books, music, startups, followers on X, goals in soccer. A small minority captures most of the value. That's not a bug of capitalism. It's the mathematical signature of every system where value gets created.
So the only question that matters isn't "how big is the rich's slice?" It's "is the cake growing, and is the slice of the poorest growing with it?"
And the answer is yes. In 1990, more than one human in three lived in extreme poverty. Today it's about one in ten. During exactly the period when billionaires multiplied.
Bernie shows you the slice. He never shows you the cake.
Second thing he won't tell you: past a certain level, wealth stops being consumption. It becomes capital allocation.
Elon Musk isn't sleeping on a pile of cash. He owns stakes in Tesla, SpaceX, xAI. Jeff Bezos owns Amazon stock. That "$2.2 trillion" isn't sitting in a checking account. It's factories, rockets, data centers, millions of jobs. Nobody can eat $100 billion. You can only decide where to invest it.
Once you understand that, the whole debate changes. The real question becomes: who allocates capital better?
The people who built Amazon, SpaceX and Nvidia? Or politicians?
A 5% wealth tax isn't "taking money from the rich." It's taking investment decisions away from people who proved they can create value and handing them to people who proved the opposite.
Because the fundamental difference between an entrepreneur and a politician is consequences.
The entrepreneur invests his own money. If he allocates badly, he loses everything. The market corrects him brutally, no appeal. That's why most startups die: the system kills bad decisions.
The politician invests other people's money. If he allocates badly, nothing happens. Worse, he gets a bigger budget to "fix the problem."
Milton Friedman put it better than anyone. There are four ways to spend money. Your money on yourself: you care about price and quality. Your money on others: you care about price. Others' money on yourself: you care about quality. Others' money on others: you care about nothing.
Government is the fourth box. By design.
Perfect example: California high-speed rail. Approved in 2008 for about $33 billion. Current estimated cost: over $100 billion. Passengers carried: zero. No entrepreneur would have survived that. The politicians who pushed it built careers on it.
And when allocation has no consequences, it eventually finds a buyer. A politician who controls billions without accountability becomes the most profitable target in the world for anyone who wants to steer that money.
The irony is that the left that rails against billionaires is itself funded by billionaires. George Soros is one of the biggest Democratic donors in history. The Gates Foundation shapes public health policy across the planet.
Politicians don't fight billionaires. They pick their own. The ones who fund the state over the ones who compete with it.
So if we actually want fewer poor people, we have to stop judging ideas by their intentions and start judging them by their results. And the results are brutally clear.
China, 1978: Deng Xiaoping opens the economy to markets. More than 800 million people escape extreme poverty. The largest retreat of misery in human history. Not through redistribution. Through the freedom to build.
India, 1991: liberalization. Same movie.
South Korea and North Korea: same people, same language, same starting point in 1953. One became one of the most advanced economies on earth. The other has famines.
Poland and Ukraine: comparable living standards in 1990. Today the average Pole is more than three times richer than the average Ukrainian.
Argentina: a year and a half of liberalization, and the poverty rate falls from over 50% to around 30%.
No country in history escaped poverty by punishing the people who build. Every single one did it by letting them build.
And if you want to see what Bernie's program looks like in real life, you don't have to imagine it. It exists. It's called France. We've been running it for 45 years.
Mass nationalizations in 1981. Two years later, Socialist president Mitterrand has to reverse course into austerity.
Retirement at 60. The 35-hour workweek.
A wealth tax for 35 years. Hundreds of wealthy households left every year for Belgium, Switzerland, London, taking their capital, their companies and their future taxes with them. Macron finally scrapped it in 2018.
Hollande's 75% tax: raised a few hundred million, drove talent out, abandoned after two years.
One of the highest tax burdens in the OECD. Public spending around 57% of GDP, a record in the developed world.
Last balanced budget: 1974. Public debt: over €3.4 trillion. Mass unemployment for four decades.
If taxing the rich and growing the state made people prosperous, France would be the richest country on the planet.
It isn't. GDP per capita in France is barely more than half of America's. It's lower than Mississippi, the poorest state in the US. Not a single global tech giant. Our best engineers build Silicon Valley instead. I've been going back and forth between Paris and San Francisco for years. I see it every week.
And California is about to replay the movie. Prop 40, on the ballot November 3rd, would take 5% of billionaires' net worth. Even Gavin Newsom, a Democratic governor, opposes it. The state's own nonpartisan budget analyst warns that income tax revenue could drop every year if the wealthy leave. Larry Page, Sergey Brin and Peter Thiel have reportedly already started moving their assets out.
You don't fight poverty by shrinking the top. You fight it by growing the cake.
Bernie wants a society where nobody has too much. I want a society where nobody has too little.
The first has been tried everywhere and produces equality in stagnation. The second lifted a billion people out of misery.
Choose.
The top 1% owns more wealth than the bottom 93%.
1 man owns more wealth than the bottom 53% of households.
Less than a thousand billionaires got $2.2 trillion richer in the last year.
Obscene.
Yes. We need a 5% billionaire wealth tax in California and throughout America.
O. Lesbre retweeted
Initialement tout le monde s’est emballé sur le fait qu’il manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste était équilibré par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai déficit.)
Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problème des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! »
Il a fallu corriger cette erreur d’appréciation, en montrant que si le régime public était déficitaire de 50 milliards, celui du privé l’était de 77 milliards.
Maintenant la nouvelle réaction est « hahaha peut-être que le régime privé est aussi déficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public l’est deux fois plus en proportion. C’est bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! »
Navré, mais il faut encore une fois corriger cette idée reçue. L’essentiel des 27 points d’écart n’a aucun rapport avec des avantages.
17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraité dans le public est très mauvais parce qu’il y a beaucoup de retraités La Poste et France Télécom alors qu’il n’y a plus d’actifs en face à cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours à des contractuels et donc à des gens qui cotisent pour le privé, que l’invalidité est payée par la Sécu pour le privé, donc n’apparaît pas dans son déficit, mais directement par l’État pour les fonctionnaires et apparaît dans le déficit, etc. etc.
Restent 10 points.
6 points sont des avantages anciens, qui n’existent plus, comme le fait pour les mères de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimé en 2010). Aujourd’hui le système de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point d’indice n’apporte plus d’avantage (rapport DREES) et hors métiers actifs (voir point suivant), l’âge de départ à la retraite est similaire entre public et privé.
Subsistent 4 points liés à des avantages de départ anticipé et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour l’essentiel à des métiers qui n’existent pas dans le privé : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc.
On peut très bien considérer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points d’écart entre les déficits des régimes privés et publics tiennent à des avantages encore en vigueur.
Et quand on dit « il faut aligner le régime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empêcher les militaires et les policiers de partir à la retraite plus tôt. Ça ne me paraît pas être une bonne idée, mais de toutes façons ce n’est pas ça qui comblera 137 milliards.
Le problème c’est tout le système. Ce serait beaucoup plus facile si le problème était aussi circonscrit.
La réalité est simplement que nous n’avons pas assez adapté notre système de retraite à notre démographie depuis 25 ans, et qu’en conséquence, nous avons un trou immense de 137 milliards que l’on comble en ponctionnant discrètement à droite à gauche et qui petit à petit grippe tout le système et crée des pénuries un peu partout.
O. Lesbre retweeted
Alerte : le système de retraite français privé est tout aussi lourdement déficitaire que le régime public.
Hier un rapport de l'IGF a mis en évidence le réel déficit du système de retraite public. 50 milliards d'euros manquants chaque année, camouflés par des surcotisations comptables.
Beaucoup trop de gens en ont déduit que le problème des retraites était donc cantonné au public.
Oh que non.
Le régime privé des retraites lui est déficitaire de…. 77 milliards.
Comment ça se fait ?
- Pour camoufler le déficit du régime public, on ajoute des surcotisations sur les fiches de paie de fonctionnaires. 82 % pour l'État, 126 % pour les militaires. En réalité la norme comptable la plus propre devrait être de cotiser seulement 25 % - comme dans le privé - et de compter ce qui manque en déficit du système. Donc 45 milliards de surcotisations, 50 milliards de trou en tout.
- Pour le privé, c'est pareil, on compte les cotisations réellement versées par les actifs, ça fait 228 milliards. Or le privé verse 300 milliards de pensions, 305 avec les frais de gestion. Ça fait donc un trou de 77 milliards !
Ce trou est camouflé non pas par des surcotisations (pas possible de faire contribuer plus les entreprises sans les couler) mais par diverses subventions, affectations d'impôts et de la dette.
- c'est exactement le même principe que les surcotisations du public. On a un système prétendument par répartition qui verse beaucoup plus qu'il ne reçoit, donc on ponctionne discrètement tout le reste de la société pour combler le trou.
- Dans le cadre du public, ça veut dire que le coût des retraites se fait au détriment des budgets des ministères. Et que donc nous avons une justice et une école paupérisées malgré des budgets élevés. Dans le cadre du privé, ça veut dire que le coût des retraites se fait au détriment des actifs et des entreprises, taxés par la CSG et les impôts affectés (37 milliards), et du budget de l'État, qui rembourse 24 milliards d'exonérations de charges. Principalement, et aussi au détriment des familles et des chômeurs (17 milliards pris aux caisses famille et chômage) et de nos enfants, par la dette.
Voici ce qu'il s'est passé, tout simplement, et que pas grand monde n'a encore capté :
Le système par répartition aurait dû être ajusté il y a 25 ans. On aurait dû soit baisser les pensions, soit augmenter l'âge de départ à la retraite. Simplement parce que la population vieillissait massivement et que le nombre d'actifs par retraité diminuait.
Globalement tout le reste de la planète l'a fait sauf nous.
Comme aucun politique n'a eu le courage de le faire et que le peuple français a abondamment menacé de cramer le pays si quelqu'un le faisait, il n'y a jamais eu de vraie réforme.
Il a donc bien fallu trouver le pognon manquant quelque part.
Pour le public, ce fut les surcotisations, qui petit à petit ont bouffé une part énorme des budgets des ministères et qui expliquent que l'État semble à poil alors même qu'il dépense plus que jamais.
Pour le privé, ce fut les affectations d'impôts et les subventions, qui petit à petit ont fait exploser la pression fiscale et la dette et diminué le pouvoir d'achat des actifs et toute capacité d'investissement de l'État dans l'avenir.
Il n'y a pas de secret, on a laissé le poids des retraites exploser, on n'a jamais réformé, donc on a petit à petit sucé toute la sève vitale de ce pays.
L'impression qu'on n'a jamais assez d'argent pour rien en France, alors qu'on paye masse d'impôts, de taxes et de cotisations tout le temps ? On se demande tout le temps où passe tout l'argent ? La réponse est simple : dans les retraites.
Le COR qui dit que le déficit n'est que de 5 milliards ? Ce n'est qu'un artifice comptable.
La réalité nue est que chaque année nous dépensons 420 milliards pour les retraites et ne collectons que 282 milliards de cotisations.
Les 137 milliards manquants sont grattés sur le reste de l'économie, par une tuyauterie fiscale complexe, nous mettant ainsi tous en difficulté.
Pourquoi tout cela est-il caché ?
Parce que les retraités étant le premier électorat de France, absolument aucun politique n'a envie de s'attaquer au sujet.
Parce que chaque fois qu'un politicien a essayé, il a perdu ou failli perdre son poste.
Alors on camoufle.
Jusqu'au moment où le pays devient trop dysfonctionnel pour continuer à camoufler.
Nous y sommes.
C'est pour cela que la vérité sort enfin aujourd'hui.
(J'ai fait quelques graphes pour illustrer le problème.)
O. Lesbre retweeted
Qui avait la responsabilité de faire la mise à jour du firmware Danfoss ?
En théorie, trois acteurs pouvaient la faire. Danfoss, qui a développé le firmware R4.3.1 et qui dispose potentiellement d’un accès à distance aux contrôleurs via sa plateforme cloud Alsense. Le sous-traitant frigoriste (Axima et d’autres) qui a installé le contrôleur, qui détient les identifiants d’accès, qui connaît le système et qui le maintient dans le cadre d’un contrat de service. Et le directeur du magasin, qui est propriétaire ou locataire de l’équipement.
En pratique, aucun des trois n’avait de raison suffisante de le faire. Le directeur du magasin ne sait même pas ce qu’est un firmware, et son contrôleur frigorifique n’est pas dans le périmètre de son service informatique. Le frigoriste a un contrat de maintenance qui couvre le fonctionnement du froid : les températures, les cycles de dégivrage, les pannes mécaniques. Il n’a pas, sauf clause spécifique, de mandat pour la cybersécurité de l’équipement, et une mise à jour firmware comporte un risque de dysfonctionnement qui le rendrait responsable d’une interruption de la chaîne du froid. Appliquer un patch dont personne ne lui demande l’application, et qui pourrait causer un problème dont il serait tenu pour responsable, ce n’est pas de la négligence, c’est un calcul rationnel. Quant à Danfoss, l’entreprise a publié le correctif, émis un avis de sécurité, et recommandé la mise à jour. Elle a fait ce que le cadre actuel lui demande de faire.
Chaque acteur a fait ce qui était raisonnable dans son périmètre. Personne n’a commis de faute caractérisée. Et le résultat, c’est des millions d’euros de marchandise détruite dans trois pays.
Même en aviation, les mises à jour logicielles sont un casse-tête. The Air Current révélait le 3 octobre que les compagnies aériennes américaines refusent d’installer la dernière version du logiciel de gestion de vol du 737 Max parce qu’elle introduit de nouveaux bugs. United Airlines a même rétrogradé vers la version précédente. Mais la différence, c’est qu’en aviation, la FAA prépare une consigne de navigabilité obligatoire pour forcer la mise à jour, avec un délai de conformité pouvant aller jusqu’à 54 mois. Le mécanisme est lent, imparfait, contesté. Mais il existe. Au bout du processus, la mise à jour sera obligatoire, et si une compagnie ne l’applique pas, l’avion ne vole plus.
Pour Danfoss, le firmware R4.3.1 était disponible depuis 2025. Aucun délai de conformité n’a jamais commencé à courir, parce qu’aucune autorité n’a jamais eu le pouvoir d’en fixer un.
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Why U.S. airlines balked at adopting Boeing’s latest 737 Max software versions - theaircurrent.com/aviation-s… via @theaircurrent
O. Lesbre retweeted
⚡ INSOLITE — « J’ÉTAIS TRÈS, TRÈS À GAUCHE »
Louise Montangon raconte sur Europe 1 comment son entrée dans le monde du travail a bouleversé ses convictions politiques.
🗣️ « J’étais très, très à gauche. »
🗣️ « C’est un sacré choc. »
Elle évoque notamment sa découverte de certaines réalités liées aux aides sociales.
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