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Elle sait nommer ce qu'elle voit mais pas en #francais Le système éducatif va en déduire qu'elle est nulle alors qu'elle a le même niveau de connaissance que la fille qui va dire Bras au lieu Loxo! C'est comme cela qu'on brise l'avenir d'un pays aussi. #Senegal #kebetu #education
🇸🇳 Hymne des langues, langues de l’hymne et cure-dent !
Jarbaat togolaise des USA, dont rien que le nom, «Nénonéné», est phonologiquement de la poésie en langue éwé, avant de lire ce post, va d’abord zieuter la première photo ! Si tu as obéi et bien scruté, tu dois bien te demander pourquoi Nijaay a photographié un cure-dent coincé derrière une oreille ! Explication au septième paragraphe, avec en prime – cela vous intéresse, bande de jarbaat espiègles – les résultats de ma dictée en wolof !
En fait, j’étais, dimanche 18, au «Bésu làmmiñi réw mi», autrement dit la «Journée des langues nationales», à la belle Foire internationale du livre de Dakar. Pour la réussite de cet événement, il a fallu, sous l’égide du ministère de la Culture, une alliance entre Ejo-Édition, fondée par l’écrivain Boubacar Boris Diop, l’Organisation sénégalaise d’appui au développement (OSAD) de la linguiste Aram Fall, l’Union des écrivains sénégalais en langues nationales (UESLAN), dirigée par Adramé Diakhaté, et l’Association Fonk Sunuy Làmmiñ (FSL), dont je suis le membre le moins utile (et qui n’a jamais cotisé) !
Et cette journée m’a plu pour au moins deux raisons : elle a été l’occasion de deux attitudes iconoclastes – et ça, j’adore ! – mais aussi d’un hommage à Babacar Mbaye Ndak, qui a beaucoup soutenu le travail de ma jarbaat linguiste, héritière de votre Maam Paate !
L’hommage a été rendu par Marouba Fall, à travers un poème qui donne à « voir » Baabakar Mbaye Ndaag. Ce fut un hommage intensément sobre, devant un public qui ne voue que du respect à ce grand intellectuel qui incarnait toutes les valeurs positives du Sénégalais, dont le désintéressement absolu.
Sa fille aînée a parlé de son père comme d’un homme qui a donné sans rien attendre en retour. Il fut dit que, lorsqu’on cherchait à atteindre un objectif, Babacar était celui qui dépensait et se dépensait le plus et que, lorsque l’objectif était atteint, il était toujours celui qui se servait le moins ! Une jolie image a été donnée à la famille, avec cette belle et véridique inscription : «Jàmbaar ci làmmiñi réw mi».
Et cet événement fut aussi un hymne aux langues grâce à l’hymne national chanté, par ordre alphabétique, en pulaar, en sereer et en wolof, les langues de l’événement. Mais nak, sans parti pris, l’hymne en sereer « casse plus le cœur », comme on dit (toj xol) 😃.
Alors nous voilà au septième paragraphe ! Mais avant le cure-dent, parlons de la première attitude iconoclaste avec « Léele ». Cette chanson est toujours chantée assis, avec une guitare monocorde. Or, Ngary Laww, avec sa belle voix, a osé la chanter debout, sans un instrument à cordes ! Mais que c’était beau à écouter malgres ceux deux violation du code !
Et le cure-dent ? Eh bien, cette journée a été l’occasion de lire (« dawal » en wolof) des extraits de livres ou de poésie dans les trois langues nationales. Pour le sereer, Màdd Saajo a lu un conte ! Mais, en bon Sereer, il a rappelé qu’il était interdit, chez les Sereer, de dire un conte en plein jour pour ne pas mécontenter les Esprits! À moins de porter un bout de bois ! Et le gars était venu avec un paquet de cure-dents, me semble-t-il, pour nous sauver de la colère de Rog !
Je n’ai pas respecté la consigne, considérant que cela ne concernait que les Sereer ou les gens comprenant le sereer ! La dame assise devant moi, avec son cure-dent, en rigolait bien, tandis que Saajo déroulait son conte.
La partie la plus amusante a été la dictée en wolof ! Je me suis laissé prendre au jeu, mais, jarbaat, tu ne sauras pas le nombre de fautes que j’ai faites. Disons 10 % des mots !
Voici la dictée :
Ubbite lekool yi ak mbënn mi
Ci altiney tey ji la lekooli Senegaal yi ubbi. Keroog alxames, di juróom-ñetti fan ci weeru oktoobar la waroon a ubbi. Waaye mbënn mee taxoon ñu bëtal ko. Lekool yu bari dañoo taa woon ; te ba léegi sax, am na yoo xam ne ndox mi jógeegu fa.
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Mody Niang : la terre de Koki pour une vérité inaltérable
La terre de Koki protège depuis hier, comme il l’avait souhaité de son vivant, son fils Mody Niang.
« Je serais rassuré si je reposais ici, où l’on entend résonner continuellement les versets du Coran », avait confié Mody Niang à des personnes dont il se savait suffisamment proche pour leur révéler ce souhait.
Mody avait refusé les honneurs et les ors de la République au lendemain de la première alternance politique, en 2000. Il avait renoncé aux privilèges, préférant son salaire d’inspecteur de l’éducation à la retraite aux émoluments de l’OFNAC, pour préserver son indépendance, l’honneur et l’intégrité des personnes qui lui étaient proches.
Il a été enseignant toute sa vie, avec une classe aux dimensions d’une nation dont il scrutait les tares pour contribuer à les corriger. Infatigable, d’une minutie et d’un courage admirables, il n’a jamais relâché sa traque de la corruption.
En fait, avec ces psalmodies permanentes du Coran qui parviendront jusqu’à son lieu de repos, notre ami Mody a finalement trouvé ce qu’il avait recherché toute sa vie terrestre : une vérité inaltérable, insensible aux circonstances et aux turpitudes de l’être humain.
Repose en paix Mody.
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🇸🇳🇫🇷17 octobre 1961 : Jumelage Diourbel–Avignon
Quand Mamadou Dia voulait faire des jumelages une arme contre la guerre froide
Où en est le jumelage entre Diourbel et la ville française d’Avignon, célébré il y a exactement 65 ans ? Sur le site officiel d’Avignon, Diourbel figure toujours dans la liste des sept villes jumelles, à la troisième place. Comme quoi, les liens tissés depuis 65 ans n’ont pas complètement disparu !
Ce jumelage avait été célébré le 17 octobre 1961, en présence de Mamadou Dia, alors président du Conseil et maire de Diourbel. À cette occasion, il expliquait le choix d’Avignon comme « l’expression de la souveraineté et des liens plus que centenaires qui ont fait épouser au Sénégal la culture française ».
Et de conclure : « La communauté, pour nous, c’est la libre coopération entre deux États souverains et amis. »
Mais jarbaat voici une découverte intéressante qui en dit long sur la qualité des discours de ns gouvernements de l’époque !
De longs extraits du discours de Mamadou Dia seront reproduits dans le Journal officiel de la République française du 7 novembre 1961, qui rapporte les débats de l’Assemblée nationale du 6 novembre !
Le député André Davoust s'en servira, devant le ministre français des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville, pour plaider en faveur d'une coopération entre les peuples et les collectivités locales, préfigurant ce qu'on appellera plus tard la coopération décentralisée.
Le député citera longuement celui qu'il présente comme « un grand Africain qui préside actuellement le gouvernement d'une jeune république noire ».
Et de reprendre les paroles de Mamadou Dia :
« À cet égard, l'Afrique a pleinement conscience des valeurs originales dont elle est le dépositaire. Elle sait qu'elle a beaucoup à recevoir, mais aussi qu'elle peut beaucoup donner, pour contribuer à l'achèvement d'une civilisation de l'universel dont les insuffisances sont aujourd'hui manifestes. C'est pourquoi, en se jumelant, les villes du Sénégal entendent bien jouer pleinement le jeu de la coopération réciproque dans le respect de la personnalité propre de chaque partenaire. »
Le président du Conseil du Sénégal et maire de Diourbel décline ainsi sa vision : « Le jumelage, parce que transnational, transcontinental, est bien l'instrument du dialogue et de la coopération entre les peuples. Il est le fondement rationnel d'une action qui dépolitise les rapports internationaux. Par là, il est seul capable de liquider certains ostracismes, de réduire les antagonismes des blocs et d'éliminer les germes de la guerre froide. À ce titre, les mondialistes de tous les pays, les hommes de paix de tous les continents lui doivent appui. C'est pourquoi également l'Organisation des Nations Unies et ses différentes institutions ne peuvent pas ne pas le prendre sous leur aile protectrice pour en assurer le rayonnement. »
Bon, jarbaat, si le député français s'est donné la peine de citer encore plus longuement Mamadou Dia, ce n'est quand même pas pour que je reproduise ici tout son discours ! 😄
Ay waay ministres et députés de 2026, faites des discours comme ça nak vous aussi ! (Bon y en déja eu de tres bons je dois dire. Je ne cite pas car c'est subjectif et un certain discours, je suppose la main d'une de vos Bajaan Mbodj Sall !
Et depuis, que sont devenues les relations entre les deux villes ? Elles se poursuivent, semble-t-il.
Le journal Le Dauphiné libéré @ledauphine du 14 novembre 2018 relate la visite à @Avignon du maire de Diourbel, Malik Fall, accompagné notamment du secrétaire général de la mairie. Photo à l'appui, @FallMaire avec l'adjoint aux jumelages d'Avignon, Jacques Montaignac.
Le journal se félicite de cette visite en précisant : «Cinquante-sept ans que la cité des papes n’avait plus accueilli le maire de sa ville jumelle au Sénégal. Depuis ce jour de 1961, où le maire socialiste d’Avignon, Henri Duffaut, et le ministre-maire de Diourbel ont signé la convention scellant l’amitié entre les deux communes. Une erreur enfin réparée.»
Cinquante-sept ans sans visite du maire de Diourbel à Avignon ? Voilà qui semble pourtant entrer en contradiction avec un article de @dakaractu, publié quatre ans auparavant et qui se concluait ainsi : « En tout cas, la délégation conduite par le maire Jacques Baudin est en France depuis 24 heures, mais la guerre continue selon les camarades de l’élève M. D. »
En effet, le 5 février 2014, le site d'information publiait un article intitulé : « Bruit autour d’un ticket de voyage pour Avignon : des soupçons de magouille mettent une partie de l’école en état de crise ».
Il y était question d'un excellent élève du collège de Grand-Diourbel, désigné par ses initiales M. D., qui avait été choisi pour accompagner le maire Jacques Baudin à Avignon. Mais, surprise ! Il aurait finalement été rayé de la liste et remplacé par une élève, fille d'un agent en service dans le milieu scolaire.
Alors, le déplacement de Jacques Baudin en France en 2014 comprenait-il réellement une visite à Avignon ? Ou les retrouvailles de 2018 n'étaient-elles pas les premières depuis 1961 ?
Voilà une petite énigme pour les amateurs d'archives municipales (j'ai vu hier Khalifa Sall qui m’a confirmé que les archives municipales de Dakar sont bien tenues ! Je me promet un coup d’œil dessus.)
Tiens, à propos de jumelage, où en est celui entre Saint-Louis et Lille ? La nouvelle association Ndar Avenir – Mémoire, Patrimoine, Renaissance, portée sur les fonts baptismaux le 26 septembre 2026 et présidée par Fatimatou Zahra Diop, aura sans doute à se poser la question.
D'autant qu'elle entend, entre autres, « relier le patrimoine aux défis actuels de la ville : dégradation du bâti, insalubrité, crise de la pêche, emploi et migration des jeunes, menaces environnementales ».
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#Kebetu #Senegal #17octobre #Jumelage #jarbaat #Avignon
ONU : le mouton à cinq pattes pas encore trouvé ! 😂🇺🇳
Je parie 1Fcfa que la prochaine ou le prochain secrétaire général de l’ONU, issu·e d’Amérique centrale, du Sud ou des Caraïbes, ne figure pas encore sur la liste des candidat·es.
Car il lui faudra être :
- Très à droite pour plaire à Donald Trump ;
- Un peu social-démocrate pour séduire Andy Burnham, le Premier ministre britannique ;
- Capable de défendre tout et son contraire pour satisfaire Emmanuel Macron ;
- Assez discret·ète pour éviter un veto chinois ;
- Suffisamment anti-OTAN pour ménager Vladimir Poutine.
Bref, le mouton à cinq pattes reste à trouver ! Et encore faudra-t-il qu’il sache marcher droit ! 😄
#kebetu #jarbaat #senegal onu @Macky_Sall #Macky
Le Sénégal disparaît des prévisions du FMI, mais pas de ses statistiques !
Une petite — ou grande, c’est selon — curiosité dans la nouvelle base de données des Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2026 : le FMI ne publie pas de projections macroéconomiques pour le Sénégal à partir de 2026 !
Erreur technique ou difficulté à établir des projections fiables à partir des données disponibles auprès de nos institutions et de partenaires comme la Banque mondiale et… le FMI lui-même ?
L’hypothèse d’un simple problème d’affichage paraît difficile à retenir, compte tenu de l’importance du World Economic Outlook (WEO) dans les travaux et la communication du FMI. D’autant que, dans sa foire aux questions officielle de @IMFNews , l’institution précise que les cases vides dans les données téléchargeables correspondent à des informations indisponibles, et non à un problème technique.
Pourquoi donc le FMI ne présente-t-il plus de scénario macroéconomique public à moyen terme pour le Sénégal ?
On se rappelle qu’en avril dernier, le Fonds monétaire international n’était pas avare de chiffres sur le Sénégal.
Il prévoyait notamment une croissance réelle de 2,2 % en 2026, puis de 2,3 % en 2027 ; une dette publique de 132,3 % du PIB en 2026, puis de 133,4 % en 2027, et un déficit budgétaire de 6,7 % du PIB en 2026.
Ce sont ces cases qui sont désormais vides dans la nouvelle édition du WEO, publiée aujourd’hui, 13 octobre. Sans explication spécifique apparente de l’institution dirigée par Kristalina Georgieva, au-delà des précisions générales figurant dans sa FAQ et dans les avertissements accompagnant la base de données !
En revanche, les estimations relatives à 2025 ont été révisées par rapport à celles d’avril. Ainsi, la croissance passe de 7,9 % à 6,7 %, le déficit budgétaire de 7,9 % à 6,4 % du PIB, la dette publique de 130,2 % à 127,7 % du PIB et le déficit courant de 5,6 % à 1,2 % du PIB.
Évidemment, on ne peut tirer aucune conclusion définitive de cette absence de projections. Peut-être le Sénégal et ses institutions concernées — ministère des Finances @mefp_senegal, ANSD, Cour des Comptes ( ?) notamment — sont-ils simplement engagés dans un processus de consolidation des statistiques et des données macroéconomiques, dans le contexte du traitement de la dette.
En tout cas, cette « disparition » ne traduit pas nécessairement une appréciation négative du FMI sur les perspectives économiques du Sénégal.
Mais encore une fois, pourquoi une institution qui publiait encore en avril des projections jusqu'en 2027 ne les présenterait-elle plus six mois plus tard, alors même que les discussions économiques avec le Sénégal se poursuivent ? Question du simple citoyen que je suis sans autre prétention que sa citoyenneté !
Les prochaines semaines nous éclaireront peut-être. Ou le WEO de janvier 2027 ! InshAllah !
#Kebetu #Senegal #Jarbaat #13octobre #FMI #IMF
Au Sénégal, par un 13 octobre…
Constante dans la classe politique sénégalaise — On dénonce les lois répressives quand on est dans l’opposition, et on les maintient une fois arrivé au pouvoir !
Un 13 octobre 1998, Talla Sylla était arrêté pour diffusion de fausses nouvelles, incitation à l’insurrection et offense au chef de l’État. Il sera condamné à six mois de prison ferme, en mars 1999.
Sans doute Abdoujaye Wade et Macky Sall, qui deviendront plus tard présidents, avaient-ils dénoncé à l’époque cette condamnation — tout comme la gauche, d’ailleurs. Mais une fois au pouvoir ? Rien n’a changé !
Aujourd’hui encore, on peut aller en prison pour *offense au chef de l’État* ! Et l’« arrêté Ousmane Ngom», qui interdit les manifestations dans une partie du centre-ville de Dakar, est toujours en vigueur. Hier, dans un post, Aboubakr Bengelloun, président de l’association “Article 2”, rappelait ces constantes.
Quatre événements pour un 13 octobre* — En 1961, Cheikh Anta Diop crée le *Bloc des masses sénégalaises (BMS) avec, notamment, des dissidents de l’UPS.
Cette création intervient 31 ans, jour pour, après la déportation par les autorités coloniales françaises, en le 13 octobre 1930, de son toureudo, Cheikh Anta Mbacké, frère de Serigne Touba et partisan de Galandou Diouf contre Blaise Diagne. Or, Blaise Diagne était lui-même né un 13 octobre, cinquante-huit ans auparavant, en 1872 !
Le frère de Serigne Touba sera finalement autorisé à rentrer au Sénégal le 7 septembre 1935, jour de naissance du futur président de la République Abdou Diouf… Coïncidences, quand tu nous tiens !
*Geste mémorable de solidarité* — Le 13 octobre 2010, Abdoulaye Wade accueille au Sénégal 163 étudiants haïtiens, dont il décide de prendre en charge les études après le terrible tremblement de terre qui avait fait plus de 250 000 morts. Un superbe geste de fraternité envers les Noirs d’ailleurs ! Mais une question demeure : que sont-ils et elles devenu·es ?
Mémoire urbaine et prières — Dommage qu’on continue à dire « Rue 6 », alors qu’elle porte depuis longtemps le nom de boulevard Docteur Samba Guèye, une des figures de la politique , rappelé à Dieu un 13 octobre, tout comme Seydina Issa Laye, khalife général des Layènes, et Cheikh Ngom, pionnier de l’architecture sénégalaise.
Prières pour leur repos éternel.
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🇸🇳 🇳🇱 Une thèse, un jury épaté et un nijaay dépassé !
Jarbaat, comme tu le sais, ton nijaay comprend tout très rapidement quand on lui explique dix fois la même chose !
J’ai suivi religieusement, en ligne, la soutenance d’une thèse dont le seul titre peut détruire tes neurones de TikTok addict : Biofabrication Strategies for Making Hematopoietic Tissues. En français facile : «Stratégies de biofabrication pour la création de tissus hématopoïétiques.»
Tu piges ? Non, évidemment. Je t’explique.
Cette thèse – selon ce que je retiens du résumé en français - vise à créer des microenvironnements hématopoïétiques humains à l’aide de nouvelles stratégies de biofabrication, de biomatériaux, d’organoïdes et de bio-impression 3D, en combinant des constructions multicellulaires et des cellules souches afin de reproduire et d’étudier différentes niches hématopoïétiques.
Ëskey ! C’est clair ? Toujours pas ?
Bon, on va faire comme Samba-le-Njóbeen — pas celui d’ITV —, traîné au commissariat de police pour avoir pris une quatrième épouse alors qu’il avait signé pour la monogamie à la mairie !
On lui demanda son nom. Réponse : « Écrivez Abd El Samba Ould Youssou Al Ndioloféni Boun Masamba Nayrafet Sultani ilaa Kër Leyti Bin… »
Et pan ! Un coup de matraque sur la tête ! (Bon, ce n’est pas la police de @m_matarcisse, nak, car elle, elle ne frappe pas ! Disons que c’était sous la colonisation !)
Et le gars de répondre : « Écrivez Bacc ! »
Donc, pour faire court comme Bacc (Bathie, comme vous l’écrivez), disons : fabriquer une sorte de moelle osseuse artificielle pour étudier comment notre corps produit le sang. Synthese proposée par une GPT !
Je n’ai absolument rien compris à la soutenance, car elle était en anglais, mais j’ai quand même entendu et retenu le mot « Amazing », utilisé par les nombreux·ses et éminent·es membres du jury.
En tout cas, depuis mercredi dernier, le Sénégal compte une nouvelle docteure, avec toutes les mentions spéciales qui vont avec, et diplômée d’une université qui ne figurera jamais sur une « liste noire » !
Je parle de cette thèse parce qu’elle a été soutenue, dans une université réputée au Pays-Bas , par une jarbaat. Et je vous dispense de vous expliquer ce qu’elle représente pour moi, car encore eût-il fallu que je parlasse d’abord de sa sœur, de ses deux parents et de ses quatre Maam !
Bon, après avoir parlé d’elle, je vais parler de son grand-père (chez nous, l’ami de mon grand-père est mon grand-père), Charles Guèye. Je t’en avais déjà parlé il y a un an. Et je vais conclure par le lieutenant Badara Diallo, tué par la soldatesque coloniale portugaise !
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🇸🇳 12 octobre 1940 : Naissance de Charles Guèye, militant du PAI. Décédé le 7 décembre 2015.
Avoir 24 ans et être condamné à dix ans de travaux forcés pour « activités politiques séditieuses »…
Bon, jarbaat, tu sais déjà que mes textes ne sont jamais objectifs — celui-ci encore moins que les autres ! Charles Guèye, c’était mon « grand », et je l’admirais déjà quand j’étais tout jeune.
D’abord, une simple herméneutique de son nom te conduit sans détour à ses origines de Doomu Ndar ! Ensuite, Charles Guèye était membre du PAI — le Parti africain de l’indépendance.
Évidemment, aujourd’hui, plus personne n’a peur de dire que tel jarbaat appartient à tel parti. Mais à l’époque, il y avait des noms de leaders ou de partis qu’on ne prononçait qu’à voix basse, entre quatre murs, et seulement devant des oreilles sûres. Comme autour d’une tombe, quand une instance clandestine se réunissait dans un cimetière pour établir des plans révolutionnaires… Mon prof de philo, Sémou Pathé Guèye, ou mon leader (à expliquer plus tard), Abdoulaye Bathily, étaient sans doute des spécialistes du camouflage !
Charles s’était engagé à 18 ans dans le PAI. Il en sortira plus tard, après avoir soutenu Majhmout Diop dans sa volonté de ramener le parti à la légalité.
Entre-temps, il sera condamné, en juin 1965, à dix ans de travaux forcés. Le Monde titrera à l’époque : «Condamnation de vingt-neuf membres du Parti africain de l’indépendance (procommuniste) ». «Procommuniste » ?!
Et le premier paragraphe, repris d’une dépêche de l’AFP, disait ceci : « Vingt-neuf condamnations ont été prononcées jeudi par le tribunal spécial de Dakar, qui jugeait des membres du Parti africain de l’indépendance, mouvement d’obédience communiste, arrêtés ces derniers mois en Casamance et au Sénégal oriental. Les accusés étaient poursuivis pour reconstitution de ligue dissoute. Deux d’entre eux, cependant, ont été poursuivis pour complot contre la sûreté de l’État et un troisième pour meurtre. Les deux premiers, Barra Goudiaby, chef de groupe, et Charles Guèye, recruteur, ont été condamnés à dix ans de travaux forcés ; le troisième, convaincu de meurtre, à douze ans de la même peine. »
Charles passera donc dix années de sa vie en prison. Mais, comme il n’y avait pas encore les réseaux sociaux, son martyre et celui de ses camarades risquent de passer par pertes et profits si l’on n’y prend garde ! Donc, ce petit kebetu est ma modeste contribution pour qu’on ne les oublie pas !
Pour la petite histoire, Charles avait accepté de m’accorder une interview (Walfadjri, n° 723, des 13 et 14 juillet 1991). Il y avait donné, entre autres, son interprétation de la « guérilla » qu’aurait engagée le PAI à partir du Sénégal. Or, disait-il à propos de ce maquis : « Cela n’a existé que dans la tête des autorités sénégalaises. »
Cette phrase lui vaudra une sévère critique de Sadio Camara, commandant du maquis du PAI, qui, dans son livre L’épopée du Parti africain de l’indépendance au Sénégal (1957-1980), s’attellera à démonter toutes les thèses de Charles.
Mais Sadio concédera tout de même : « Certes, Charles Guèye a été un militant du PAI, et pour cela, il a assez souffert — comme beaucoup d’autres camarades. » Et c’était bien là l’essentiel.
Leur camarade commun, Alla Kane, aujourd'hui député, lui rendra d’ailleurs un hommage intitulé : « Au camarade Charles Guèye : un fils du peuple, un combattant resté debout jusqu’au bout ».
À lire ici :
dakaractu.com/AU-CAMARADE-CH…
Des hommes et des femmes intègres, incorruptibles, brillants, pondérés, rassembleurs, généreux, amis de mes kilifë Pathé, Aziz Diagne ou Alioune Sall Paloma, et d’une grande humilité, j’en ai connu beaucoup. Mais Charles réunissait toutes ces qualités. Oui, toutes ! Lui qui n’a jamais rien demandé alors qu’il aurait pu obtenir beaucoup.
Repose en paix, Charles.
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🇸🇳12 octobre 1972 : Le lieutenant Alioune Badara Diallo tombe sous les balles de l’armée coloniale portugaise
Alioune Badara Dialloa a été tué le 12 octobre 1972 par l’armée coloniale portugaise stationnée en Guinée-Bissau, lors d’une attaque contre le poste militaire sénégalais de Nianao, en Casamance.
Dans la voiture qui le conduisait à Kolda, grièvement blessé, il trouva encore la force de dire à ses soldats : «Vous êtes des braves, mais pour moi, tout est fini.»
À ma connaissance, le seul hommage officiel que lui ait rendu l’armée est de l’avoir choisi comme parrain de la première promotion de l’École nationale des officiers d’active (ENOA) de Thiès.
Le destin a voulu qu’il soit également honoré d’une autre manière : deux personnalités, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, et le ministre Cheikh Tidiane Dièye, ont été formées au collège technique de Ziguinchor, qui porte son nom.
Cette ville a donc été plus prompte à l’honorer que sa ville natale de Linguère, me chuchote un Jolof-Jolof, quelque peu désolé que rien, là-bas, ne rappelle qu’il y est né.
Repose en paix aussi, lieutenant Badara Diallo.
Photos : Charles Guèye - Le lieutenant Diallo aux côtés du général Jean-Alfred Diallo, et la une du journal Le Soleil annonçant son décès. (Remarquables archives de @LeSoleilonline )
#kebetu #Senegal #12octobre #CharlesGueye #LieutenantBadaraDiallo
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34 ans avant le serment du parvis, naissait le capitiane Momar Ngary Dé
7 octobre 1928 : naissance de Momar Ngary Dé — écrit aussi parfois Deh Momar Ndary — à Thiaye Fally, dans le département de Mbacké.
Dans mon post du 3 octobre, ici, je parlais du général Amadou Fall, premier chef d’état-major général de la Défense et des Forces armées — c’était alors le titre officiel —, nommé le 20 août 1960, immédiatement après la proclamation de l’indépendance du Sénégal et la fin de la Fédération du Mali.
Avec les généraux Mouhamadou Mansour Seck et Keita, je milite pour sa réhabilitation. J’ai déjà fait des kebetu sur les raisons. Et je suis content d’avoir marché ce matin, grâce à une initiative du maire de Saint-Louis, Mansour Faye, dans la rue Général-Amadou Fall.
Elle va de la descente du pont Faidherbe en venant de Sor jusqu’à mon ancien lycée Faidherbe, passe devant l’Hôtel de la Poste, à droite, et la Grande Poste, à gauche, longe l’aile nord de la Gouvernance et l’ancien magasin Bata des années 70, avant de croiser la rue de France. Bref, le maire de Ndar et son conseil municipal ont eu la bonne idée de débaptiser cette "rue du Général-de-Gaulle" — de Gaulle avait une rue et une avenue à Ndar ! — pour en faire la rue Général-Amadou-Fall. Merci M. Faye Ndar en attendant un reahablitation officiel par M. Faye de Ndiandiaye, un village de la commune de Ndiaganiao.
Parmi les centaines de réactions, publiques ou privées, que j’ai reçues, le nom du capitaine Dé Momar Gary est évidemment revenu, puisque tous deux ont vécu les événements de décembre 1962.
J’ai même reçu cette photo que je partage avec vous, mes jarbaat, où l’on voit réunis le président du Conseil Mamadou Dia — costume noir —, le ministre Alioune Badara Mbengue — grand-père de votre couze AI-oriented —, le général Amadou Fall, CEMGA, et, entre Dia et Mbengue, le jeune capitaine Momar Ngary Dé.
Si le capitaine Faustin Pereira figurait sur cette photo, on pourrait presque l’intituler : « Les trois militaires qui ont changé le cours de l’histoire du Sénégal en témoignant au procès de Dia », tant leurs dépositions furent importantes. Au point que le procureur Ousmane Camara put affirmer, dans ses réquisitions, que Mamadou Dia n’avait pas fait de coup d’État.
Pour éclairer mon post du 3 octobre — j’ai parfois une écriture elliptique qui crée des incompréhensions ! —, je rappelle ce que j’écrivais ici il y a un an ou deux ans :
« Alors CEMGA, le général Fall est réputé être l’auteur du message codé ordonnant à la garde présidentielle basée à Thiès de faire mouvement sur Dakar. Ce message a été intercepté, décodé puis immédiatement transmis à Senghor par les services secrets français. Celui-ci donna alors l’ordre aux paras du capitaine Faustin Pereira, qui lui était fidèle, de stopper ce mouvement.
Et c’est justement le capitaine Pereira qui maintiendra que Senghor lui avait demandé de faire mouvement sur Dakar avant — et non après —l’ordre donné par Mamadou Dia d’évacuer de force l’Assemblée nationale. Cette évacuation visait à empêcher le vote de la motion de censure portée par Théophile James, destinée à renverser Dia, sans qu’elle ait été d’abord examinée par le parti, comme Dia l’exigeait.
Cette chronologie est cruciale pour comprendre les véritables causes de ces événements. »
Mais le témoignage du capitaine Faustin Pereira s’inscrit aussi dans le sillage d’un autre épisode : le serment prêté le 17 décembre 1962 sur le parvis de l’Assemblée nationale, que le capitaine Dé Momar Gary fit prêter à ses camarades officiers : ne pas se mêler de politique et servir exclusivement les institutions républicaines.
Cette audace de Dé est sans doute aussi l’application des règles que Fall avait inculquées à l’armée — règles qu’Abdou Diouf salue dans ses mémoires. Pourtant, Fall sera destitué par Senghor quelques heures plus tard, dans la nuit du 17 au 18 décembre, et remplacé par Jean-Alfred Diallo.
Ababacar Fall-Barros, citant Mamadou Dia, écrivait en 2007 : « Ce témoignage de Pereira était assurément capital. Il en sera de même de celui de Dé Momar Gary, un jeune officier, un de nos meilleurs officiers, mort, par la suite accidentellement, dit-on. Son témoignage, précise le Président Dia, a été d’une objectivité telle qu’il semble que ce soit la raison pour laquelle, malgré sa haute qualification, il a été pratiquement mis à l’écart, jusqu’à sa mort. »
Et voilà la zone d’ombre.
Ils ne sont pas rares, ceux et celles qui doutent de la version officielle de la mort accidentel du capitaine Dé, le 30 octobre 1966, près de Darou Mousty, alors qu’il venait de Saint-Louis. Rien de plus.
J’ai eu une conversation avec l’un de ses amis, alors âgé de 98 ans — et récemment disparu —, fils du chef de canton Ely/Yéli Manel Fall. Il m’avait dit : « Quand je n’étais pas à la FAO à Rome, Momar descendait toujours chez moi à Dakar. » Puis, tout en s’en remettant à Dieu, il s’interrogeait encore sur les circonstances de l’accident qui avait tué Dé.
La mémoire de ce capitaine à la carrière brève mais brillante est entretenue. Le 22 décembre 1992, son nom est donné au centre d’instruction de Saint-Louis, l’ancien Dakhar-Bango.
Dé Momar Gary avait lui-même été élève de l’École des Enfants de Troupe de Saint-Louis du Sénégal (EETS) en 1946, comme @ramatoubird, dont le fils mon jarbaat Aly est né un… 7 octobre !
Si Dé a respecté son engagement de militaire à l’écart de la politique, son épouse Fatimata — et non Fatoumata — Ka mena, elle, une brillante carrière politique, jusqu’à devenir présidente du Mouvement national des femmes du Parti socialiste. « Excellent choix porté sur une femme de grande vertu », écrit encore Abdou Diouf dans ses mémoires.
Il est vrai que Fatimata Ka avait commencé la politique très jeune et qu’elle la poursuivit après le décès du capitaine Deh, avec la bénédiction de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma et de Serigne Abdou Ahad.
Bon, jarbaat, moi, je ne suis pas historien : allez vérifier tout ce que je dis ! 😂
Mais comme il y a des choses que vous ne pourrez jamais vérifier, je ne vous raconterai pas la rencontre entre Fatimata Ka et son futur époux! 😂
Et j’ajoute la photo de la rue Général-Amadou-Fall à Saint-Louis, que j’ai prise ce matin du 7 octobre 2026. Rien que pour vous !
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#7octobre #Senegal #Kebetu #jarbaat #CapitaineDeMomarNgary #GeneralAmadouFall #CapitainePereira
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Rappel à Dieu de Cheikh Hamidou Kane
Dans le cadre projet de « Partenariat pour le retrait et la réinsertion des enfants de la rue » (PARRER) financé par la Banque mondiale, nous avions entrepris des visites chez les khalife généraux et des grands guides religieux. Partout, ils nous ont dit en substance : « Nous vous soutenons car une délégation dans laquelle il y a Cheikh Hamidou Kane, Mahtar Mbow et Ravane Mbaye ne saurait être contre l’Islam ».
Cheikh Hamidou avait eu un grand apport dans le conceptualisation de ce partenariat.
Certes il a écrit « L’aventure ambiguë » mais la sienne fut sans équivoque : toujours au service de l’idéal humain.
A titre personnel, je présente mes condoléances à sa fille qui « jumelle » de ma cousine Marie Guèye (Paix à son âme).
Je mets l’édition 10-18 par laquelle ma génération a généralement eu accès à l’œuvre majeure de Cheikh Hamidou Kane.
Qu’Allah gratifie du Firdaws Cheikh Hamidou Kane.
*@MadembAs Ndiaye*
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#kebetu #Senegal #jarbaat #4octobre
🇸🇳 L’Africain peut-il être xénophobe ? Et l’IA peut-elle faire un bon ceebu jën ?
Bon, jarbaat, je peux dire, avec un minimum de risque de me tromper, que tu ne connais ni WARC ni le Goethe-Institut. À la limite, le Musée Senghor dirigée par Mariame Ndoye, oui, à force de passer devant ce que Mame Less Dia avait baptisé «Les dents de la mer». Dia, tu ne connais pas. Camara, oui, peut-être, si tu fréquentais 2B Crédit foncier.
Pourquoi je te parle de ces lieux ? Parce que l’un de mes grands défauts est de répondre positivement aux invitations sans jeter, au préalable, un coup d’œil à mon agenda.
Du coup, ce mercredi 30 septembre, je devais me rendre à deux conférences : l’une à WARC, au Point E, sur la xénophobie, à 15 heures ; l’autre, à 17 h 30, au Goethe-Institut Sénégal, derrière le Musée Senghor, pour questionner les transformations liées à l’intelligence artificielle.
Choix cornélien — Rodrigue, tu connais ? — : assister entièrement à la première et rater tout ou une bonne partie de la seconde, ou assister dès le début à la seconde en zappant le débat de la première.
Tu vois, ce sont ces genres de questions existentielles que l’on se pose quand, comme ton nijaay, on est «SPF»: sans profession fixe !
Bon, je commence par la seconde, d’ailleurs, puisqu’il n’y a presque rien à dire sur la phase 1.
Assis à un endroit d’où je ne pouvais ni voir ni bien entendre Pape Samba Kane — PSK — nous parler de l’IA — lui qui a écrit un livre de 420 pages né notamment d’une conversation avec une intelligence artificielle —, je me contenterai donc de te dire, jarbaat, que j’y étais, comme tes nijaay linguiste Thierno Cissé, philosophe Hady Ba — auteur de la photo où je porte ma coiffe ; donc la philo mène à tout à condition d’y rester ! — ou encore historien Babacar Fall.
Et pourtant, avec toutes les merveilles de l’acoustique moderne, on pouvait espérer mieux ! Dans cette très belle salle du Goethe-Institut, qui accueillait pour la première fois un événement public, on semblait avoir une confiance absolue dans les qualités acoustiques du lieu, au point d’oublier qu’une bonne amplification aurait peut-être permis à nos tympans de faire parvenir jusqu’à nos cerveaux toute la profondeur de la pensée de PSK !
Donc, rien à te raconter, jarbaat. C’était déjà pareil lorsque PSK avait présenté son livre à @bu_ucad : pour nous qui étions assis derrière, c’était pratiquement inaudible.
Au Pencum WARC, en revanche, micros et haut-parleurs étaient au top — et les pangols de Ousmane Sène, le boss des lieux, n’y sont pour rien ! 😂
Assis tout au fond, avec mon ami Woury Diallo devant moi, j’ai parfaitement entendu Ibrahima Kane — ancien de Faidherbe, évidemment ! — introduire remarquablement un débat très actuel sur l’afrophobie: les rejets et expulsions de ressortissants africains dans d’autres pays africains.
Il a rappelé les violences et exclusions visant des ressortissants africains en Afrique du Sud ; la déclaration du président tunisien Kaïs Saïed dénonçant «un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie» ; les stigmatisations visant des Peuls originaires de Guinée et des mendiantes nigériennes au Sénégal ; les restrictions imposées aux étrangers dans le petit commerce en Tanzanie, ainsi que des tentatives similaires au Kenya.
Bref, Ibrahima Kane a posé une question toute simple et immense : «Quel est notre rapport à l’autre en 2026 ?»
J’avoue avoir été un peu surpris par les réponses des deux panélistes, qui sont pourtant des sommités dans leur domaine : Pierre Sané, ancien secrétaire général d’Amnesty International, et Ndiakhat Ngom, philosophe et directeur de l’Institut transatlantique pour la coopération Sud-Sud (ITCSS).
Mon petit doigt me dit qu’ils ont délibérément renversé le sujet qui leur était proposé — « De quoi la xénophobie est-elle le nom ? » — pour nous expliquer que ce qui se passe sous nos yeux ne devrait peut-être justement pas porter le nom de « xénophobie ».
Comme si l’Africain·e ne pouvait pas être xénophobe, lui ou elle qui conjugue la « teranga » wolof dans tant de langues et de cultures africaines : Ubuntu chez les Zoulous et les Xhosas, ukarimu en swahili, teeddungal chez les Haalpulaar, jatigiya au Mali, etc. Comme si l’on essentialisait l’Africain comme naturellement hospitalier !
Sauf, évidemment, si l’on convoque, pour expliquer ces phénomènes, Israël, certaines ONG américaines ou encore des partis politiques comme l’ANC, accusés de manipuler des jeunes de Soweto pour les pousser à faire, parfois violemment, la chasse aux non-Sud-Africains.
Bon, l’argument peut se défendre, mais enfin…
Pierre Sané a donné au sujet un cadre beaucoup plus large. Selon lui, les crises qui éclatent dans les pays d’accueil des migrants africains doivent conduire à une réflexion régionale sur les migrations en Afrique et sur les politiques nationales d’accueil des non-nationaux, puisque l’objectif affiché par l’Afrique reste la libre circulation des personnes sur le continent, conformément à l’Agenda 2063.
Ndiakhat Ngom, lui, a considéré que les rejets d’Africains par d’autres Africains relevaient peut-être davantage de mouvements d’humeur nourris par la détresse économique et sociale.
Bon… on ne dit pas toujours cela lorsque des Noirs sont expulsés d’Europe ou d’Amérique !
En revanche, le troisième intervenant, Alain Pascal Kally, professeur d’université à Rio de Janeiro, au Brésil, est intervenu virtuellement au Pencum WARC pour une conversation sur «La problématique des noms de famille en Afrique de l’Ouest».
Kally reste marqué par ce fonctionnaire qui lui demanda un certificat de nationalité. Devoir prouver qu’il était Sénégalais parce qu’il s’appelait « Kally » fut, pour lui, le révélateur d’une négation de son identité dans son propre pays — alors qu’aucune loi, aucun décret n’imposait ce document pour établir une carte nationale d’identité.
Mais c’est surtout lors d’enquêtes de terrain, après plusieurs années passées au Brésil, qu’il dit avoir été frappé par le cas de Sarakholés abandonnant leur patronyme pour adopter des noms jugés plus «sénégalais », afin d’éviter l’ostracisme. C’est ce phénomène qu’il qualifie de «génocide culturel». Oui, carrément !
Je ne sais pas si ce sujet précis est revenu dans les débats : je m’étais déjà éclipsé. Direction Goethe-Institut !
Et là, en phase 2, nous avons changé de salle pour aller dans une autre belle salle — mais tout est beau à @goetheinstitut Senegal (mais sans café gratuit 😀) ! — dotée, cette fois, d’une sonorisation impeccable.
Ainsi nous avons entendu l’excellent journaliste Alioune Sarr poser au journaliste et écrivain PSK toutes les questions pertinentes sur son livre, L’Intelligence artificielle : défis et défiances en Afrique. Un livre né notamment de sa conversation avec l’intelligence artificielle Gemini 2.0 et que ChatGPT 5.6 Sol, sur ma demande (« prompt » pour faire savant), a qualifié d’ouvrage « lucide pour les défis et les réserves, pionnier pour l’effort de penser l’IA depuis les réalités africaines».
En deux mots, votre nijaay aux rastas vous dit, en toute connaissance de cause de l’IA : «Evitez l’enthousiasme excessif comme la méfiance excessive.» Moi, moins raisonnable et sans en connaître un iota, je vous dis : soyez d’un enthousiasme débordant, mais créatif, avec l’IA !
Tout en sachant qu’un ceebu jën cuit au feu de bois par Maman sera toujours, émotionnellement, plus savoureux que le riz au poisson préparé par le meilleur traiteur du Sénégal. Donc le meilleur roman jamais produit par une IA n’aura peut-être jamais, émotionnellement, la saveur du plus imparfait des romans écrits par un humain.
Bon, je sais : c’est encore très long, ce post. Mais si tu as lu jusqu’ici, jarbaat, au moins je t’aurai éloigné de TikTok pendant quelques minutes ! 😂
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#Kebetu #Senegal #30Septembre #IA #Afrophobie #WARC #GoetheInstitut @papesambakane1 @SenghorLopoldS1 #30septembre #3octobre
Jarbaat, il y a 161 ans, le 2 octobre 1865, la France impériale décida de donner le nom de Faidherbe au pont reliant l’île de Sor à l’île de Ndar, à Saint-Louis-du-Sénégal.
Depuis cette date, quand on choisit une photo pour symboliser Ndar, on montre très souvent le pont, en oubliant presque qu’il porte le nom de «*Borom Ndar*».
« Gan du tabax »*, (Il ne sied pas à l’étranger de construire) aurait dit Lat Dior. *Ma yok ci ni waaye, turu gan dina law ba raw tabax !* 😂 (J’ajoute qu’il y des noms qui par leur prégnance dans nos têtes sont plus solides que les constructions !)
Je mets en médaillon la cravate rose pur rappeler la lutte contre la cancer du sein.
#Kebetu #Senegal #Jarbaat #2octobre
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🇸🇳 🇨🇩16eme Biennale Dak’Art 2026 : Du chaos, faisons œuvre nouvelle encore plus forte ?
Éloge de la fragilité. La 16e édition du Dak’Art, la Biennale de l’art africain contemporain au Sénégal, sera-t-elle réduite à cela ? Surtout que son invité d’honneur est la République démocratique du Congo, dont on connaît aujourd’hui l’état de quasi-déliquescence, avec des guerres et des épidémies qui n’en finissent pas ?
Non, je triche. Ouvrez une parenthèse, écrivez « Anti », puis refermez-la. Et vous tomberez pile-poil sur la thématique de la 16e Biennale : « (Anti)Fragilité : arts de la réparation et stratégies du contrecoup ».
C’est par ce concept que Morad Montazami a fait irruption dans @Dak_Artbiennale pour en devenir le directeur artistique, celui dont les choix devront émerveiller les visiteur·euses qui vont, sans doute encore, se bousculer entre le 19 novembre et le 19 décembre 2026, notamment sur le site de l’ancien Palais de justice.
Le Montazami, il faut quand même que je le souligne, n’est pas n’importe qui dans le monde artistique : il a bossé, avec de grosses responsabilités, à la @Tate Modern de Londres, une référence mondiale dans l’univers de l’art moderne et contemporain. Et pourtant, ce Franco-Iranien n’est même pas cinquantenaire, puisqu’il est né l’année où Abdou Diouf accédait au pouvoir au Sénégal. Jarbaat, fais travailler un peu tes neurones tiktokiens…
Si je sais tout cela, c’est que j’ai assisté hier le 24 septembre, dans le Penc du Musée des Civilisations noires, au lancement de la 16e Biennale et au dévoilement de la sélection officielle.
Et il y avait du beau monde, dont une véritable gourou de l’art capillaire, Élisabeth Niouky, assise pas loin de moi, dont la coiffure était à elle seule une démonstration de la maîtrise de son art !
Et, perso, j’ai vraiment apprécié la présence de l’ancien DG du @mcndakar , le professeur Mouhamed Abdallah Ly, qui a démissionné le 23 mai 2026 mais qui, en pur intello, sait faire la différence entre la bataille politique et la nourriture intellectuelle ! Ainsi que mon ami Ass Mbengue, brillantissime critique.
Et, de façon tout à fait subjective — comme presque tout ce que j’écris —, j’estime que le Dak’Art a encore gagné en crédibilité avec Abdoulaye Diop comme président de son Comité d’orientation, puisque l’ancien ministre de l’Économie et des Finances est aussi un collectionneur reconnu dans le vrai milieu artistique.
Et surtout — et ce n’est guère étonnant avec lui — Abdoulaye Diop sait reconnaître la compétence des gens. Il a ainsi braqué les projecteurs sur Mme Marième Ba, la secrétaire générale de la Biennale.
Comme il n’avait pas demandé les applaudissements spontanés qui ont suivi, j’en déduis que ce que je pense d’elle est largement partagé : elle semble faire l’unanimité, y compris dans un rôle qu’elle occupait déjà lors de la 15e édition, laquelle avait attiré 780 000 personnes.
Avec, notamment, ces files impressionnantes de jeunes qui avaient contribué, par leurs propres photos prises devant les œuvres, à donner à la Biennale une présence extraordinaire sur les réseaux sociaux !
Bon, un lancement officiel, cela se fait quand même avec un ministre ! Et là, il n’y en avait pas un, mais trois: évidemment Alpha Thiam, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ; Mme Coumba Diop, ministre auprès de @Thiamalpha3, chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique ; et Dr Bacary Sarr, ministre de la Communication, pour faire court.
Du discours du ministre Alpha Thiam, j’ai retenu que la Biennale est une success story en mouvement, qui attire des artistes du monde entier, et que cette 16e édition débutera moins de vingt jours après la clôture d’un autre événement mondial que «L'Afrique accueille (et que) Dakar célèbre»! C’est dans TikTok, jarbaat addict…@jojdakar2026
La sélection officielle, ce sont 75 artistes : 54 pour l’Exposition internationale et 21 pour le Design. Avec comme Grand Témoin l’artiste marocain Fauzi Laatiris ; la Carte blanchesera confiée à l’artiste plasticien sénégalais Serigne Mbaye Camara; et l’Artiste-hommage permettra d’honorer la mémoire d’Abdoulaye Niokhor dit Ngor (1973-2017).
Mais tout le monde le sait : la Biennale, c’est aussi les Off (pas toujours d'égale valeur quand même !). Et il y en aura environ 450, presque partout au Sénégal et même dans la diaspora. Peut-être vais-je d’ailleurs organiser un Off clandestin pour exposer mon œuvre, qui se résume à un tableau aujourd’hui disparu : un noir profond, peint dans la nuit noire avec de l’encre noire. Évidemment, Fatou Bintou Rassoul Sy, de Raw Material — bel hommage au passage à Koyo Kouoh, dont le nom a été prononcé, je ne sais plus par qui, peut-être le DG du MCN — et commissaire d’exposition, ne pouvait donc pas me citer parmi les 75 artistes dont elle a égrené les noms.
Avec, en prime, une mauvaise synchronisation entre le son et la vidéo qui faisait tout le charme de sa présentation : elle nous donnait ainsi la liberté de regarder tranquillement les artistes sans nous soucier du nom qu’elle était en train de prononcer ! Ou alors de faire l’inverse.
Jarbaat, est-ce que le texte que tu viens de lire est, lui aussi, dans la mouvance de l’antifragilité ?
Oui, si et seulement si cette narration désordonnée a réussi à t’éloigner quelques minutes de TikTok !
Car, pour celui qui a forgé et popularisé le concept, Nassim Nicholas Taleb, essayiste, mathématicien du risque libano-américain, le désordre n’est pas nécessairement une menace a laquelle il faudrait résister : il peut devenir le terreau de quelque chose de meilleur. D’où le titre de son livre publié en 2012, Antifragile: Things That Gain from Disorder — Antifragile : les bienfaits du désordre.
L’antifragilité se nourrit du chaos pour devenir meilleure. Alors, soudain, on mesure autrement la portée de l’invitation d’honneur faite à la République démocratique du Congo pour cette 16e édition. Non pas faire du chaos congolais avec ses guerres et ses épidémies, une esthétique. Mais pour exprimer la conviction que la société africaine de la RD Congo peut, avec ses artistes aussi, se relever du chaos en devenant bien plus forte ! La conviction, en somme, que du chaos peut naître quelque chose de meilleur. Antifragile.
#
Ps : Quand votre Nijaay n’a pas la bonne tronche
Je suis entré dans le Penc du MCN en même temps qu’une personne blanche rencontrée dans l’ascenseur. Comme c’est une star, je sais qu’elle exerce la même profession que moi, même si elle est bien plus compétente que votre Nijaay et correspondante d’une télévision internationale connue.
On la laissa entrer sans lui poser la moindre question et, juste derrière elle, on tendit le bras pour m’empêcher de prendre le même chemin. Apparemment, je n’avais ni la bonne peau ni la bonne physionomie !
Qu’à cela ne tienne. Imitant ce que j’ai toujours entendu dire de l’humilité du Prophète de l’Islam, je me suis assis sur la première chaise disponible, juste à l’entrée. Mais la même personne me demanda d’aller voir ailleurs, même après que je lui eus précisé que j’avais reçu une invitation par mail en bonne et due forme ! Il m’apprit alors que les belles et confortables chaises étaient réservées aux fonctionnaires du ministère de la Culture. Moi qui pensais bêtement que celles et ceux qui invitaient cédaient les meilleures places aux invité·es !
Qu’à cela ne tienne encore : direction le ciment, dans les travées de la tribune. Heureusement, des poufs moelleux étaient disponibles. Comme quoi, même la relégation peut parfois être confortable !
Et ce n’est pas tout !
Conférence de presse. Comme aucune main ne se levait au bout de presque trente secondes — ce qui me gêne toujours lorsque des gens sont venus précisément pour répondre à des questions —, j’ai levé la mienne.
Micro.
Je me présente comme « freelance », évidemment sans avoir à exhiber ma carte de presse enfouie quelque part dans ma besace.
Question. Réponse.
Et là, l’excellente — ça, je le dis avec plaisir — et bilingue MC me mit la honte devant Dieu et le public en précisant que la parole devait d’abord revenir aux journalistes !Et non donc, apparemment, à un quidam de mon acabit ! 😂
Cela m’a au moins permis de prendre conscience que tout·e journaliste n’est pas @OumyNdour3 — la classe celle-là ! —, ni l’excellent Aboubacar Demba Cissokho @Bouba74 , également auteur de Fespaco, par-delà les écrans.
Lequel Cissokho (ou Cisko pour ses nombreux·euses fans) s’est d’ailleurs débrouillé pour me trouver un dossier de presse. Est-ce que, d’ailleurs, ce n’est pas le sien qu’il a mis d’autorité dans ma besace ? Avant de me donner une excellente nouvelle : nous allons bientôt parler de Rokhaya Daba Sarr. Non, jarbaat, tu ne la connais probablement pas. Et pourtant, elle fut peut-être la plus brillante d’entre nous, malgré un passage terrestre beaucoup trop bref. Demandez à votre nijaay Mamadou Oumar Ndiaye !
Photos : une petit montage. Et, souvenir, photos des files de jeunes à la Biennale de 2024.
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#kebetu #Senegal #25septembre #biennale #Dakart @jarbaat #biennalededakar2026 #culture #mcat @Antifragile #Antifragilite
Oui, jarbaat, c’est au présent que nous construisons notre passé.
À la mosquée omarienne, avant la Salat al-Janaza, il a été rappelé que Amadou Mahtar Mbow avait exprimé le souhait que son corps passe au moins près du mausolée d’El Hadj Seydou Nourou Tall. Ce vœu fut exaucé par Dieu, à travers le respect de sa recommandation par les humains.
Mais au-delà de ce dernier souhait, c’est surtout l’héritage intellectuel de Mbow qui demeure. Sa pensée continue d’éclairer nombre des débats qui traversent encore nos sociétés aujourd’hui, notamment ceux que suscite l’intelligence artificielle.
Que les prières que nous formulons pour lui soient exaucées par Allah et qu’Il le gratifie de Son infinie Miséricorde.
Même hommage à Gabriel Fal, brillant financier dont l’empreinte demeure bien présente dans les milieux financiers africains. Là encore, un parcours s’achève, mais une œuvre, des idées et une influence continuent de vivre.
Prières et pensées également pour le professeur Ibrahima Wone, grande figure de la Faculté de médecine et de pharmacie de @UCAD_Senegal et de la santé publique dans le monde. « Un géant de la santé publique s’en est allé ! », avait écrit mon camarade du lycée Faidherbe, Boubacar Samba Dankoko, maître de conférences en médecine préventive à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop. Bel hommage d’un élève à celui qui fut son maître .
Que repose également en paix Mgr Alexandre Mbengue, qui avait fait de la transmission de l’enseignement du Christ sa mission et son métier.
Différents furent leurs parcours, différents furent leurs univers, mais ces quatre compatriotes eurent en commun de penser, de transmettre, de servir et, finalement, de laisser un héritage dont tout être humain peut se réclamer.
Oui, jarbaat, je te le dis encore : c’est au présent que nous construisons le passé que nous laisserons au futur. Ne l’oublie pas, si tu veux encore être là quand tu ne seras plus là.
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@MadembAs Ndiaye
#Senegal #kebetu #jarbaat #24septembre
🇸🇳 Quand Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy défiait le pouvoir de Senghor
C’est le lundi 23 septembre 1963 que les agences internationales de presse annoncèrent l’arrestation de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, ancien ambassadeur du Sénégal au Caire.
Elles citaient Amadou Cissé Dia, qui cumulait alors les fonctions de ministre des Forces armées et de ministre de l’Intérieur. Celui-ci avait fait cette annonce le samedi 21 septembre.
Évidemment, le ministre n’avait pas publié un message sur les réseaux sociaux ! 😂 Il s’était rendu à Radio-Sénégal, qui jouait un rôle incontournable dans toutes les crises que le pays avait connues depuis 1960. Avant l’instauration du pluralisme médiatique, ce qui n’était pas dit à Radio-Sénégal n’existait tout simplement pas pour la majorité des quelque trois millions de Sénégalais·es que nous étions !
Quelques mois après la condamnation de Mamadou Dia, ancien président du Conseil, à la déportation perpétuelle, il fallait aussi expliquer aux chancelleries occidentales — dont le regard comptait beaucoup pour Senghor — pourquoi cette nouvelle arrestation était nécessaire.
Amadou Cissé Dia déclara que le guide religieux, fondateur du Parti de la solidarité sénégalaise (PSS), représentait une menace pour la sécurité intérieure et avait été arrêté pour « incitation à la révolte armée ».
Le gouvernement lui reprochait d’avoir fait circuler, dans la région de Thiès, des tracts invitant la population à se révolter, les armes à la main, contre le pouvoir. Il l’accusait également d’avoir pris la tête d’un Comité de salut public.
Avec ce courage qui contribuait déjà à sa légende, Cheikh Tidiane Sy aurait reconnu être l’auteur des tracts. Cissé Dia annonça alors qu’il serait traduit devant un tribunal spécial. Nous avons donc connu très tôt ce type de justice au Sénégal !
En 1963, Cheikh Tidiane Sy était l’une des rares figures qui s’opposaient encore ouvertement à Senghor, aux côtés notamment du Parti du regroupement africain-Sénégal (PRA-Sénégal) et du Bloc des masses sénégalaises (BMS) de Cheikh Anta Diop.
L’UPS avait constaté que le nombre de ses militant·es avait baissé de plus de 10 000 entre 1962 et 1963, du fait notamment de l’action du guide religieux dans la région de Thiès. Serigne Cheikh y organisait des réunions politico-religieuses au cours desquelles Senghor et son parti étaient attaqués sans répit.
En septembre, lors d’une rencontre organisée à Thiès, les critiques furent si virulentes que certains de ses partisans, selon Christian Coulon, se mirent à crier : «Vive l’islam ! À bas les catholiques !»
Serigne Cheikh créa ensuite son comité de salut public, fit circuler des tracts particulièrement offensifs contre le gouvernement… et fut arrêté.
Le pouvoir développa rapidement une contre-propagande. Il l’accusa de connivence avec l’Égypte de Nasser et affirma que son opposition s’expliquait principalement par son rappel du Caire et sa destitution de son poste d’ambassadeur.
Il faut comprendre, jarbaat, que malgré la dissolution du PAI, l’emprisonnement de Mamadou Dia et la fragilisation des autres forces d’opposition, l’UPS pouvait encore nourrir certaines inquiétudes quant aux élections législatives prévues le 1er décembre 1963. «Mieux valait prévenir», devait-on certainement se dire dans le parti de Senghor…
Serigne Cheikh ne sortira de prison qu’en avril 1964, grâce notamment à l’intervention de son oncle, son « baaye » Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, khalife général des Tidianes.
Mais cette arrestation de 1963 n’était pas la première !
En 1959, le guide religieux avait déjà été emprisonné à partir du 21 juin. Il ne fut libéré que le 14 janvier 1960, soit près de sept mois plus tard, grâce notamment à la médiation de Cheikh Ibrahima Baye Niasse et au rapprochement intervenu entre le PSS et le pouvoir.
Cette première arrestation s’inscrivait dans le climat de confrontation né des élections législatives du 22 mars 1959 et des violences survenues quelques semaines plus tard à Tivaouane.
Le PSS de Serigne Cheikh, avec Ibrahima Seydou Ndaw (fâché contre Dia et Senghor) et soutenu notamment par Cheikh Ibrahima Niasse, El Hadj Madior Cissé à Saint-Louis et Abdoul Aziz Sy Al Amine, avait obtenu environ 12,1 % des suffrages. Mais pas un seul siège de député ! Et pourtant, le PSS était arrivé en tête à Tivaouane, Saint-Louis et Kaolack. C’était une véritable prouesse face au redoutable duo formé par Senghor et Mamadou Dia.
Dans Le Marabout et le Prince — Islam et pouvoir au Sénégal, Christian Coulon propose une analyse particulièrement intéressante du PSS. Le parti rassemblait des acteurs aux motivations parfois diamétralement opposées : guides religieux, notables, anciens combattants, élites saint-louisiennes et même certains intérêts économiques français qui redoutaient l’orientation « socialiste » de l’UPS. Ils avaient toutefois un point commun : leur opposition à ce qu’ils considéraient déjà comme la «dictature de l’UPS».
Je terminerai par l’analyse de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, qui fut l’un des responsables du PSS.
Dans l’une de ses rares interviews — sinon la seule de cette nature — réalisée par Madani M. Tall, alors directeur des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, pour le neuvième numéro d’Échos de la Banque mondiale, Al Amine livre une réflexion remarquable sur la place du religieux dans le paysage politique : « C’est vrai, des circonstances peuvent pousser des marabouts, des chefs religieux à descendre dans l’arène politique, jusqu’à créer un parti pour faire exploser leur colère. Mais c’est une erreur. Il ne sied pas à un chef religieux de fonder un parti politique, car la politique ne peut aller de pair avec la religion dans un pays comme le Sénégal. »
Il évoque ensuite sa propre expérience : « Moi-même qui vous parle, j’ai été membre d’un parti politique, le Parti de la solidarité sénégalaise, dont j’étais le trésorier ; mon propre frère aîné — Cheikh Tidiane Sy — l’avait fondé à la suite de malentendus avec le président Senghor. Il s’agissait du premier parti dirigé par un chef religieux dans notre pays. Mon frère voulait marquer son opposition à Senghor et situer leurs relations parce que, en fait, ils étaient amis. À partir du moment où il s’est senti trahi par Senghor, il a créé son parti pour exprimer son courroux. Je dois dire que j’étais en phase avec mon frère à l’époque, mais, le temps passant, je considère que cette entrée en politique a été la plus grande erreur de notre vie ! »
Al Amine ne contestait donc pas la légitimité du combat mené à l’époque contre Senghor. Il estimait simplement qu’il ne fallait pas, pour cela, créer un parti politique : «À l’analyse, la réalité me saute aux yeux : la façon de faire de la politique au Sénégal est incompatible avec la religion. En effet, le mensonge, la cachotterie, l’offense, la diffamation, etc., sont des traits caractéristiques du jeu politique sénégalais et l’islam ne peut s’en accommoder. Dans cette religion, point d’organisation secrète : on ne dissimule pas sa démarche. La politique doit être fondée sur la transparence.»
Bon, jarbaat, va maintenant lire le reste de cette passionnante interview !
Avec les délestages de la Senelec — pour des raisons apparemment indépendantes de sa volonté —, je ne prends pas le risque de terminer à minuit et de ne plus pouvoir publier ce texte un 23 septembre !
Si vous avez du temps, *suivez ma chaîne Kebetu avec mes Jarbaat* : whatsapp.com/channel/0029Vau…
#23septembre #Senegal #Kebetu #jarbaat
🇸🇳 20 août–21 septembre 1960 : Le Sénégal a-t-il existé pendant ces 33 jours ? La bataille juridique et diplomatique après l’éclatement du Mali
Jarbaat, si tu jettes un coup d’œil sur le Sénégal entre le 20 août et le 21 septembre 1960, tu abandonneras vite l’exercice, tant ton cerveau tiktokien risque de se liquéfier devant l’imbroglio de la situation du Sénégal !
Le Sénégal a-t-il juridiquement existé pendant ces 33 jours ? Provocation de Nijaay en manque de caféine? Certes mais pas tant que ça !
Considérant que ton cerveau retient mieux le contenu de tes vidéos que mes insipides kebetu, je suis obligé de te rappeler que je t’ai déjà dit que, le 20 août 1960, le Sénégal avait, par un vote de son Assemblée nationale, proclamé son indépendance et, conséquence immédiate, son retrait de la Fédération du Mali, qui regroupait le Sénégal et le Soudan, anciennement dit «français».
À noter l’absence de Lamine Guèye lors de ce vote : il avait « prétexté d’une fatigue », accusera le ministre de l’Information du Sénégal, Obèye Diop ! Accusation qui mettra Lamine Guèye en colère : «Que certains aient vu là une dérobade, je ne puis l’admettre.»
Immédiatement après le vote, Mamadou Dia lira la résolution à la radio et enverra un télégramme au secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld — je suis sûr que tu n’as pas lu le nom de famille 😃—, pour l’informer de la décision du Sénégal !
Le lendemain, 21 août, Modibo Keïta, chef du gouvernement de la Fédération du Mali, était forcé de quitter le Sénégal par train spécial pour Bamako.
Donc, c’est simple : on avait désormais deux États indépendants.
Eh bien non ! Ce n’est pas aussi simple que cela, car, dans la tête de Modibo Keïta, la Fédération existait toujours et il en demeurait le président du gouvernement fédéral, selon la Constitution de l’entité fédérale.
Modibo et Mamadou Dia vont alors se livrer une épique bataille diplomatique au Conseil de sécurité, avec pas moins de six télégrammes, dont un de Modibo demandant une réunion du Conseil de sécurité — il aurait d’ailleurs dû passer par un pays membre pour l’obtenir !
Modibo Keïta demandera même l’intervention militaire de la France, puis celle des forces onusiennes, pour mettre fin à ce que lui-même et Hamaciré N’Douré, président par intérim du Gouvernement de la République soudanaise et assurant le relais entre Modibo, bloqué par les Sénégalais, et les Nations unies, considéraient comme «un coup de force du Sénégal» contre la Fédération du Mali. C’est ainsi que la situation est présentée dans le télégramme du 20 août 1960 adressé au secrétaire général de l’ONU.
Mamadou Dia répliquera véhémentement dans sa note au secrétaire général de l’ONU du 27 août 1960 : «Il n’appartient pas au Gouvernement sénégalais d’apprécier les conditions dans lesquelles le président Modibo Keïta crut pouvoir tenter d’associer à son coup de force les troupes françaises. Pour sa part, le Gouvernement sénégalais a paré le coup de force avec ses seules troupes de sécurité sans faire appel à l’aide extérieure.»
Hamaciré va assurer, sur les antennes de Radio-Mali-Bamako, que la Fédération était à la fois «ouverte et indissoluble» et que «les Maliens du Soudan ne confondent pas le peuple et le gouvernement du Sénégal».
Il fera cependant tout pour calmer les Soudanais et éviter ainsi des représailles contre les Sénégalais à Bamako, devant les éventuelles fake news circulant sur la situation de Modibo à Dakar. Au Senegal aussi, aucune violence contre les Soudanais.
Personnage intéressant que ce N’Douré : juriste, ministre de Modibo redevenu ministre après le coup d’État contre… Modibo ! Va aussi vérifier, jarbaat, si son nom est encore gravé dans les EMASE du port de Dakar (mais est-ce que tu sais même ce que sont les EMASE?)!
Mamadou Dia et Senghor, eux, considérant le processus comme irréversible, s’activent pour élaborer une Constitution et, sur le plan international, obtenir la reconnaissance du Sénégal comme pays souverain.
Je t’ai déjà parlé de tout ce qui s’est passé durant les journées des 20 et 21 août 1960. Et je ne considère plus que «la répétition est pédagogique» depuis qu’un de tes nijaay journalistes m’avait raconté avoir été témoin d’une déclaration d’une autorité d’une région devant assistance : «La répétition étant pédagogique, c’est pourquoi chaque jour je pète et je répète !» 😃
La France reconnaît l’indépendance du Sénégal le 11 septembre 1960, soit 22 jours après sa proclamation, par une lettre du Premier ministre français Michel Debré. Entre-temps, Senghor avait été élu président de la République, le 5 septembre, à l’unanimité par le collège électoral de 118 membres — députés et délégués des conseils municipaux et régionaux.
Modibo avait pourtant mis en garde, quelques jours auparavant, le général de Gaulle contre «la reconnaissance de la sécession» du Sénégal, qui «pourrait avoir des conséquences extrêmement graves sur le plan international.»
Le document de reconnaissance française fut apporté au Palais par Claude Hettier de Boislambert, haut représentant de la France au Sénégal, en présence de Mamadou Dia, chef du gouvernement depuis le 7 septembre 1960, de Doudou Thiam, ministre des Affaires étrangères, de Obèye Diop, ministre de l’Information, de la Radiodiffusion et de la Presse, et du colonel Amadou Fall, chef d’état-major général de la Défense et des Forces armées, nommé par un décret du 20 août. J’ai déjà fait plusieurs conversations sur ces personnages, acteurs de la période 1960-1962.
Senghor était sans doute aux anges : le père de Gaulle, président de la République française et président de la Communauté, venait de le reconnaître comme pair.
Je te conseille de lire le discours de Senghor ce jour-là — même si je ne me fais aucune illusion sur ta capacité à consacrer deux minutes à un texte, alors que moi je lisais pendant des heures les dialogues de personnages aussi illustres que Blek le Roc, Tex Willer, le capitaine Miki, Tintin et autres 😃 ! (Surtout, ne va pas vérifier qui étaient ces personnages !)
Tu remarqueras alors que, dans ce discours du 11 septembre, Senghor fait allusion à Modibo Keïta et aux Soudanais : «Cette reconnaissance n’est pas un geste inamical pour le peuple frère du Soudan. Il est la constatation d’un fait qui est la volonté unanime du peuple sénégalais de recouvrer sa souveraineté internationale, celle-là même que lui avait transférée personnellement la France à sa demande. Nous ne nous posons pas en vainqueur, loin de là. Et le regret subsiste au fond de nos cœurs, de n’avoir pu réaliser l’idéal de la Fédération (du Mali). Mais les réalités africaines sont là, contre lesquelles ne peut prévaloir aucun idéal, si noble soit-il, qui les ignore.»
Jarbaat, tu sais que j’en ai certes la témérité, mais je n’ai pas les compétences intellectuelles pour décrypter ce discours — ce qui allongerait encore ce texte déjà si long ! —, mais tu as sans doute remarqué la subtilité de Senghor, qui emploie le mot «personnellement».
Je t’avais déjà expliqué ce que je considère, à tort peut-être, comme le jeu cynique de la France : le 4 avril 1960, elle avait transféré ses compétences à chacun des deux États, le Sénégal et le Soudan français, et non directement à la Fédération du Mali, transfert entré en vigueur le 20 juin 1960 (Je maintiens que c’est la véritable date de l’indépendance du Senegal et du Mali. Ok cela n’intéresse personne, je sais !) Ainsi, les graines de l’éclatement étaient déjà semées car, autrement, le Sénégal aurait sans doute eu beaucoup plus de difficultés à quitter la Fédération aussi facilement le 20 août !
En effet, si les clauses de retrait exigeant, entre autres, un référendum avaient été supprimées de la Constitution de la Fédération en 1959, il n’en demeurait pas moins que la Constitution fédérale en vigueur prévoyait, avant tout retrait, un vote à la majorité des deux tiers de l’Assemblée fédérale, et non de l’Assemblée nationale sénégalaise.
La finesse des juristes sénégalais — sans doute Doudou Thiam en tête, car Me Boubacar Guèye était avec Modibo avant de revenir — avait permis à Dia et Senghor de passer outre le référendum. D’où, à mes yeux, l’importance du «personnellement» de Senghor !
Car c’est bien l’Assemblée nationale sénégalaise, et non la France, qui avait transféré certaines compétences du Sénégal à la Fédération du Mali. Elle avait donc estimé avoir le droit de les lui retirer le 20 août 1960 ! Tu piges ? Ta cousine, l’excellente juriste (kaar kaar) Nafi, passée de Jaañ à Njaay 😃, y verra sans doute un «parallélisme des formes». Ki able, am na sañ-sañu nangu li mu ablewoon ! (Quand j ecris wolof cela enerve ma chere amie Sophie Astou ! 😂)
En fait, cette reconnaissance de la France avait été rondement préparée par Mamadou Dia, qui avait répondu, le 24 août, à l’invitation de de Gaulle.
En effet, ce dernier, prétendant ne pas comprendre les bisbilles entre le Soudan et le Sénégal, avait demandé à Dia et à Modibo de venir à Paris : soit pour se réconcilier, soit pour acter les nouvelles relations, désormais séparées, entre la France et chacun des deux pays !
Il leur écrira la même lettre : «Je vous propose de venir à Paris pour m’entretenir de vos intentions, soit dans le sens d’un rapprochement entre le Soudan et le Sénégal, soit en vue des rapports que vous envisagez entre le Soudan, le Sénégal et la France au sein de la Communauté, dans des conditions nouvelles.»
Et de Gaulle, que Modibo verra à son tour le 2 septembre, avait même pris soin d’informer ce qu'il appellera le 10 septembre 1960 à Nantes ce «machin qu’on appelle l’ONU» de sa « médiation ». C'est Dag Hammarskjöld qui en fera révélation au Conseil de sécurité et à Modibo.
Bon jarbaat, c’est déjà trop long ! Et si je dois parler :
· de la visite et des exigences de Mamadou Dia à Paris et de son «Je n’étais pas venu en quémandeur, et le Sénégal est assez sûr de son bon droit pour n’être pas à l’affût d’approbations ou de satisfecits. »
· du rôle de la Tunisie au Conseil de sécurité, en faveur de Dakar ;
· de la position de Modibo, refusant, devant de Gaulle, de reconnaître l’indépendance du Sénégal ;
· des accusations de Bamako et Moscou — déjà ! — contre la France, avec des «conspirateurs ayant à leur tête M. Mamadou Dia», selon Radio Moscou !
· de Haïlé Sélassié, peiné par la situation et plaidant pour le maintien de la Fédération ;
· des conséquences du crash du vol Air France au large de Dakar sur la tenue du « procès », au bureau politique, des membres de l’UPS qui avaient soutenu Modibo. Bilan du crash : 63 morts, dont le poète David Diop, Abdoulaye Sarr et Mohammed Thiam, dit Baba, frère de Habib Thiam, neuf jours seulement après la crise politique du 20 août 1960 ;
· de la lettre du 17 septembre de la reine Élisabeth II, par laquelle la Grande-Bretagne reconnaissait le Sénégal indépendant !
· de l’éclatement total et définitif, et cette fois sans équivoque, de la Fédération du Mali, avec la proclamation de l’indépendance du Soudan, le 22 septembre, sous le nom de Mali — nom donné à la Fédération par… Senghor !
Si je dis la moitié du quart du tiers de tout cela, ce serait vraiment illisible ! Déjà qu’on me dit que mes « courts » posts sont trop longs pour les réseaux sociaux, alors je m’arrête ici !
Bonne fête de l’indépendance à Diomansi Bomboté, Moussa Diarra, Fatima Sidibé, Amidou Dembélé et à tout le peuple malien au Mali ou ailleurs !
Bon, jarbaat si le meilleur atayakat parmi vous — Taf’s— passe me faire trois fois trois normaux, peut-être que j’aurai la force de continuer la narration et de la poster, mais uniquement sur ma chaîne WhatsApp ! Wala doy na sëkk ? 😄
Photo : Haut : Debré entre Modibo et Dia – Tex Willer – Centre : Dag Hammarskjöld Claude Hettier de Boislambert – Bas : Hamaciré N’Douré – Senghor, Modibo, Dia.
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#kebetu #Jarbaat #Senegal #21septembre #federationduMali
🇸🇳 Aminata Hann Diop, une grande professeure s’en est allée
Le 16 septembre 2026, on a confié à la terre de Yoff Mme Aminata Hann Diop, décédée l’avant-veille à Dakar. Sans doute plusieurs de ses ancien·nes élèves étaient-ils présents. Elle faisait en effet partie des premières générations de femmes sénégalaises professeures d’histoire et de géographie dans l’enseignement secondaire laïque au Sénégal.
Cette normalienne a enseigné au lycée Faidherbe de Saint-Louis, elle qui connaissait bien Koñu Tandarma — rue Mage, à l’angle de l’avenue Blaise-Diagne — où résidait sa turëndo, tante d’un autre éminent professeur d’histoire-géographie, Babacar Gaye Fall.
Aminata Hann Diop a également été censeure du lycée Limamoulaye de Guédiawaye au début des années 1980, avant d’être nommée première principale du collège de jeunes filles Martin-Luther-King, sur l’avenue Lamine-Guèye, à Dakar.
« C’était une brillante professeure, toujours élégamment habillée», témoigne, dans un groupe d’anciens « herbivores », l’un de ses élèves des années 1970. Il se souvient bien de cette Doomu Ndar, si jeune que, bien qu’elle fût déjà professeure, on pourrait, sur la photo ci-dessous, la prendre pour une simple élève au milieu de ses camarades de cette classe de seconde du lycée Faidherbe, durant l’année scolaire 1975-1976.
Dans les hommages et les souvenirs, on a aussi évoqué, parmi cette même génération de femmes professeures d’histoire et de géographie, Mme Clémentine Diop, affectueusement appelée Tata Clémentine Diop par les membres de l’association Présence chrétienne, dont elle est l’une des doyennes, tout en restant très active dans la société civile.
Mme Diop a commencé sa carrière au lycée Charles-de-Gaulle de Saint-Louis en 1971, avant d’enseigner pendant dix ans au lycée Kennedy, de 1972 à 1982. Elle y fut également surveillante d’internat. Elle poursuivit ensuite sa carrière au lycée Limamoulaye, de 1982 à 1996, avant d’être affectée au ministère de l’Éducation nationale en 1996. Elle prit sa retraite en 1999, à l’âge de 55 ans.
Clémentine fait partie de ces «Géantes invisibles» auxquelles un remarquable travail de mémoire redonne un visage et une histoire. Elle parle de son parcours ici :
geantesinvisibles.com/biogra…
Les anciens et anciennes du lycée Faidherbe, ainsi que ses camarades de la FAFS et de l’ONDH, dont elle fut membre, prient pour le repos de l’âme de Mme Aminata Hann Diop.
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